La société publique locale OPÉ (SPL OPÉ), qui gère le périscolaire à Saint-Denis, a présenté ses procédures de recrutement, de contrôle et de gestion des signalements, dans le sillage des révélations récentes sur des violences présumées dans des structures périscolaires parisiennes. Sa présidente-directrice générale, Brigitte Adame, annonce également plusieurs renforcements de dispositifs de prévention.
Chaque jour, plus de 200 animateurs de la SPL OPÉ interviennent dans les écoles de Saint-Denis pour assurer les temps d'accueil périscolaires auprès de plusieurs milliers d'enfants. Les responsables de structure sont titulaires au minimum d'un BAFD (brevet d'aptitude aux fonctions de directeur) ou d'un BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport). Les animateurs sont majoritairement diplômés du BAFA (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur). La composition des équipes respecte les quotas réglementaires : au moins 50 % de personnels diplômés, jusqu'à 30 % en cours de formation, et un maximum de 20 % de personnels non diplômés.
Au-delà des déclarations auprès des services de l'État, qui assurent les contrôles réglementaires liés à l'honorabilité, la SPL OPÉ indique vérifier systématiquement le casier judiciaire de chaque candidat avant embauche. « Notre objectif est de nous assurer qu'aucune personne présentant des antécédents incompatibles avec l'encadrement de mineurs ne puisse être recrutée au sein de nos équipes », déclare Brigitte Adame.
Tous les responsables de structure suivent par ailleurs une formation certifiante « Premiers Secours de la Protection de l'Enfance » (PSPE), destinée à identifier les situations de maltraitance, à connaître les procédures de signalement et à adopter les bonnes postures face à un enfant en danger.
Sur le traitement des signalements, la SPL OPÉ affirme disposer d'un protocole interne précis. Dès qu'une situation est jugée préoccupante, l'animateur concerné est écarté de tout contact avec les enfants pendant la durée des vérifications. Selon les circonstances, cette mesure peut prendre la forme d'une mise à pied conservatoire. « Chaque signalement fait l'objet d'une analyse approfondie. Lorsque les faits sont établis ou que la situation le nécessite, des mesures disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement sont prises et les autorités compétentes sont saisies », précise Brigitte Adame. La dirigeante qualifie ces situations d'« extrêmement marginales » au regard du volume d'enfants accueillis quotidiennement.
Les affaires parisiennes ont conduit la structure à engager plusieurs axes de renforcement : amélioration des canaux de signalement pour les enfants, les familles et les professionnels, renforcement des formations à la protection de l'enfance, vigilance accrue sur les temps sensibles (sanitaires, repos, accompagnements individuels), et étude de nouveaux dispositifs de contrôle de l'honorabilité lors des recrutements.


9 commentaires
@David, je comprends ta réaction, et dans mon secteur on a exactement le même enjeu. Ce qui compte au quotidien c'est pas la procédure écrite, c'est ce que font les responsables de structure quand quelque chose cloche. La formation PSPE c'est un vrai bon point, ça change le regard des équipes sur le terrain.
C'est intéressant qu'ils parlent d'améliorer les canaux de signalement pour les familles. Ça veut dire quoi concrètement, un formulaire en ligne, une appli, un numéro dédié ? Parce que si c'est juste un e-mail perdu dans une boîte générique, ça sert à rien. Les domoun veulent du simple et du rapide, surtout pour leurs marmaille.
Je veux bien croire que les procédures existent, mais aucun chiffre concret là-dedans : combien de signalements traités l'an dernier, quel délai moyen entre un signalement et une décision, quel taux de licenciements effectifs ? Sans données précises, c'est de la communication de crise, pas de la transparence. La vérification du casier judiciaire avant embauche, c'est le minimum légal, pas un argument de réassurance.
C'est bien de vérifier les casiers, mais vérifier sur le papier et surveiller sur le terrain c'est pas la même chose. Sur mon marché, je connais mes clients, je vois si quelque chose va pas, i fo ce lien-là aussi dans les structures qui accueillent nos enfants. Un protocole écrit ça reste du protocole, c'est les gens sur place qui font la différence.
Dans une coopérative, quand un problème remonte, on réunit tout le monde et on traite dans la foulée, pas dans six mois. J'espère que ce protocole de signalement dont ils parlent c'est pareil, pas juste du papier.
Je comprends l'effort de communication, mais 200 animateurs pour des milliers d'enfants chaque jour, ça fait beaucoup à surveiller. J'ai deux gamins qui passent par le périscolaire, et ce qui me rassure vraiment c'est pas un beau discours de directrice générale, c'est de savoir que si mon enfant dit quelque chose à la maison, il y a quelqu'un qui l'écoute vraiment derrière. La formation PSPE c'est bien sur le papier, mais ça dépend aussi des gens qui la reçoivent.
Court mais vrai : j'aurais aimé qu'ils disent ça bien avant les affaires de Paris, pas après.
Ah moi mes clientes me demandent tout le temps si leurs marmaille sont en sécurité à la cantine et après l'école. C'est rassurant de voir qu'ils vérifient les casiers judiciaires avant d'embaucher, franchement je savais même pas que c'était fait systématiquement.
J'ai des parents dans mon taxi qui me parlent de ça tous les jours depuis les histoires de Paris. Ils sont inquiets, c'est normal. Bon, là la SPL OPÉ explique ce qu'ils font, c'est bien de communiquer, mais les gens veulent voir des résultats concrets, pas juste des procédures sur papier. On verra à l'usage.