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Suez réclame 600 000 € à Sainte-Suzanne pour nuisances olfactives

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Suez réclame 600 000 € à Sainte-Suzanne pour nuisances olfactives

Centre d'enfouissement : Sainte-Suzanne réclame 600 000 euros de mesures compensatoires à Suez - Crédit Zinfos974 - Société


Le maire de Sainte-Suzanne, Alexandre Laï-Kane-Cheong, a réclamé à Suez le versement de 600 000 euros à la commune en compensation des nuisances olfactives générées par le centre d'enfouissement de Bel-Air. Il a formulé cette demande ce jeudi, lors de l'inauguration de la résidence Petit Mahot à Bagatelle.

Dans un courrier adressé mercredi à Suez Réunion, la mairie dénonce vingt-cinq ans de nuisances subies par les habitants, aggravées ces derniers jours par les travaux en cours sur le site. Ces opérations portent notamment sur la réalisation d'un quai de vidage lié à la fin d'exploitation du casier C8 et sur le terrassement du massif de déchets du casier C3, d'autres interventions devant suivre sur les casiers C1 à C3. Depuis lundi, des administrés se présentent en mairie pour se plaindre des odeurs ; des associations et des agents municipaux font état des mêmes problèmes. Le maire dit les avoir lui-même constatées mercredi soir en quittant la mairie.

«Vingt-cinq ans que, par les alizés passant, les odeurs viennent chatouiller les narines de nos administrés», a déclaré Alexandre Laï-Kane-Cheong lors de son discours. La municipalité ne conteste pas la nécessité des travaux, mais reproche à l'exploitant de ne pas en avoir suffisamment anticipé les conséquences. Le maire réclame des «mesures immédiates» pour réduire les odeurs et des dispositions permettant d'éviter leur répétition lors des prochaines phases du chantier.

Les 600 000 euros demandés seraient affectés à un projet lié aux agents de surveillance de la voie publique (ASVP), présenté par la mairie comme «étroitement lié au maintien et à la préservation de la qualité de vie et du cadre de vie» des habitants. Le cabinet du maire précise que ces moyens permettraient de développer une action s'apparentant à une brigade environnementale, en lien avec les associations locales. La somme ne serait pas redistribuée aux riverains à titre individuel : la démarche vise un projet «d'intérêt général», et non une indemnisation. La mairie évoque la possibilité d'un «mécénat territorial», susceptible d'ouvrir droit à une réduction d'impôt pour l'entreprise donatrice, et note que Suez ne participe actuellement à aucun fonds de soutien de ce type sur le territoire.

Alexandre Laï-Kane-Cheong a également listé les conséquences concrètes pour les habitants : logements maintenus fermés, recours accru à la climatisation, hausse des factures d'électricité, perte de jouissance des jardins et terrasses, risque de dépréciation immobilière. «Imaginez-vous la dévaluation du foncier. Imaginez-vous la dévaluation du bâti. Imaginez-vous maintenant pire, la dévaluation de la santé», a-t-il lancé. Ces derniers mois, des habitants s'étaient déjà plaints d'infestations de mouches dans leurs habitations, que la municipalité attribuait à l'activité du centre d'enfouissement.

La mairie indique ne pas envisager, pour l'heure, d'action en justice contre Suez, alors qu'un contentieux existe déjà sur un autre terrain. En février, le Syndicat mixte de traitement des déchets du Nord et de l'Est (SYDNE) avait saisi l'Autorité de la concurrence pour possible abus de position dominante, concernant les offres déposées par Inovest, filiale de Suez, jugées alors «inacceptables». Le maire réaffirme par ailleurs sa volonté de mettre fin à l'enfouissement à Bel-Air à l'horizon 2028, une orientation qui devrait être précisée lors du prochain conseil du SYDNE, prévu en septembre.

La résidence Petit Mahot, dont l'inauguration a servi de cadre à cette prise de position, comprend 32 logements locatifs très sociaux réalisés par la Semac pour un investissement de 6,6 millions d'euros, dont 3,34 millions d'euros de prêt de la Banque des Territoires, 1,4 million d'euros de subvention au titre de la Ligne budgétaire unique (LBU) et 1,7 million de crédit d'impôt. La commune garantit l'emprunt à 100 %. Le maire a profité de l'occasion pour alerter sur la pression quotidienne pesant sur les services du logement social, confrontés chaque jour à de nouvelles demandes en situation d'urgence, et pour dénoncer la réduction des moyens de l'État consacrés à la LBU.

