Jean-Marie Virapoullé juge insuffisante la zone franche annoncée dans l'Est de La Réunion. Le conseiller municipal et communautaire d'opposition de Saint-André réclame son extension aux commerçants et aux professions libérales, ainsi qu'un renforcement des exonérations de charges sociales patronales.
L'élu reconnaît que le dispositif constitue une avancée pour le territoire, mais considère qu'il ne suffira pas à répondre aux enjeux économiques de la CIREST. Son principal grief porte sur l'exclusion de certaines catégories : « Cette mesure demeure cependant insuffisante car les commerces et les professions libérales en sont exclus », écrit-il.
Jean-Marie Virapoullé invoque également les séquelles du cyclone Garance. « On ne peut pas relancer l'activité économique de la CIREST, territoire le plus pauvre de La Réunion, en laissant sur le bord du chemin nos commerçants et nos professions libérales qui ont eux aussi souffert du passage du cyclone Garance », affirme-t-il. Des professionnels qui se croyaient concernés par les mesures annoncées par Joé Bédier, président de la Cirest, et Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, se retrouvent selon lui exclus du dispositif : « De nombreux professionnels qui pensaient être concernés, déchantent ».
Sur le volet social, l'élu pointe une limite concrète du dispositif fiscal : « Beaucoup de très petites entreprises de l'Est en difficulté se sentent peu concernées par les mesures fiscales prévues, car elles ne sont même pas imposables. » Pour elles, dit-il, seule une exonération renforcée des charges patronales serait efficace.
Jean-Marie Virapoullé se réclame d'une expérience directe sur le sujet. Il rappelle avoir été, en tant qu'ancien président de la CIREST, « à l'origine de la création de la plus grande zone franche urbaine de France, en vigueur jusqu'en 2019 ». Il appelle désormais « à l'unité des décideurs locaux » pour obtenir ce qu'il décrit comme « une zone franche totale » : élargie à l'ensemble des secteurs d'activité et assortie d'une exonération majorée des charges sociales patronales.


6 commentaires
Ce que personne ne dit dans ce débat, c'est que le tourisme de randonnée dans l'Est dépend directement des petits commerces et des prestataires locaux autour de Salazie ou de la vallée de la rivière du Mât. Un guide indépendant comme moi travaille en réseau avec des loueurs, des artisans, des gîtes, des restaurateurs. Si ces gens-là ne sont pas couverts par la zone franche, c'est toute une chaîne qui reste fragilisée. Garance a abîmé des sentiers, des accès, des hébergements, et relancer le péi ça se fait pas en oubliant la moitié des acteurs du territoire.
Kiné libéral, je suis directement dans cette catégorie des professions libérales exclues. Ce qui me préoccupe c'est que plusieurs confrères dans l'Est ont sérieusement envisagé de ne pas rouvrir après Garance, entre les locaux endommagés, la patientèle dispersée et le moral en berne. Un signal fort sur les charges aurait pu changer la donne pour certains. Là on leur dit qu'ils ne sont pas concernés.
Mwin lé exactement dans ce cas, profession libérale non, mais commerce oui, et le cyclone m'a coûté deux semaines d'arrêt complet plus du matériel à remplacer. Quand j'ai entendu parler de la zone franche j'étais contente, et là on m'explique que mon food truck rentre pas dedans. C'est vrai que ça laisse in ti goût amer. Les domoun dans l'Est ils ont besoin de toutes les activités, pas juste les usines.
Curieux qu'on parle d'une zone franche "totale" sans que personne ne chiffre ce que ça coûterait en recettes fiscales non perçues. Virapoullé cite son expérience sur la ZFU de 2019 mais il ne dit pas ce que ce dispositif a réellement produit comme emplois pérennes à l'époque. Y'a une évaluation quelque part ?
Le point sur les TPE non imposables est probablement le plus solide de cette tribune. Un dispositif fiscal ne produit aucun effet levier sur une entreprise qui ne dégage pas de bénéfice imposable, c'est une réalité arithmétique. L'exonération de charges patronales, elle, agit directement sur le coût du travail et peut déclencher une embauche ou simplement permettre de maintenir un salarié. Reste à voir si le cadre réglementaire national permet réellement d'aller aussi loin que ce que Virapoullé demande, parce que les zones franches restent soumises à validation européenne en matière d'aides d'État.
Ce qui m'intéresse ici c'est la mention des professions libérales, parce que niveau e-commerce on est aussi dans ce flou juridique où on ne sait pas si on rentre dans les cases. Si la zone franche exclut tous ceux qui ne sont pas dans l'industrie classique, les nouvelles activités numériques et créatives restent sur le carreau. L'Est a des entrepreneurs qui bossent depuis chez eux et qui ont autant subi Garance que les boutiques du centre-ville.