Le Conseil départemental de La Réunion a adopté à l'unanimité, mercredi 17 juin, trois motions portées par le groupe d'opposition « Une Ambition pour le Département », lors d'une séance plénière consacrée notamment à l'examen du Compte financier unique 2025 de la collectivité.
Les trois textes portent sur la protection des mineurs victimes de violences sexuelles, la situation des assistants familiaux et la crise du logement social.
Sur la protection de l'enfance, les élus ont mis en avant la hausse des signalements et le réexamen, au niveau national, de près de 70 000 procédures impliquant des mineurs victimes. La motion demande un renforcement des moyens des juridictions, des services d'enquête et des structures médico-sociales, ainsi qu'une meilleure coordination entre les acteurs. Le groupe soutient par ailleurs l'inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'une proposition de loi dédiée à la lutte contre ces violences.
La deuxième motion concerne les assistants familiaux. Selon le groupe, près de 850 d'entre eux accueillent aujourd'hui plus de 2 200 enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance à La Réunion. Les élus réclament un renforcement des dispositifs d'accompagnement, de formation et de soutien psychologique, ainsi qu'une meilleure reconnaissance de ces professionnels.
Sur le logement social, l'opposition demande un audit indépendant de la SIDR, une réorientation des marges financières du bailleur vers l'amélioration du cadre de vie des résidents et la mise en œuvre d'un plan d'action renforcé pour les résidences les plus en difficulté.
Au-delà des motions, le groupe a fait part de ses inquiétudes sur les finances départementales à l'occasion de l'examen du Compte financier unique 2025. Le document fait apparaître un excédent budgétaire, mais les élus pointent une baisse de l'épargne, un recul des marges de manœuvre et une réduction des crédits consacrés à l'insertion, au logement, à l'agriculture et à l'action sociale. Dans un territoire où près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où près de 99 000 personnes perçoivent le RSA, le groupe juge cette trajectoire préoccupante. « Le Département demeure aujourd'hui le principal rempart contre la précarité et l'exclusion », déclarent les élus, qui appellent l'État à mieux prendre en compte les spécificités réunionnaises et à garantir les moyens nécessaires à l'exercice des missions sociales de la collectivité.


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