Dans un courrier daté du 19 juin adressé à Jean-Paul Paquiry, président du conseil d'administration de la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de La Réunion, le député Frédéric Maillot demande que la nomination du futur directeur général tienne compte des compétences locales. Le poste sera vacant au départ à la retraite de l'actuel directeur, Benoît Serio.
Dans sa lettre, l'élu rappelle le poids de l'organisme sur le territoire. « La CGSS de La Réunion occupe une place centrale dans notre système de solidarités, notamment pour nos Gramouns et les personnes les plus vulnérables », écrit-il. À l'appui, il cite un chiffre : « à La Réunion, plus de 20 % de la population protégée bénéficie de la Complémentaire santé solidaire (C2S) et de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Ce taux est l'un des plus élevés de France. »
Sa position ne souffre pas d'ambiguïté. « Dans cet esprit, et attaché comme vous à la promotion des compétences locales à niveau égal, je serai particulièrement attentif au choix du Conseil d'administration pour la nomination du prochain Directeur général », écrit Frédéric Maillot. Il défend une préférence pour les candidats réunionnais à compétences équivalentes.
Le député interpelle également Jean-Paul Paquiry sur l'évolution des attentes de la population. « Je souhaite rappeler à votre attention, en votre qualité de Président du Conseil d'administration de la CGSS et d'acteur syndical engagé, que les Réunionnais sont de plus en plus sensibles aux profils retenus pour diriger les administrations publiques du territoire », lui écrit-il.
Cette prise de position intervient dans un débat alimenté depuis plusieurs semaines par la tribune « Nommer le privilège zorey pour construire l'égalité à La Réunion », signée par plusieurs centaines de personnalités. Ses initiateurs entendent désormais interpeller directement les élus de l'île sur leur position face aux mécanismes qui favoriseraient les profils venus de l'Hexagone dans l'accès aux fonctions de direction.


6 commentaires
@Alex, la question des critères est exactement le point qui mérite d'être creusé. Le chiffre cité dans l'article, plus de 20 % de la population bénéficiaire de la C2S ou de l'ASPA, ça représente une charge de gestion et des enjeux de terrain très spécifiques. Un directeur qui connaît déjà ce profil de bénéficiaires, la saisonnalité des demandes, les réalités économiques locales, il ne part pas de zéro. C'est difficile à mettre dans une grille de compétences formelles, mais ça a une vraie valeur opérationnelle.
La mer elle change pas de capitaine tous les deux ans, elle. Sinon le bateau il sombre.
Moi j'ai travaillé trente ans dans les soins, et je peux vous dire que les gramouns dans les services ils sentent vite quand les gens qui dirigent comprennent leur réalité ou pas. C'est pas une question de papiers ou de diplômes, c'est une question d'humanité. Je dis pas que quelqu'un qui vient de l'extérieur ne peut pas être à la hauteur, mais i fo au moins qu'il reste, qu'il s'enracine un peu. Trop souvent j'ai vu des directeurs partir avant même d'avoir appris les prénoms des familles.
La CGSS c'est pas la même échelle qu'un poste de DRH dans une boite de fret, mais le principe lé bon. Au Port on voit passer des directeurs nommés depuis Paris qui repartent deux ans après sans avoir compris kosa c'est vraiment l'océan Indien. Maurice, Madagascar, eux ils ont fait le choix depuis longtemps de mettre les leurs devant. On devrait regarder un peu comment ils font.
Le principe est défendable, personne ne dira le contraire. Mais on parle de quoi concrètement quand on dit "compétences locales à niveau égal" ? C'est qui qui juge l'égalité des compétences, et sur quels critères ? J'aurais aimé que l'article creuse un peu ce point, parce que là ça reste très vague. Une belle lettre ne fait pas une politique de recrutement.
Depuis le temps qu'on attend ça. Les gramouns qu'il cite, ils ont toujours eu du mal à se faire entendre dans ces grandes administrations.