Espace membre :

Suivez-nous

Marché forain de Saint-André : deux ans avenue de la République dès juillet

Partager sur :
Marché forain de Saint-André : deux ans avenue de la République dès juillet

À Saint-André, le délicat déménagement du marché forain - Crédit Zinfos974 - Société


Le marché forain de Saint-André devra quitter son emplacement actuel à partir du 3 juillet, pour une durée estimée à au moins deux ans. En cause : le lancement prochain du chantier de la future « Grande Place », annoncé par le maire Joé Bédier la semaine dernière lors de la présentation de la Fête de la musique.

Le projet prévoit la démolition d'une partie de l'ancien centre commercial pour aménager une place de 7 000 m², bordée au nord par un ensemble mixte de 1 800 m² regroupant commerces, restaurants, logements et bureaux. Le groupe Icade, filiale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations, est chargé de la réalisation. C'est ce chantier qui oblige le marché à se replier, provisoirement, le long de l'avenue de la République.

Ce choix d'implantation concentre les critiques. Shiva Mouraman, président de l'association des commerçants de Saint-André, dénonce une « absence de concertation » et s'inquiète des répercussions sur la circulation en centre-ville : les deux sens de l'avenue seront fermés les jours de marché. Il soulève aussi des risques en cas d'urgence, évoquant la difficulté à « évacuer une personne ou à intervenir en cas d'incendie ». Il regrette par ailleurs l'abandon d'un premier scénario de déplacement rue du lycée, sur les voies du TCSP, à proximité du complexe sportif Sarda-Garriga.

Du côté des forains, les avis divergent. Nicolas Grondin, agriculteur à Saint-André, a participé à la réunion organisée lundi à la mairie, en présence d'environ 90 forains sur les quelque 130 que compte en moyenne le marché. Il salue l'écoute du maire, mais s'alarme de la réduction des emplacements : « Pour faire rentrer un maximum de forains, ils ont prévu de réduire la taille des emplacements alors que plus de 60 forains ont plus de 10 mètres de linéaire. Le maximum serait de 4 mètres. Ce n'est pas possible. J'ai des crédits à payer, des plantations qui ont été faites avec des prévisions de récolte… On ne change pas les règles du jeu en cours de partie. » Les forains ont également demandé la mise à disposition, le vendredi, du parking situé à proximité du Domaine de la Vanille pour stationner leurs véhicules.

Ti Claude, forain de longue date, est moins alarmiste : « Il faut démolir, il n'y a pas le choix. Ça ne m'inquiète pas, tout le monde trouvera une place pour gagner son mangé. S'il y a 10 places, donne 5 mètres à chacun et on trouvera une solution pour se garer. »

La mairie, par la voix d'Adrien Manciet, collaborateur de cabinet de Joé Bédier, assure qu'il n'y aura pas de passage en force. « La concertation se poursuit et nous allons nous revoir. On va continuer de travailler ensemble pour optimiser au mieux l'espace », déclare-t-il, promettant des solutions « au cas par cas ». Les autres sites envisagés, dont le stade Sarda-Garriga, ont été écartés après étude, selon la mairie.

Source

10 commentaires

Écrivez votre commentaire...
T
Tom de l'Étang 16/06/2026 à 16:25

@TataYoyo, tu soulèves quelque chose d'important sur les secours, et c'est exactement le genre de stress chronique que les indépendants absorbent sans le nommer. J'ai plusieurs forains en suivi, et ce qui les use ce n'est pas la pénibilité physique du travail, c'est l'incertitude sur leur revenu combinée à une charge mentale qu'ils portent seuls. Apprendre trois semaines avant le 3 juillet que ton emplacement passe de 10 mètres à 4, avec des crédits en cours, c'est un choc aigu sur un système nerveux déjà sollicité. La mairie parle de solutions au cas par cas, c'est bien, mais le cas par cas ça prend du temps, et pendant ce temps les gens ne dorment pas.

