Le Département-Région de Mayotte a adopté mercredi 17 juin, en séance plénière, la création d'un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) chargé d'assurer la gestion transitoire du port de Longoni. La délibération a été votée par 19 voix avec procurations, contre 2 oppositions et 3 abstentions.
Cette structure doit couvrir une phase intermédiaire, dans l'attente d'une décision de l'État sur une éventuelle évolution vers un Grand port maritime. Le président de l'Assemblée de Mayotte, Ben Issa Ousseni, a insisté sur l'impératif de continuité de service au 1er septembre 2026 : aucune rupture d'activité n'est envisageable, a-t-il dit.
Il a précisé que la collectivité ne dispose ni des moyens financiers ni des ressources humaines pour reprendre directement l'exploitation du port. L'EPIC n'a pas vocation à prendre en charge l'ensemble des activités portuaires, mais à garantir un fonctionnement minimal et continu du site.
La création de cette structure intervient alors qu'une partie des équipements portuaires se dégrade et que la gouvernance du port de Longoni reste incertaine.


6 commentaires
@Kelly, je comprends ce que tu veux dire sur le flou. Moi ça me rappelle quand je suis arrivée ici en 2018, j'avais quitté mon cabinet du 94 avec des certitudes et j'ai passé des mois à ne pas savoir si mes démarches pour m'installer allaient aboutir. Cette incertitude, elle épuise les gens, vraiment. Pour les agents du port, j'espère qu'ils ont au moins des interlocuteurs clairs pour répondre à leurs questions concrètes, parce que le flou administratif ça use autant que le boulot lui-même.
Mon client hier me parlait de son frère qui travaille à Longoni, il avait l'air soulagé qu'il y ait au moins quelque chose de mis en place pour septembre. Moi je comprends pas tout à ces structures, EPIC, Grand port maritime, tout ça, mais quand on est coiffeuse et que la moitié de tes clientes ont un mari ou un oncle qui dépend du port pour travailler, tu te rends compte que c'est pas anodin pour les familles du coin.
Ce qui me questionne, c'est la situation des agents qui travaillent déjà sur le port. Quand on crée une structure transitoire comme ça, les gens sont souvent dans le flou pendant des mois : contrats gelés, recrutements bloqués, collègues qui partent sans être remplacés. Ben Issa Ousseni a lui-même reconnu que la collectivité n'a pas les ressources humaines pour reprendre l'exploitation. Ça veut dire quoi concrètement pour les équipes en place ? Parce que la continuité de service, c'est bien, mais elle repose sur des gens qui ont besoin de visibilité sur leur avenir.
19 voix avec procurations pour créer une coquille vide, allez. On connaît la chanson : on dit "phase transitoire", on dit "gestion minimale", et pendant ce temps les équipements continuent de se dégrader et les travailleurs du port sont dans le flou le plus total. Lé pa fasil de défendre ses droits quand même la structure qui vous emploie ne sait pas elle-même si elle existera encore dans deux ans. J'espère que les syndicats à Longoni ne lâchent pas.
Ce qui me préoccupe dans ce montage, c'est la question du bilan d'ouverture de l'EPIC. Si les équipements sont déjà dégradés, la valorisation des actifs transférés va être délicate, et ça conditionne toute la structure financière de l'établissement dès le départ.
J'aurais une question : est-ce qu'un EPIC, c'est une structure qui peut évoluer ensuite vers un vrai opérateur portuaire autonome, ou c'est vraiment juste du temporaire le temps que l'État se décide ? Je demande parce que ça m'interpelle de voir une collectivité créer une structure en admettant d'emblée qu'elle n'a pas les moyens de la faire fonctionner correctement.