Le gouvernement a tenu ce jeudi 11 juin une conférence de presse consacrée au risque d'ingérences étrangères dans la prochaine élection présidentielle. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué des « perspectives de menaces lourdes », estimant que « l'ensemble de la classe politique » pourrait être visé.
Lecornu a précisé que le risque d'ingérence « a été significatif sur les municipales, sans effet majeur », mais que ce précédent l'amène à redouter des menaces d'une autre ampleur pour la présidentielle. L'exécutif dit vouloir « identifier les risques » avant les échéances de 2027, qui pourraient également inclure des élections législatives.
Selon Franceinfo, quatre opérations d'ingérence issues de réseaux israéliens et pro-russes ont été détectées lors de scrutins récents en France. Le même média rapporte que l'exécutif considère Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne d'État russe RT et apparue dans des médias du groupe Vincent Bolloré, comme une « propagandiste » relayant « la désinformation du Kremlin ».
Le sujet n'est pas nouveau. Emmanuel Macron avait annoncé en avril un projet de loi sur les ingérences étrangères. Le chef de l'État avait lui-même été confronté à l'affaire des « MacronLeaks » durant la campagne de 2017.
D'après RFI, le Premier ministre espère qu'un texte faisant consensus pourra être examiné à l'automne, avec l'objectif d'une adoption avant le scrutin de 2027.


6 commentaires
Ce qui me questionne c'est la réaction humaine derrière tout ça. Si des opérations de désinformation ciblent « l'ensemble de la classe politique », ça veut dire que les gens qui travaillent dans ces partis, les permanents, les bénévoles, vont se retrouver exposés à des pressions qu'ils ne savent pas identifier. En entreprise on forme nos équipes à repérer le phishing, le stress test, la manipulation. Là on parle du même besoin à grande échelle, et j'entends pas parler de sensibilisation citoyenne, juste de textes de loi.
Comme dit Nadine, on a du concret à gérer. Moi sur mes chantiers j'essaie de recruter depuis six mois, j'arrive pas à trouver quelqu'un de fiable, et là on me sort une conférence de presse sur des réseaux pro-russes. Je dis pas que c'est faux, mais y'a un moment où on perd le fil entre ce qui nous touche vraiment et ce qui fait la une.
L'article mentionne un projet de loi espéré pour l'automne, ce qui est une bonne chose. Il faut tout de même rappeler qu'il existe déjà des dispositions dans le code électoral et dans la loi de 2018 sur la manipulation de l'information qui encadrent partiellement ces risques. La question n'est donc pas l'absence totale de cadre juridique, mais bien son renforcement et son effectivité concrète au moment des scrutins. Ce n'est pas un détail, car un texte nouveau qui fait doublon sans dents supplémentaires ne servira pas à grand chose.
2027, lé encore loin. Et puis, une loi sur les ingérences ça change quoi pour nous ici. Les poissons ils attendent pas qu'on vote pour bouger.
De mon temps, on savait pas tout ça, et les élections se passaient quand même. Quand y'a trop de fumée pour cacher le feu, c'est souvent qu'on veut pas qu'on regarde ailleurs.
Franchement, pendant qu'ils organisent des conférences de presse sur des ingérences qui viennent de l'autre bout du monde, mes clients ont la tête dans le guidon pour payer leurs fins de mois. Je veux bien croire que c'est important, mais on dirait que ces questions-là c'est pour un autre pays, pas pour le domoun qui pousse la porte de ma boutique le matin.