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8 commentaires

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T
Tom de l'Étang 27/08/2026 à 17:08

@TataYoyo, tu soulèves quelque chose d'important. En cabinet, j'ai plusieurs patients qui exercent en indépendant dans ce secteur, et certains me parlent de nuits courtes à cause de la chaleur justement, parce qu'ils ne peuvent pas ouvrir leurs fenêtres. L'effet cumulatif sur le système nerveux, la qualité du sommeil, la récupération musculaire, c'est concret et ça finit par se voir sur une table de kiné. Ce n'est pas spectaculaire, donc personne n'en parle, mais vingt-cinq ans de ça ça laisse des traces qui ne sont pas toutes visibles.

T
TataYoyo 27/08/2026 à 16:17

Moi j'ai travaillé trente ans en soins, et je vous dis que les odeurs permanentes ça use le corps et l'esprit, les gens ne se rendent pas compte. Des gens qui dorment fenêtres fermées en pleine chaleur, qui n'ont plus le droit à leur terrasse le soir, c'est lé pa fasil à supporter sur la durée. Le maire a bien fait de parler, même si 600 000 € pour une brigade plutôt que pour les familles, ça laisse songeur. Ce qui m'importe c'est que ça s'arrête pour les enfants du quartier, pas dans dix ans, maintenant.

B
Bichik 27/08/2026 à 15:39

@PtiBatik, tu as bien mis les mots dessus. Vingt-cinq ans, c'est effectivement toute une génération. Je me souviens qu'on parlait déjà de ce site à l'époque où mes enfants étaient petits, et aujourd'hui ce sont leurs enfants qui subissent les mêmes odeurs. On s'habitue à ce qu'on ne devrait pas accepter, c'est le vrai problème.

M
Marie 27/08/2026 à 15:18

Ce qui me frappe surtout, c'est la liste concrète des conséquences pour les habitants : fenêtres fermées, clim qui tourne, factures qui grimpent. Ce sont des charges réelles que les gens absorbent en silence depuis des années. La brigade environnementale c'est bien, mais j'espère que la mairie va aussi s'assurer que les prochaines phases de travaux ne reproduisent pas la même situation.

S
Sébastien V. 27/08/2026 à 14:19

La démarche est intéressante sur le plan juridique, mais on notera que formuler une demande indemnitaire lors de l'inauguration d'une résidence sociale, c'est un choix de mise en scène qui n'est pas anodin. Sur le fond, la question de l'anticipation des nuisances lors des phases de travaux relève normalement du cahier des charges de l'exploitant, ce qui laisse à penser que des leviers contractuels existent peut-être déjà, avant d'en arriver à ce type de demande publique.

M
Maéva 27/08/2026 à 14:14

Le coup du mécénat territorial c'est malin tactiquement, ça offre une sortie honorable à Suez tout en appuyant là où ça fait mal fiscalement. Mais 600 000 € redirigés vers une brigade environnementale plutôt que vers les riverains directement, y'a forcément des gens qui vont tiquer. La communication de la mairie sur ce point doit être béton, sinon ça va partir en vrille sur les réseaux.

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PtiBatik 27/08/2026 à 14:10

Les alizés qui transportent les odeurs au lieu de porter les cerfs-volants et les rires des marmaille, ça fait mal au coeur. Ce péi-la mérite mieux que ça. Vingt-cinq ans de nuisances, c'est toute une génération qui a grandi avec cette réalité dans les narines.

M
Margaux 27/08/2026 à 14:00

On habite à Saint-Gilles mais on passe régulièrement par Sainte-Suzanne pour des courses, et franchement je ne savais pas que ce centre d'enfouissement causait autant de problèmes depuis si longtemps. En métropole on parle beaucoup des odeurs autour des décharges mais 25 ans sans solution réelle, c'est vraiment long. Est-ce que des habitants ont déjà tenté des recours individuels avant cette démarche de la mairie ?