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Mayotte : Lecornu présente un plan commune par commune pour débloquer la reconstruction

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Mayotte : Lecornu présente un plan commune par commune pour débloquer la reconstruction

Le Gouvernement annonce de nouvelles mesures pour accélérer la reconstruction de Mayotte - Crédit le journal de mayotte


Au terme de deux jours de visite officielle à Mayotte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté une nouvelle méthode pour tenter de débloquer la reconstruction de l'île, plus d'un an après la promulgation de la loi Mayotte. Son constat est sans détour : les 4 milliards d'euros engagés par l'État peinent à être dépensés. « Pour la première fois, on met de l'argent, on n'arrive pas à le dépenser », a-t-il dit après plus de trois heures d'échanges avec les maires.

La réponse du gouvernement : abandonner une approche uniforme au profit d'un traitement commune par commune. « La réalité, c'est qu'il y a 17 communes, il faut pratiquement 17 petits plans », a expliqué Lecornu. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, sera chargée du suivi de ces dossiers dès son retour à Paris, dans le cadre d'un comité interministériel mensuel.

L'eau concentre une partie des annonces les plus urgentes. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a chiffré la situation : les précipitations ont reculé de 40 % cette année, et 25 % de l'eau produite se perd dans les fuites. Quatre-vingt-dix cuves ont été installées ou réparées dans les écoles. À partir du 1er janvier 2027, 13 000 foyers vulnérables pourront bénéficier d'un dispositif similaire, dans le cadre d'un programme de 8 millions d'euros. Sur le plus long terme, 730 millions d'euros sont prévus pour le secteur de l'eau entre 2025 et 2031. L'usine de dessalement d'Ironi Bé, qui doit apporter 10 000 m³ supplémentaires, entrera en service au premier trimestre 2028, avec un retard sur le calendrier initial qui tablait sur fin 2027. Une troisième retenue collinaire est annoncée pour fin 2027. « Si on n'arrive pas à passer septembre, octobre, novembre, on prendra de nouvelles mesures », a prévenu Monique Barbut. Sébastien Lecornu, lui, n'exclut pas une reprise temporaire de la compétence de l'eau par l'État, mais uniquement si les maires en font la demande. « Si les maires disent : c'est trop dur pour nous, surtout après Chido, et on a besoin que l'État reprenne cette compétence pour un temps, je dirai oui », a-t-il déclaré.

Sur l'éducation, les chiffres avancés par le ministre Édouard Geffray tranchent nettement avec la période précédente : 308 classes seront construites pour la seule année scolaire 2026-2027, contre 52 planifiées entre 2019 et 2024. Parmi elles, 89 doivent être livrées avant les vacances de la Toussaint. D'ici 2030, 3 600 places supplémentaires sont prévues dans les collèges et 6 400 dans les lycées. Le plus grand lycée de l'île, dédié aux métiers du bâtiment, doit ouvrir à Longoni l'année prochaine. Un lycée des métiers de la mer est également annoncé dans les cinq prochaines années. Du côté des enseignants, le concours de professeurs des écoles fait le plein pour la première fois depuis au moins dix ou quinze ans, et la part des contractuels dans le second degré est passée de 70 % à un peu plus de 50 % en deux ans.

Pour la santé, des extensions sont prévues au Centre hospitalier de Mayotte, dont de nouveaux blocs opératoires pour la maternité et la néonatologie, ainsi que des programmes de santé mentale et de psychiatrie à Petite-Terre. À Combani, les plans du nouvel hôpital doivent être validés au premier trimestre 2027, pour une ouverture en 2030. L'objectif affiché est d'augmenter de 60 % la capacité de soins sur le territoire via des labellisations « France Santé ». La formation est aussi dans le viseur : une option santé au lycée, davantage de places en première année de médecine, une école de sages-femmes envisagée pour 2027 ou 2028, et plus de 90 places supplémentaires en formation infirmière dès cette année. « Il faut aussi améliorer la formation des Mahorais à la santé, leur donner envie de se former en médecine, en soins infirmiers, en soins de sage-femme », a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Sur la sécurité, le démantèlement du camp de Tsoundzou reste l'objectif affiché, avec le maintien d'un dispositif autour du site en attendant. « Le but, c'est bien de démanteler ce camp par des reconductions des personnes qui sont présentes », a indiqué le ministre de l'Intérieur. Une nouvelle opération d'ampleur contre l'immigration illégale et l'économie informelle, baptisée « Kingia 2 », est annoncée pour l'automne. Depuis le début de l'année, 250 opérations contre l'économie informelle ont été menées, contre 150 sur la même période l'an dernier. La France cherche par ailleurs à mieux appliquer son accord de réadmission avec la République démocratique du Congo, une mission congolaise s'étant rendue à Paris pour accélérer la délivrance des laissez-passer et porter leur durée de validité de trois à six mois.

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