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Décarbonation à Mayotte : un élu défend l'écologie comme levier économique

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Décarbonation à Mayotte : un élu défend l'écologie comme levier économique

Crédit le journal de mayotte


Le président de la Communauté de communes de Petite-Terre, Charaffoudine Ramadani Toto, a défendu les 10 et 11 juin à Paris l'idée de faire de la transition écologique un levier de développement économique pour Mayotte. Il intervenait aux Assises internationales des territoires d'activités durables, organisées par l'Association PALME.

Face aux représentants des collectivités et du monde économique, l'élu mahorais a posé la décarbonation comme une priorité à la fois économique et environnementale. « Dans les territoires ultramarins, la décarbonation n'est pas seulement une ambition environnementale. C'est une stratégie de souveraineté économique, de création d'emplois et de résilience territoriale », a-t-il déclaré.

Son intervention a placé l'écologie industrielle et territoriale au centre du propos — une démarche qui vise à créer des synergies entre collectivités, entreprises et acteurs économiques pour mieux valoriser les ressources locales et réduire les dépendances extérieures. Mayotte reste fortement tributaire des importations, connaît une croissance démographique soutenue et subit déjà les effets du changement climatique.

Sur le plan institutionnel, les cinq établissements publics de coopération intercommunale de l'île, qui compte 17 communes et près de 329 000 habitants, se sont engagés dans le programme « Territoire d'Industrie ». Plusieurs filières ont été identifiées comme prioritaires : agriculture et agroalimentaire, économie bleue, énergies renouvelables, valorisation des ressources locales, gestion et transformation des déchets. Le développement de nouvelles zones d'activités économiques figure aussi parmi les objectifs annoncés.

L'intervention avait également une dimension politique. Charaffoudine Ramadani Toto a plaidé pour que les dispositifs nationaux de financement soient mieux adaptés aux réalités des territoires ultramarins. « Les Outre-mer peuvent devenir de véritables laboratoires de l'innovation écologique française », a-t-il affirmé.

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9 commentaires

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R
Rafiki 12/06/2026 à 14:18

Ce que dit cet élu sur les "laboratoires de l'innovation écologique", je le vis un peu chaque semaine dans les cirques avec mes groupes. Les randonneurs qui viennent chez nous cherchent exactement ça : un territoire qui préserve, qui valorise, qui ne ressemble pas au reste. Le jour où Mayotte, La Réunion ou la Guyane seront vraiment accompagnées pour monétiser cette singularité sans la détruire, on aura gagné quelque chose. Mais ça demande des financements taillés pour l'ultramarin, pas des dispositifs copiés-collés de l'Hexagone.

L
Lulu 12/06/2026 à 14:13

Moi ce qui me parle là-dedans c'est la filière agroalimentaire. Parce que sur mon food truck je galère à trouver des produits locaux à prix correct, et ça lé pa fasil de tenir quand le rhum de cuisine vient de métropole et la vanille aussi. Si cette transition écologique peut faire baisser les dépendances aux importations pour nous les petits commerces, je signe tout de suite.

V
Vavangue 12/06/2026 à 13:28

@Polo, c'est exactement ma question aussi. Parce que "valoriser les ressources locales" c'est joli sur le papier, mais si derrière y'a pas un vrai filet pour les petits producteurs, ça finit comme d'habitude : les grandes structures captent les financements et les artisans se débrouillent seuls. Moi j'ai mis des années à stabiliser mes ruches et trouver des débouchés sans passer par la grande distribution, et lé pa fasil. Ce que j'espère c'est que ces filières agroalimentaires qu'ils identifient incluent vraiment les gens qui travaillent à petite échelle, pas juste les entreprises qui ont déjà les moyens de répondre aux appels d'offres.

M
Marie 12/06/2026 à 12:24

Ce que fait cet élu c'est exactement le bon raisonnement : l'écologie crée des emplois, et des emplois c'est des familles qui vivent. Concrètement, c'est ça qui compte.

P
Polo 12/06/2026 à 12:09

Ce qui m'intéresse dans tout ça c'est la filière agriculture et agroalimentaire qu'ils citent. Parce que quand on parle de valoriser les ressources locales, j'espère que derrière y'a un vrai accompagnement pour les artisans et les producteurs, pas juste des grandes structures qui raflent les marchés. Ici à La Réunion on connaît le problème, la grande distribution écrase les prix et les fournisseurs locaux ont du mal à tenir. Si Mayotte part sur ce chemin-là, i fo qu'ils blindent les circuits courts dès le départ, sinon c'est les mêmes qui gagneront.

M
Marie-Hélène 12/06/2026 à 10:16

Ce que dit cet élu rejoint des travaux assez documentés sur l'écologie industrielle et territoriale, notamment les recherches de Sabine Barles sur le métabolisme urbain des territoires en tension démographique. Ce qui est intéressant ici c'est que Mayotte cumule trois contraintes rarement réunies au même endroit : forte croissance de population, dépendance aux importations et vulnérabilité climatique avérée. Si le programme Territoire d'Industrie s'y déploie sérieusement, avec des évaluations indépendantes, ce pourrait être un cas d'étude utile pour tous les territoires ultramarins, y compris La Réunion.

P
Patrick974 12/06/2026 à 10:15

La formule "laboratoires de l'innovation écologique" est séduisante, mais il faut regarder les chiffres de près. Les Outre-mer concentrent des surcoûts structurels considérables, notamment en matière d'énergie et de logistique, ce qui rend l'équation économique de la décarbonation bien plus complexe qu'en métropole. La vraie question, c'est : est-ce que les dispositifs nationaux de financement seront effectivement adaptés, ou est-ce qu'on va encore appliquer des critères conçus pour des territoires hexagonaux à des réalités qui n'ont rien à voir ? Ce plaidoyer à Paris est utile, mais le suivi sur le terrain, ça lé pa fasil.

M
Mamie Câline 12/06/2026 à 10:06

C'est une belle idée que la transition écologique puisse créer des emplois là-bas. On parle souvent des grandes villes, mais dans les endroits isolés comme ici à Cilaos, on sait ce que c'est de dépendre des importations pour presque tout. J'espère que ces filières agroalimentaires dont il parle pourront vraiment profiter aux petites gens du territoire, pas seulement aux grosses entreprises.

J
JeanFrak 12/06/2026 à 10:04

Le discours sur l'écologie industrielle et territoriale, c'est bien, mais concrètement à Mayotte on parle de zones d'activités économiques nouvelles. Et là j'aimerais qu'on nous dise à quoi elles ressembleront, parce qu'on a vu trop de ZAE bétonnées à la va-vite dans les DOM sans aucune réflexion sur l'intégration paysagère ou la gestion des eaux pluviales. La décarbonation comme vitrine, et derrière des hangars en tôle posés n'importe où, ça ne serait pas la première fois.