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La Fédération socialiste de La Réunion interpelle l'État sur le social

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La Fédération socialiste de La Réunion interpelle l'État sur le social

Face aux difficultés sociales, la Fédération socialiste réclame un changement de cap - Crédit Zinfos974 - Politique


Logement, emploi, protection de l'enfance, violences sexuelles : la Fédération socialiste de La Réunion a multiplié les interpellations à l'adresse de l'État ce samedi 13 juin, lors d'une conférence de presse réunissant la première secrétaire fédérale Ericka Bareigts, la sénatrice Audrey Bélim, le député Philippe Naillet et la militante associative Brigitte Adame.

Sur le logement, les chiffres avancés sont sévères. Plus de 52 000 personnes attendraient un logement social à La Réunion, selon Ericka Bareigts, qui dénonce la baisse des crédits de la Ligne Budgétaire Unique. La maire de Saint-Denis a demandé que l'État garantisse la mobilisation effective des fonds votés pour permettre aux bailleurs sociaux de concrétiser leurs projets de construction et de réhabilitation. « Les Réunionnais ne peuvent plus attendre. La question du logement est une question de dignité, de cohésion sociale et de justice territoriale », a-t-elle déclaré.

La réduction des Parcours Emploi Compétences a également été pointée. Ericka Bareigts estime que cette diminution fragilise les collectivités et le tissu associatif, notamment dans les écoles où ces contrats assurent l'accompagnement des élèves, la restauration scolaire et les activités périscolaires. Elle réclame un déblocage rapide de ces dispositifs.

Audrey Bélim a plaidé pour un modèle de développement adapté aux réalités de l'île. La sénatrice a évoqué la souveraineté alimentaire, les difficultés d'accès à des semences adaptées aux conditions tropicales, la remise en exploitation des terres agricoles en friche et la valorisation de la pharmacopée réunionnaise comme pistes concrètes. Sur la vie chère, elle a appelé à davantage de transparence dans la formation des prix et à une utilisation des marchés publics comme outil de soutien à la production locale. « L'objectif est de construire une économie réunionnaise plus résiliente, davantage tournée vers la production locale et moins dépendante des modèles importés », a-t-elle résumé.

La protection de l'enfance a occupé une large place dans les échanges. Brigitte Adame a présenté des chiffres en forte hausse : plus de 5 500 informations préoccupantes recensées en 2022, près de 7 500 en 2024, et plus de 8 000 en 2025, soit en moyenne vingt-deux situations signalées chaque jour. Elle a appelé à renforcer la prévention, le soutien à la parentalité et les moyens accordés aux associations spécialisées.

Philippe Naillet a consacré son intervention aux violences sexuelles et sexistes. Le député a d'abord adressé une pensée à la famille de la jeune Lyahna et à l'ensemble des victimes, avant de rappeler que son groupe parlementaire défend une loi intégrale élaborée avec près de 160 associations. Ce texte vise à améliorer la prise en charge des victimes, renforcer les signalements, former les professionnels et mieux couvrir des situations encore insuffisamment traitées : violences envers les personnes en situation de handicap, mariages forcés, certaines violences intrafamiliales et cyberviolences. Il a par ailleurs revendiqué la suppression de l'article premier du projet de loi porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. « Aucune loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne pourra produire ses effets sans moyens supplémentaires », a-t-il conclu.

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7 commentaires

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KékéSurf 13/06/2026 à 15:08

Les terres en friche dont parle Rafiki, ici à Saint-Leu on voit pareil côté littoral, des espaces qui pourraient produire local mais qui dorment. Et pendant ce temps le coût de la vie pèse sur les saisonniers de l'école, certains galèrent à se loger entre deux contrats. 52 000 en attente c'est pas des chiffres, c'est des gens réels.

H
Hugo Saline les bains 13/06/2026 à 15:00

@Vavangue, le problème des catalogues officiels inadaptés au terrain, ça me rappelle ce que j'entendais en Bretagne sur les variétés côtières. Mais là-bas y'a des structures de recherche agronomique locale qui travaillent là-dessus depuis vingt ans. À La Réunion, avec le CIRAD on a quand même une vraie carte à jouer, non ? La question c'est si la volonté politique suit.

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Kelly 13/06/2026 à 14:38

Ce que dit Ericka Bareigts sur les PEC, je le vis côté RH. Quand on perd un contrat aidé faute de renouvellement, c'est une personne en formation qu'on doit remercier alors qu'elle commençait vraiment à trouver ses marques. Et ça, ça ne se chiffre pas dans un tableau de bord ministériel. La vraie perte c'est souvent invisible : le temps passé à former, la relation de confiance construite, tout ça repart à zéro.

J
Jean-Marc 13/06/2026 à 13:17

Les Parcours Emploi Compétences, j'en ai eu deux dans mon entreprise. Franchement ça marchait, le gars apprenait le métier, moi j'avais une aide. On a arrêté parce que les dossiers sont devenus une usine à gaz et les délais de traitement absurdes. Avant de débloquer des crédits, faudrait d'abord simplifier les procédures parce que là on perd tout le monde en route.

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Vavangue 13/06/2026 à 13:10

La question des semences adaptées aux conditions tropicales, c'est mon combat depuis des années. Pour les plantes mellifères que j'utilise autour de mes ruches, i fo souvent se débrouiller seul parce que les catalogues officiels ne connaissent pas notre flore. Contente que la sénatrice en parle, mais j'espère que ça ne restera pas qu'une belle phrase.

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Rafiki 13/06/2026 à 13:07

Ce qui m'a retenu dans cette prise de parole, c'est la mention des terres en friche. Sur les sentiers du Mafate ou autour de Cilaos, on voit encore des anciens jardins créoles abandonnés, des terrasses taillées dans la roche qui ne produisent plus rien. Il y a quelque chose de triste là-dedans. Si la souveraineté alimentaire dont parle Audrey Bélim passe aussi par la remise en valeur de ces espaces, c'est une piste qui mérite vraiment d'être creusée, loin des grandes déclarations.

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Nadine Saint-Louis 13/06/2026 à 13:00

52 000 personnes en attente de logement, ça me fait penser à mes clients qui vivent à quatre dans un F2 et qui viennent faire leurs courses avec deux enfants dans les bras. Le logement c'est vraiment une urgence ici, pas un discours de conférence de presse.