Anne Chane Kaye Bone a été élue présidente de Côté Est, l'office de tourisme intercommunal de l'Est, lors du conseil d'administration du 17 juin 2026. L'élue de Saint-Benoît prend la tête de la structure avec pour mission de conduire une nouvelle stratégie touristique pour la période 2026-2033. Alexa Soupou, élue communautaire de Saint-André, a été désignée vice-présidente lors de la même séance.
Créé en 2011 par la Cirest, l'office veut dépasser sa mission traditionnelle d'accueil pour devenir un outil de développement économique et d'attractivité du territoire. La feuille de route adoptée concerne les six communes de l'intercommunalité : Bras-Panon, La Plaine-des-Palmistes, Saint-André, Saint-Benoît, Sainte-Rose et Salazie.
« Nous savons ce que l'Est a à offrir et nous savons également le potentiel qui reste encore à développer », a déclaré Anne Chane Kaye Bone lors de son élection. La nouvelle présidente a dit vouloir rapprocher l'office des professionnels du secteur, des porteurs de projets et des acteurs de l'économie touristique locale.
La stratégie repose sur quatre axes. Le premier porte sur l'accompagnement des professionnels, avec la création d'un guichet unique destiné aux porteurs de projets, notamment sur les questions numériques et de transition écologique. Le deuxième prévoit un observatoire du tourisme chargé de collecter des données sur les flux et la fréquentation, pour orienter les décisions publiques et les investissements.
Le troisième axe concerne le marketing territorial, adossé à la marque « Des Terres de Sens », avec une communication tournée vers le digital, les savoir-faire locaux et les expériences authentiques. Le quatrième vise à renforcer la présence physique de l'office : un point d'accueil permanent doit être créé à Saint-André, principale commune commerciale de la Cirest, complété par un réseau d'information dématérialisé et des accueils hors les murs.
Pour déployer ces orientations, Côté Est s'appuiera sur ses quatre pôles internes — développement, observatoire, communication et accueil — ainsi que sur la direction de la stratégie touristique et de l'attractivité du territoire de la Cirest. Le comité de direction de l'office réunit des élus des six communes et des représentants socioprofessionnels issus de structures locales.


9 commentaires
Le tourisme c'est bien, mais l'Est ça reste enclavé côté flux. Quand je faisais des rotations entre Le Port et Toamasina, la vraie question c'était toujours la même : comment on fait venir les gens et comment on les fait circuler une fois qu'ils sont là. Un observatoire des données de fréquentation, ça peut aider à argumenter pour des infrastructures de transport sérieuses, parce que sans ça la marque "Des Terres de Sens" elle reste sur le papier.
L'idée d'un observatoire du tourisme me rappelle ce que fait l'agence d'attractivité de Bretagne depuis quelques années, avec des données en temps réel sur la fréquentation des sites. Ça a vraiment changé la façon dont les collectivités calibrent leurs investissements là-bas. Si Côté Est se dote d'un outil comparable, et pas juste d'un tableau de bord alimenté à la main, ça peut devenir une vraie aide à la décision. La question c'est surtout de savoir qui va piloter techniquement cet observatoire, parce que c'est souvent là que ça coince dans les structures intercommunales de taille moyenne.
@Tom de l'Étang, tu mets le doigt sur quelque chose d'important. Un "rapprochement avec les professionnels", ça veut dire quoi concrètement si les guides touristiques sont toujours en contrat précaire et les hébergeurs en sous-effectif permanent ? L'Est a du potentiel, tout le monde le dit depuis des années, mais le potentiel sans des travailleurs décemment payés et protégés, c'est juste de la vitrine. J'espère que ce comité de direction avec les "représentants socioprofessionnels" inclut aussi des voix syndicales, pas seulement des patrons et des élus.
J'espère que cette stratégie va aussi penser aux petits commerces de centre-ville et pas seulement aux hébergeurs et aux prestataires outdoor. Parce que quand les touristes passent dans l'Est, si les rues sont à moitié fermées faute de locataires, ça fait pas rêver non plus. Mon loyer a encore augmenté cette année et les clients, je les vois de moins en moins descendre en ville. Un office qui fait vraiment du développement économique, ça devrait inclure ça aussi.
L'office existe depuis 2011 et on en parle si peu. Bien que ça bouge enfin du côté de l'Est.
Rapprocher l'office des professionnels du secteur, c'est bien, mais j'espère que ça inclut aussi un regard sur leurs conditions de travail. Les hébergeurs, les guides, les prestataires outdoor que je croise parfois, beaucoup portent leur activité seuls et en saison haute c'est épuisant. Une stratégie touristique qui ne prend pas en compte la santé de ceux qui font vivre le territoire, lé pa fasil à tenir sur 7 ans.
L'observatoire du tourisme pour collecter des données sur les flux, ok c'est bien sur le papier, mais ça va tourner sur quels outils concrètement ? Parce que si c'est encore un tableur Excel mis à jour une fois par an, l'effet est limité. Y'a des solutions open data vraiment efficaces qui existent, j'espère que Côté Est va se pencher dessus sérieusement et pas juste cocher la case "numérique" dans la feuille de route.
Le guichet unique pour les porteurs de projets, ça c'est une bonne idée. Quand je me suis installée en libéral ici, j'ai dû courir après les informations dans tous les sens, et personne pour centraliser quoi que ce soit. Si l'office peut faire ça pour le tourisme, les autres secteurs feraient bien de s'en inspirer.
Ce qui me frappe dans cette annonce, c'est la notion de "territoire de sens". On pense à ce que disait Jean-Marie Gustave Le Clézio sur la nécessité de redécouvrir les espaces habités par ceux qui y vivent vraiment, avant de les offrir au regard du voyageur. L'Est de La Réunion a cette densité-là, entre Salazie et Sainte-Rose. La vraie question sera de voir si cette stratégie 2026-2033 donne la parole aux habitants ou si elle se contente de construire une vitrine. La marque Des Terres de Sens peut être belle ou creuse, tout dépend de ce qu'on met dedans.