La ville de Saint-Denis a présenté jeudi 27 août le programme de travaux prévu pour l'ancienne décharge de la Jamaïque, un site de 9 hectares bordant l'océan Indien entre la ravine du Chaudron et la rivière des Pluies. Les travaux débuteront en février prochain, après la phase d'appel d'offres, et dureront deux ans.
Jusqu'à sa fermeture dans les années 1990, le site a reçu 920 000 m³ de déchets de toute nature enfouis dans ses casiers. L'opération de sécurisation est intégralement financée par l'Agence pour la transition écologique (ADEME) à hauteur de 9,4 millions d'euros, dans le cadre du plan de résorption des décharges historiques du littoral lancé par l'État en 2022 — ce que le secrétaire général de la préfecture, Richard Smith, a rappelé lors de la conférence de presse.
Les déchets seront traités sur place, y compris ceux contenant de l'amiante, avant d'être confinés. Les déchets végétaux d'espèces exotiques seront soumis au même traitement. Une couverture de terre d'une cinquantaine de centimètres sera ensuite étalée en surface pour permettre au sol de retrouver un fonctionnement écologique. Entre cette couche et les déchets, un dispositif récupérera les lixiviats, ces résidus liquides issus de la décomposition des matières dangereuses.
À l'issue des travaux, le site restera fermé au public. Situé dans le couloir aérien de l'aéroport de Roland-Garros, il est soumis aux contraintes imposées par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui exclut tout usage récréatif de la zone. La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a rappelé la visibilité du site depuis les airs : « Quand on arrivait en avion, c'était la première chose qu'on voyait de la Réunion. »
Les services techniques de la ville travaillent sur ce dossier depuis une dizaine d'années. Saint-Denis n'est pas la seule commune concernée : Saint-Benoît a confié à la Cirest la réhabilitation de l'ancienne décharge de Ravine-Sèche, autre site littoral soumis aux mêmes obligations de mise en sécurité.


5 commentaires
Je passe régulièrement par la rivière des Pluies avec mes groupes avant de monter vers Salazie, et la décharge de la Jamaïque on la voyait de loin, cette étendue grise et broussailleuse coincée entre la mer et la route. Ça m'a toujours serré le coeur d'expliquer aux visiteurs ce que c'était, juste après leur avoir parlé des tectites et du littoral volcanique. Ce que je regrette, et @Karambole l'a très bien mis en mot, c'est qu'on ferme le site sans vision à long terme. Une restauration en espèces endémiques, même partielle, même gérée à distance, ça aurait donné un sens à tout ce travail. Les contraintes de la DGAC n'interdisent pas le végétal, que je sache.
Article intéressant, mais une précision s'impose : l'ADEME n'est pas à proprement parler un organisme qui "finance" au sens budgétaire traditionnel du terme. Il s'agit d'un établissement public qui redistribue des crédits d'État fléchés, ici dans le cadre du plan littoral 2022. La commune de Saint-Denis ne débourse donc rien, certes, mais ces 9,4 millions proviennent bien de la fiscalité nationale. Ce n'est pas un détail, notamment quand on évoque la gouvernance du projet.
Le site restera fermé au public à la fin des travaux. Donc on sécurise, on recouvre, et on laisse. C'est mieux que rien, mais on aurait pu au moins imaginer une zone de reboisement en espèces endémiques gérée par des associations locales.
Bonne nouvelle pour le littoral, mais une décharge de 920 000 m³ avec de l'amiante à deux pas de l'océan, ça fait froid dans le dos. On parle de lixiviats qui filtrent dans les nappes depuis des décennies, et dans les champs alentours on ne sait même pas ce que ça a pu donner. J'aurais aimé que l'article mentionne si une étude de contamination des sols agricoles du secteur a été menée. Le péi-la mérite qu'on pose la question.
9,4 millions financés à 100% par l'ADEME, c'est pas rien. Curieuse de voir si la mairie va communiquer en transparence sur l'avancée des travaux ou si on va devoir attendre la fin des deux ans pour avoir des nouvelles. Un suivi en temps réel serait tchombo pour montrer que la ville joue le jeu de la transition écologique.