L'Assemblée nationale a adopté mardi soir, en seconde délibération, la possibilité de condamner à la réclusion criminelle à perpétuité les auteurs de viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Sur 352 votants et 342 suffrages exprimés, 258 députés ont voté pour, 84 contre et 10 se sont abstenus.
La disposition avait été rejetée de justesse vendredi dernier, par 41 voix contre 37 et trois abstentions, dans un hémicycle peu garni. Ce premier vote avait déclenché une vive polémique, aucun des députés réunionnais n'y ayant participé. Le gouvernement avait alors demandé une seconde délibération avant le vote définitif sur le projet de loi relatif à la protection des enfants, porté dans le sillage de l'affaire Lyhanna.
Quatre parlementaires de l'île ont cette fois pris part au scrutin. Les députées Émeline K/Bidi et Karine Lebon, du groupe Gauche démocrate et républicaine, ont voté pour, tout comme le député du Rassemblement national Joseph Rivière. Jean-Hugues Ratenon, élu La France insoumise, a choisi de s'abstenir, se démarquant ainsi de la très grande majorité de son groupe : LFI a voté contre à 43 reprises, pour une seule abstention. Perceval Gaillard, Philippe Naillet et Frédéric Maillot n'ont pas participé au vote, selon les données publiées par l'Assemblée nationale.
Après le rejet de vendredi, trois élus réunionnais avaient expliqué leur opposition à la mesure. Jean-Hugues Ratenon avait estimé que le débat sur la perpétuité risquait de masquer celui de l'impunité et du faible nombre de condamnations dans les affaires de violences sexuelles sur mineurs. Perceval Gaillard avait qualifié la mesure de « démagogique ». Philippe Naillet avait insisté sur la nécessité de renforcer les moyens consacrés à la protection de l'enfance et aux enquêtes.
Dans la foulée de ce vote, l'ensemble du projet de loi relatif à la protection des enfants a été adopté par l'Assemblée nationale, avec 378 voix pour et seulement sept contre.


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