L
Lulu 16/06/2026 à 15:15

@TataYoyo, exactement ce que je me disais en lisant. Moi j'ai mon food truck, j'ai bougé deux fois d'emplacement depuis que j'ai démarré, et à chaque fois c'est au moins six mois à reconstruire la clientèle de zéro. Là pour les forains on parle de deux ans, avec des emplacements réduits à 4 mètres pour ceux qui ont l'habitude d'étaler sur 10. C'est comme si on me disait de servir mes samoussas dans une boîte à chaussures. Et l'histoire de l'ambulance qui peut pas passer, ça c'est sérieux, on peut pas balayer ça d'un revers de main avec des promesses de « cas par cas ».

J
Jean-Claude B. 16/06/2026 à 14:23

@Patrick974, justement hier j'avais un forain dans mon taxi, il m'a dit exactement pareil, il a calculé ses pertes sur un coin de papier pendant tout le trajet. Mais bon, moi ce qui me tracasse autant c'est la circulation avenue de la République les jours de marché, parce que je travaille ce secteur et si les deux sens sont fermés, je vais faire des détours à n'en plus finir. Y'a des chauffeurs qui vont carrément éviter Saint-André ces matins-là, et ça c'est des courses perdues pour tout le monde, les taxis comme les commerçants autour.

P
PépéBassin 16/06/2026 à 14:13

Un marché qui bouge, ça perturbe les habitudes comme quand la mer change de courant. Les vieux forains savent où est leur place depuis des années, les clients aussi. Deux ans c'est le temps de deux saisons de thon, ça passe vite pour certains et jamais pour d'autres. J'espère que la Grande Place de demain vaudra ce qu'on sacrifie aujourd'hui.

R
Roselyne 16/06/2026 à 13:57

Ce que dit Nicolas Grondin je le comprends très bien. Quand on plante sur des prévisions, on a déjà dépensé l'argent, les graines, les heures de travail, parfois l'eau qu'on a payée. Réduire l'emplacement à 4 mètres pour quelqu'un qui écoule des légumes en grande quantité c'est pas juste réduire la table, c'est réduire le revenu du mois.

L
Lastron-Leïla 16/06/2026 à 13:27

Ce qui me frappe c'est l'absence totale de communication en amont. La mairie aurait pu ouvrir une consultation digitale, un formulaire simple, pour recueillir les avis des forains et des riverains bien avant d'annoncer le déplacement. On voit ça dans d'autres villes, ça évite exactement ce genre de situation où tout le monde apprend la nouvelle en même temps et se retrouve anlèr. La concertation après coup c'est toujours plus compliqué que la concertation avant.

B
Bichik 16/06/2026 à 12:17

Le marché de Saint-André, ça fait partie de l'âme du péi-la. Deux ans c'est long.

Z
Zoubi 16/06/2026 à 12:11

Moi mes clientes de Saint-André m'en parlent depuis lundi, y'en a une qui va au marché tous les samedis depuis trente ans, elle sait exactement quel forain vend les meilleurs combava. Elle m'a dit qu'elle espère que Ti Claude a raison et que tout le monde trouvera sa place, parce que pour elle le marché c'est pas juste les courses, c'est toute une ambiance.

P
Patrick974 16/06/2026 à 12:09

La vraie question que personne ne pose c'est celle de la compensation économique. Réduire un emplacement de 10 mètres à 4 mètres, pour un agriculteur qui a planifié ses récoltes et ses crédits sur la base de son chiffre d'affaires habituel, c'est une perte sèche non négligeable. Est-ce que la mairie a prévu un mécanisme d'indemnisation ou d'accompagnement pour les forains les plus impactés, ou on s'en remet juste à la bonne volonté des réunions de concertation ? Le discours rassurant d'Adrien Manciet ne suffit pas à répondre à cette question concrète.

T
TataYoyo 16/06/2026 à 12:05

Ce qui m'inquiète moi c'est justement ce que dit le président des commerçants, si une ambulance peut pas passer le jour du marché on fait kosa ? J'ai connu des situations comme ça, les secours qui arrivent pas à temps à cause d'une rue bloquée, c'est pas une blague. Le projet de la Grande Place c'est bien pour le futur, mais là on gère deux ans de galère pour les forains, les clients, et tout le monde. I fo penser à tout ça avant de signer les papiers.