Le Premier ministre Sébastien Lecornu a envoyé une circulaire à l'ensemble des membres du gouvernement pour mettre en place des campagnes de dépistage de stupéfiants dans les cabinets ministériels et les administrations les plus sensibles. Les contrôles, sous forme de tests salivaires inopinés, concernent les collaborateurs de cabinet, mais aussi les ministres eux-mêmes.
Les postes visés sont nombreux : préfets, ambassadeurs, directeurs d'administration centrale, recteurs, agents détenteurs d'une habilitation liée à la défense, à la sécurité nationale ou à des informations sensibles. La secrétaire générale du gouvernement et le secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale sont également dans le périmètre.
Dans sa circulaire, Lecornu justifie la mesure au-delà de la santé publique. La consommation de stupéfiants par des agents publics, écrit-il, « constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l'impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d'être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d'ingérence ».
L'entourage du Premier ministre présente le dispositif comme une « exigence d'exemplarité et de sécurité » proportionnée aux responsabilités exercées. Selon Matignon, Lecornu et ses propres collaborateurs se sont eux-mêmes soumis à un dépistage il y a quelques semaines.
Chaque ministère devra identifier les postes concernés et remettre un plan d'action dans les prochains jours pour organiser ces campagnes.


6 commentaires
@Zilo, exactement, et ce qui m'intéresse c'est la com' autour de tout ça. Lecornu qui annonce que lui et ses collaborateurs se sont déjà testés avant tout le monde, c'est un move de communication assez malin, ça coupe court aux critiques. On est dans une époque où la transparence devient un argument politique en soi, et les jeunes générations sont hyper sensibles à ça. Reste à voir si ça suit dans la durée ou si c'est juste un effet d'annonce.
Dans le BTP on a des tests alcool et drogue sur les chantiers depuis des années, pour la sécurité des équipes, et personne trouve ça choquant. Pourquoi ça ferait débat pour des ministres ? Si t'as rien à te reprocher, lé pas fasil de comprendre pourquoi tu refuserais. Faut arrêter avec cette idée que les hauts fonctionnaires sont au-dessus des règles que le reste du monde respecte au quotidien.
Bonne initiative, l'exemplarité ça commence par soi-même.
L'article mentionne les préfets et directeurs d'administration centrale dans le périmètre, ce qui est cohérent avec leurs obligations de réserve et de confidentialité. Il faudrait toutefois préciser sur quelle base juridique exacte repose ce dispositif, car le droit du travail protège normalement les agents publics contre certains contrôles non prévus par un texte. Une circulaire seule suffit-elle, ou faudra-t-il un décret ?
Tests salivaires inopinés sur des gens qui ont accès à des infos classifiées, honnêtement c'est du bon sens de base. N'importe quelle boîte tech un peu sérieuse fait des vérifications de sécurité bien plus poussées sur ses salariés qui touchent aux données sensibles. La vraie question c'est comment ils vont gérer les faux positifs, parce que ça arrive.
Franchement je comprends l'idée, mais moi mes clients me font des remarques sur n'importe quoi et j'ai pas le droit de me plaindre. Là on parle de ministres qui vont être testés, c'est bien, mais j'aimerais qu'on s'occupe autant des petits commerçants qui galèrent avec leurs charges. On attend toujours des aides concrètes, pas des circulaires.