Saint-Benoît va se doter d'un centre de supervision urbaine (CSU) d'ici le premier semestre 2027. L'annonce a été faite mercredi lors du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), réuni sous la présidence du maire Patrice Selly, qui a également présenté le bilan sécuritaire de l'année 2025.
Le futur CSU prendra place dans les locaux de la police municipale. Il centralisera le traitement des images de vidéoprotection et améliorera la coordination des interventions sur le terrain. Le démarrage des travaux est prévu fin 2026.
Le parc de caméras va s'agrandir. Dix-neuf appareils sont actuellement en service sur la commune, dont dix installés en 2025. Douze équipements supplémentaires seront déployés en 2026, notamment le long du tracé du futur Transport en commun en site propre (TCSP).
Du côté des chiffres, la gendarmerie a enregistré 1 846 délits en 2025, soit une hausse de 6,4 % sur un an. Les atteintes aux personnes ont progressé de 30 %, avec 855 faits recensés. Les atteintes aux biens ont en revanche reculé de 11 % et les cambriolages de 22 %.
Le narcotrafic s'impose comme une priorité. Des opérations conjointes entre la gendarmerie et la police municipale se poursuivent dans les quartiers de Bras-Fusil, Fragrance et Europe, où des opérations anti-bandes sont régulièrement organisées. Les violences urbaines, elles, ne figurent plus parmi les principales préoccupations signalées par les forces de l'ordre.
La prévention de la délinquance des mineurs reste un axe central. Le CLSPD a abordé les situations de décrochage scolaire, d'errance et de marginalisation. Patrice Selly a rappelé que des dispositifs pouvaient être mobilisés à l'encontre de familles jugées défaillantes en cas de troubles répétés à l'ordre public.
Côté effectifs, quatre policiers municipaux ont été recrutés en 2025 : la police municipale compte désormais 20 agents. Un service de médiation sociale a par ailleurs été créé, avec six médiateurs et un coordinateur.


6 commentaires
@Alex, bonne question sur les 30 %. Je me la pose aussi. Les chiffres en hausse, des fois ça veut dire que les gens ont arrêté de se taire, pas forcément que c'est pire. On verra dans deux ou trois ans si le CSU change vraiment quelque chose, ou si c'est juste une caméra de plus sur un mur.
Le food truck sur le front de mer à Saint-Pierre c'est pas pareil que Saint-Benoît, mais je suis passée là-bas l'année dernière et je me suis dit que le centre-ville méritait un peu plus de tranquillité. Les médiateurs sociaux ça, j'approuve vraiment. Parce que les caméras c'est bien, mais y'a rien de mieux qu'un vrai domoun qui connaît le quartier et qui va parler aux jeunes directement. Vivement que ça se mette en place pour de bon.
Quatre policiers municipaux recrutés en 2025 pour arriver à 20 agents sur toute la commune, franchement c'est pas beaucoup vu les chiffres présentés. Je travaille dans une PME de taille modeste et même nous on sait qu'en sous-effectif chronique le personnel tient avec les dents. Ces agents font des horaires décalés, gèrent des situations tendues, et on parle de leur charge de travail nulle part dans ce bilan. Le CSU c'est bien, mais derrière les outils i fo des humains qui tiennent la durée.
Les atteintes aux personnes en hausse de 30 %, c'est un chiffre qui interpelle. Est-ce qu'on a plus de faits réels, ou est-ce qu'on a simplement plus de dépôts de plainte grâce à une meilleure accessibilité des services ? La nuance est importante et l'article ne la pose pas.
Ce qui retient mon attention dans ce bilan, c'est la mention du décrochage scolaire et de l'errance des mineurs comme axes prioritaires du CLSPD. C'est bien que la sécurité ne soit pas réduite à la seule répression. La création d'un service de médiation sociale avec six médiateurs est encourageante, même si on sait depuis les travaux de Sébastien Roché sur la police de proximité que ces dispositifs demandent du temps avant de produire des effets mesurables. La vraie question reste le lien entre ces médiateurs et les établissements scolaires du secteur.
Douze caméras supplémentaires en 2026, ça va faire du chantier. J'espère qu'ils ont prévu les bons marchés publics en amont parce que quand c'est bâclé côté cahier des charges, c'est nous les artisans qui écopons des retards et des avenants à n'en plus finir. Sur le fond, le CSU c'est utile, mais le problème de Saint-Benoît c'est pas faute de caméras, c'est faute de suite judiciaire derrière.