France Travail et GBH ont signé une convention de partenariat de deux ans pour renforcer l'accès à l'emploi dans cinq territoires ultramarins : la Martinique, la Guadeloupe et les Îles du Nord, la Guyane, Mayotte et La Réunion. L'accord vise à la fois les besoins en recrutement du groupe et l'insertion des publics les plus éloignés du marché du travail.
La toile de fond est difficile. Selon l'Insee, cité dans le communiqué, le taux de chômage dans les départements et régions d'outre-mer reste entre 2,5 et 5 fois supérieur à celui de l'Hexagone. GBH, présenté comme le premier employeur privé des Outre-mer, indique avoir reçu près de 8 000 candidatures transmises par France Travail dans ces territoires en 2025, soit une hausse de 11 % en un an.
La convention s'articule autour de quatre axes. Le premier porte sur le recrutement : immersion professionnelle, recrutement par simulation et élargissement du sourcing des candidats. Le deuxième concerne la valorisation des métiers du groupe, à travers des interventions de professionnels en agence, des immersions en entreprise et des vidéos de présentation des postes.
Troisième priorité : l'insertion des publics éloignés de l'emploi. Le texte mentionne explicitement les jeunes sans qualification, les bénéficiaires du RSA, les seniors, les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville et les personnes en situation de handicap. Des actions de recrutement spécifiques doivent être mises en place selon les besoins de chaque territoire.
Le quatrième axe est opérationnel. Une feuille de route commune sera définie territoire par territoire, avec des objectifs précis et un référent chargé de suivre les engagements.
Les deux partenaires travaillent ensemble depuis plusieurs années. Le communiqué cite le programme en alternance Tremplin pour l'emploi, déployé à La Réunion, en Guyane et aux Antilles, ainsi que le salon Martinique pour l'emploi, dont l'édition 2025 a enregistré plus de 6 200 candidatures et près de 11 600 visiteurs. Depuis sa création il y a cinq ans, ce salon aurait permis plus de 850 recrutements.


11 commentaires
Comme dit Zoubi, les immersions en entreprise ça peut vraiment changer une trajectoire. Ce que j'aime dans cette approche c'est qu'on ne parle plus juste de placer des gens dans des postes, mais de créer une vraie rencontre entre une personne et un environnement de travail. Pour quelqu'un qui reconstruit sa confiance, ça fait toute la différence de pouvoir tester avant de s'engager.
Ce qui me frappe c'est le chiffre : 8000 candidatures avec une hausse de 11% en un an, ça montre une vraie dynamique. Mais pour les jeunes qui veulent se lancer dans des projets différents, e-commerce, digital, artisanat cosmétique local, est-ce que France Travail oriente aussi vers l'entrepreneuriat ou uniquement vers le salariat dans les grandes enseignes ?
Comme dit Lulu, le terrain c'est pas pareil que les communiqués. Nous on recrute des saisonniers pour l'école chaque année et France Travail c'est rarement la bonne vague, on passe plus par le bouche à oreille. Si GBH et eux arrivent à améliorer le suivi pour des petites structures comme la nôtre, respect, mais j'y crois quand je le vois.
Comme dit TataYoyo, j'espère que ça descend jusqu'au terrain, mais franchement, quand je vois GBH cité comme premier employeur privé des Outre-mer, je pense surtout aux grandes surfaces qui ont largement contribué à fragiliser les petits producteurs locaux. Ce serait bien que ce partenariat pour l'emploi s'accompagne aussi d'un engagement fort sur l'approvisionnement local, parce que créer des emplois dans des structures qui importent l'essentiel de ce qu'elles vendent, c'est un peu construire en ronde-bossée sur du sable. Moi je fais vivre trois familles du péi-la avec mon miel et mes arranges, sans convention avec personne.
Ce partenariat soulève une question que je pose aussi dans mon engagement associatif : comment s'assurer que les personnes les plus éloignées de l'emploi arrivent effectivement jusqu'aux dispositifs ? Dans les quartiers que je connais à Bras-Panon, il y a souvent un problème d'information et d'accompagnement en amont, avant même la candidature. Le chiffre de 8 000 candidatures transmises est encourageant, mais il ne dit rien sur le profil de ces candidats ni sur le taux de transformation réel. Des chercheurs comme ceux de l'IRESP ont bien montré que les publics les plus vulnérables ont besoin d'un accompagnement individualisé que les partenariats institutionnels ne garantissent pas toujours.
@Rafiki, tu soulèves un point important. Sur le plan juridique, une convention de partenariat qui couvre cinq territoires aux statuts différents, certains étant des DROM, implique normalement des déclinaisons locales précises pour être opposable dans ses effets. Le fait qu'une feuille de route soit prévue territoire par territoire va dans le bon sens, mais une convention-cadre nationale ne suffit pas à elle seule à créer des obligations contraignantes pour chaque partie sur le terrain. Ce qui compte, c'est ce que contiennent réellement ces feuilles de route locales et si des indicateurs mesurables y sont attachés.
Comme dit Lulu, le quotidien sur le terrain c'est souvent différent des annonces officielles. Nous on a essayé de recruter pour le gîte via France Travail et le suivi était assez aléatoire selon les conseillers. Est-ce que ce partenariat avec GBH change quelque chose pour les petits employeurs comme nous, ou c'est réservé aux grandes enseignes du groupe ?
Ce qui m'interpelle c'est que l'accord couvre cinq territoires très différents les uns des autres. La réalité du marché du travail à Mayotte n'a rien à voir avec celle de La Réunion ou de la Guyane. La feuille de route territoire par territoire mentionnée dans l'article est donc essentielle, sinon on risque d'avoir une convention qui ressemble à un beau sentier balisé sur le papier mais impraticable sur le terrain.
Une de mes clientes m'a parlé d'une immersion en entreprise qu'elle a faite chez Carrefour via ce genre de programme, et elle a été embauchée derrière, alors wi, ça marche des fois !
8000 candidatures ça fait beaucoup, mais moi j'ai essayé de recruter une personne l'année dernière via France Travail et ça a pris trois mois pour avoir un profil correct. Le partenariat c'est bien, mais le quotidien sur le terrain c'est une autre histoire.
C'est bien beau de signer des conventions, mais faut voir si ça descend vraiment jusqu'aux domoun qui en ont besoin. J'ai connu des gens qui ont cherché du travail pendant des années et rien, pas un poste. J'espère que cette fois-ci les jeunes du Tampon vont en profiter, surtout ceux qui ont pas de diplôme. On va voir.