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Monique Barbut prête à démissionner pour la loi agricole

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Monique Barbut prête à démissionner pour la loi agricole

Loi d'urgence agricole : la ministre de la Transition écologique Monique Barbut va présenter sa démission - Crédit Zinfos974 - National


La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s'apprête à remettre sa démission au président de la République avant le Conseil des ministres de ce mercredi. Opposée à la loi d'urgence agricole définitivement adoptée par le Parlement mardi, elle a confirmé son intention de quitter le gouvernement lors d'un échange auquel franceinfo a assisté.

« Dans ma tête, je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui, dans ma tête, je suis partie demain », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois précisé que la suite dépendrait de la réponse du chef de l'État : « Si ma démission est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépend de ce qui est dit et de comment c'est dit demain. »

Nommée en octobre 2025, Monique Barbut avait été reçue mardi à la mi-journée par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon, quelques heures avant de confirmer sa décision.

Le point de rupture porte sur la réintroduction possible de deux pesticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, actuellement interdits en France mais toujours autorisés au niveau européen. La loi prévoit que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) puisse accorder des dérogations à certaines filières agricoles en difficulté, comme la production de noisettes. D'après l'entourage de la ministre, ce n'est pas tant la mesure elle-même que le refus du gouvernement d'en débattre qui a provoqué la rupture.

Cette disposition ne figurait pas dans le projet de loi initial. Introduite par amendement au Parlement, elle a été maintenue lors de la commission mixte paritaire. Lundi, Sébastien Lecornu avait annoncé qu'il ne déposerait pas d'amendement pour la supprimer.

Si elle est acceptée, cette démission serait la première d'un membre du gouvernement depuis sa formation en octobre 2025.

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6 commentaires

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A
Alex 22/07/2026 à 08:25

@Patrick974, tu soulèves un point intéressant mais j'aurais besoin qu'on m'explique pourquoi un amendement introduit en dernière minute sur des substances aussi sensibles que des pesticides interdits n'a pas déclenché plus de bruit médiatique avant le vote. Ce genre de manoeuvre, dans n'importe quel domaine, ça s'appelle du contournement de process. La démission de Barbut c'est peut-être le seul signal d'alarme qui a vraiment fonctionné, ce qui dit quelque chose sur l'état du débat démocratique autour de ces textes.

O
Olivier 22/07/2026 à 07:21

@Polo, t'as mis le doigt sur quelque chose. Nous à la coopérative on en parle depuis un moment de ces dérogations pesticides. Le problème c'est que dès qu'on ouvre la porte pour une filière en difficulté, les autres suivent et demandent pareil. On l'a vu avec certaines autorisations sur la canne, ça crée des précédents. Ce qui m'intéresse dans cette histoire c'est de savoir qui a glissé cet amendement et sur demande de quelles filières agricoles. Parce que derrière chaque dérogation y'a des lobbies, et les petits producteurs comme nous on n'a pas les moyens de peser dans ces discussions-là.

P
Patrick974 22/07/2026 à 06:19

Ce qui est intéressant ici c'est moins la démission en elle-même que la mécanique politique qu'elle révèle. Lecornu choisit de ne pas déposer d'amendement de suppression, ce qui est une décision active, pas une omission. La question que je me pose est la suivante : est-ce que ce gouvernement a réellement arbitré entre le risque sanitaire et la pression des filières agricoles, ou est-ce qu'il a simplement évité l'arbitrage en laissant passer ce que le Parlement avait introduit ? Ce n'est pas pareil, et la nuance est importante pour juger de la solidité de cette majorité.

P
Polo 22/07/2026 à 06:12

Les pesticides dans la noisette ça me touche pas directement, mais je vois bien où ça mène. Aujourd'hui c'est la noisette, demain c'est les éleveurs qui demandent des dérogations pour leurs fourrages, et on se retrouve avec des produits sur le marché que personne n'a vraiment validés. Moi mes fournisseurs, je les connais, je peux les appeler. Mais la traçabilité sur les intrants agricoles, lé pa fasil à vérifier quand t'es en bout de chaîne. Une ministre qui part pour ça, je respecte au moins la cohérence.

A
Anaëlle 22/07/2026 à 06:06

Je comprends pas bien le mécanisme, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment une disposition peut être introduite par amendement sans figurer dans le projet de loi initial ? C'est pas censé être soumis à débat public ? Je pose la question sincèrement parce que ça me semble important pour comprendre comment les lois se font vraiment.

P
Pti-Louis 22/07/2026 à 06:00

Les ministres i viennent, i partent. La mer elle change pas pour autant.