Les députés Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon ont adressé un courrier commun à Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, pour lui demander d'examiner le conflit qui oppose la mairie de Saint-Leu au Conservatoire du littoral, à la suite de la démolition d'une maison à la Pointe au Sel.
Le Conservatoire du littoral est un établissement public dont la mission est de préserver les espaces littoraux et de protéger les sites naturels par une politique foncière dédiée. À La Réunion, il gère 22 sites, dont celui de la Pointe au Sel. C'est là qu'est né le différend avec la commune : selon les deux parlementaires, la mairie conteste la légalité de la démolition, au motif qu'elle n'en aurait pas été informée et qu'aucune solution de relogement n'avait été prévue pour les personnes concernées.
Dans leur lettre, Gaillard et Ratenon ne remettent pas en question la mission de protection du Conservatoire. C'est la méthode qu'ils critiquent. « Protéger n'est pas déposséder », écrivent-ils, en réclamant une plus grande association des habitants et des collectivités locales aux décisions prises sur ces sites. Les deux élus estiment que les collectivités ne peuvent pas être placées devant le fait accompli, d'autant qu'elles doivent ensuite répondre aux inquiétudes ou à la colère des habitants.
Les parlementaires demandent à la ministre de « regarder de plus près » ce dossier en tenant compte de la situation sociale et économique de La Réunion. Ils affirment que « le passage en force n'est pas une option » et se déclarent disponibles pour la rencontrer afin d'aborder plus largement les relations entre les services de l'État, les collectivités réunionnaises et la population.


7 commentaires
@Alex, la question juridique que tu soulèves est pertinente, mais elle ne règle pas tout. Même si le Conservatoire est dans son droit strict, il y a un coût économique et social à agir sans concertation, et ce coût finit toujours par retomber sur les collectivités et donc sur le contribuable local. On a trop tendance à séparer la légalité de la méthode, comme si l'une suffisait à justifier l'autre. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne sur le terrain.
@Zoubi, c'est exactement ça le problème, pas de solution avant, rien. Dans mon activité je travaille avec des familles fragiles au Tampon et je sais ce que ça veut dire de se retrouver sans toit du jour au lendemain. Le Conservatoire a une mission importante, mais on ne peut pas gérer les gens comme ça, i fo quand même prévoir quelque chose pour eux avant d'agir.
Une de mes clientes habitait justement du côté de la Pointe au Sel, elle m'en a parlé la semaine dernière en venant se faire coiffer. Elle était vraiment choquée que les gens n'aient eu aucune solution avant la démolition.
Ce qui me frappe c'est que les collectivités locales apprennent les décisions après coup, et c'est elles qui doivent gérer la colère des habitants le lendemain. Ça revient tout le temps ce schéma dans le péi-la, les institutions nationales décident, les élus locaux ramassent. Quelqu'un a le lien vers la lettre officielle des députés ?
La formule "protéger n'est pas déposséder" dit vraiment quelque chose d'important. On peut défendre l'environnement et respecter les personnes en même temps, ce n'est pas contradictoire. J'espère que ce dossier ouvrira un vrai dialogue.
Je veux bien que les deux députés défendent leurs administrés, c'est leur rôle. Mais est-ce que la mairie avait vraiment des droits à faire valoir sur ce terrain géré par le Conservatoire ? Parce que "ne pas avoir été informée" c'est une chose, mais si la procédure était légalement correcte côté Conservatoire, le courrier à la ministre change quoi concrètement ? J'aurais aimé voir les éléments juridiques du dossier avant de trancher.
Ça fait des années qu'on essaie de développer le tourisme à Saint-Leu et la Pointe au Sel c'est un site magnifique, tout le monde le sait. Mais démolir une maison sans prévenir personne, sans solution pour les gens concernés, c'est exactement le genre de truc qui crée de la colère dans les quartiers. Les visiteurs voient le lagon, ils ne voient pas les tensions derrière. Le Conservatoire fait un travail nécessaire, mais là franchement la méthode pose problème.