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Sainte-Suzanne : 100 jours de bilan sous le signe de la rigueur

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Sainte-Suzanne : 100 jours de bilan sous le signe de la rigueur

"Retour à la normale" : Alek Laï-Kane Cheong veut tourner la page du "système Gironcel" - Crédit Zinfos974 - Politique


Cent jours après son élection à la mairie de Sainte-Suzanne avec 45,30 % des suffrages, Alexandre Laï-Kane Cheong tire un premier bilan sous le signe des arbitrages douloureux et d'une rupture revendiquée avec ce qu'il appelle le « système Gironcel ».

Le tableau financier qu'il brosse est sombre. Le déficit de la commune, d'abord estimé à douze millions d'euros, dépasse désormais les quatorze millions après l'adoption du Compte financier unique. La masse salariale atteint 29 millions d'euros, soit plus de 60 % d'un budget d'environ 47 millions. Des charges sociales restent impayées auprès de l'Urssaf, et près de quatre millions d'euros de dettes pèsent sur des entreprises locales. Les délais de paiement fournisseurs dépassent 170 jours. « Nous sommes les plus mauvais payeurs publics de La Réunion », déclare le maire, qui juge la situation « scandaleuse » pour les TPE et PME du territoire. Il n'exclut pas que certains éléments soient transmis à la justice.

La commune compte 564 agents pour 25 000 habitants. Près de 70 % des quelque 120 contrats à durée déterminée ne sont pas renouvelés. Le maire ne minimise pas la brutalité de ces choix : « Ce n'est pas agréable de dire à une mère ou à un père de famille que la relation de travail prend fin, même temporairement. » Il impute ces suppressions à une forte augmentation du nombre de CDD durant les derniers mois de l'ancienne mandature, qui aurait généré des doublons, voire des « triplons » dans certains services. Par ailleurs, la commune espère bénéficier du dispositif d'accompagnement de l'État COROM, pour un montant compris entre 2,3 et 2,8 millions d'euros, sans que son obtention soit officiellement confirmée.

Sur le volet associatif, le budget dédié aux associations passera de 1,8 million d'euros, versés à 186 structures sous la précédente mandature, à une enveloppe réduite de plus de moitié. Le conseil municipal devait se prononcer mercredi sur une enveloppe d'environ 3 millions d'euros au bénéfice de 91 structures, dont 1,25 million pour le CCAS et 1,4 million pour la Caisse des écoles. Une soixantaine d'associations ont participé à des ateliers préparatoires pour présenter leurs comptes et leurs projets.

Le maire répond aussi aux critiques internes. La nomination de son frère Louis, avocat et ancien directeur de campagne, au poste de directeur de cabinet a suscité des accusations de « familiaucratie ». Certains élus de la majorité pointent la place prise par ce dernier dans le fonctionnement de la mairie, le comparant à un « maire bis ». Alek Laï-Kane Cheong écarte ces critiques : « Si certains considèrent qu'il participe à la décision, je rappelle simplement que c'est précisément le rôle d'un cabinet. » Il assure en revanche que le futur directeur général des services ne sera « ni sa sœur, ni son cousin, ni un membre de sa famille ».

Une polémique d'une autre nature a également surgi. Interpellé le 30 juin lors d'un coup de filet de la gendarmerie, un couple de Sainte-Suzannois d'une trentaine d'années a reconnu avoir écoulé plus de quatre kilos de cocaïne en moins de deux ans, pour un chiffre d'affaires estimé à 600 000 euros. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont présenté l'homme arrêté comme le « chauffeur » ou le « garde du corps » du maire pendant la campagne. Alek Laï-Kane Cheong dément catégoriquement : « Ce n'est ni mon chauffeur, ni mon garde du corps. Il n'est pas employé à la mairie, ne l'a jamais été. C'est un militant. »

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