La visite de Laurent Virapoullé au siège de la Cirest, ce matin, a tourné court. L'élu de l'opposition saint-andréenne s'était présenté avec des viennoiseries pour les agents, accompagné de deux personnes dont un autre élu de l'opposition. Le président de l'intercommunalité, Joé Bédier, est intervenu pour lui demander de partir, avec l'appui de la police municipale de Saint-Benoît.
Contacté peu après son départ, Laurent Virapoullé dit avoir voulu « simplement aller à la rencontre des agents dans un moment convivial ». « Beaucoup ne me connaissent pas et je ne les connais pas non plus. Mon but était simplement d'échanger avec eux et de partager un moment convivial », explique-t-il. L'élu assure avoir obtenu au préalable l'accord du cabinet pour intervenir dans un seul bâtiment, et nie toute intention politique. « Il n'y avait aucune volonté de défiance ou de provocation de ma part », dit-il.
L'exécutif voit les choses autrement. Le chef de cabinet, Stéphane Selly, parle davantage d'« une provocation et d'une campagne déguisée » et conteste avoir donné son feu vert, « en sachant que cette intervention allait créer des tensions compte tenu du contexte ». Un cadre de l'EPCI accuse de son côté l'élu d'avoir « organisé un commando pour faire le buzz et se présenter ensuite en victime ».
L'échange, décrit comme « vif » selon nos informations, aurait été houleux. Joé Bédier aurait reproché à Laurent Virapoullé un « achat de conscience ». L'élu rapporte des propos plus directs : « Il m'a traité de fou et de malade. » Il indique avoir quitté les locaux sans attendre, tout en affirmant agir dans le cadre de ses droits de conseiller communautaire à la Cirest.
L'incident survient quelques jours après une autre polémique : une visite de Laurent Virapoullé à l'EHPAD communal de Saint-André. La mairie et le Centre communal d'action sociale (CCAS) avaient annoncé avoir saisi les autorités, estimant que l'élu s'était présenté sans autorisation dans un établissement accueillant des personnes âgées dépendantes. L'intéressé avait contesté cette version, expliquant avoir répondu à un appel aux dons de livres lancé par le personnel. Interrogé sur ce dossier à l'occasion de la visite à la Cirest, il a réaffirmé : « Aucun délit n'a été commis. »


6 commentaires
@David, exactement ! Moi si quelqu'un rapplique dans mon food truck avec ses croissants pour « rencontrer mon équipe », je lui dis d'aller vendre ses salades ailleurs. Peu importe que ce soit un élu, un voisin ou le président de la République, les affaires des domoun c'est pas une scène pour faire son cinéma. Virapoullé il savait très bien que ça allait faire du bruit, les viennoiseries c'était juste le décor.
@Jean-Claude B., ton passager a raison, y'a des gens gênés et c'est logique. Moi si quelqu'un débarque dans mon restau avec des croissants pour « rencontrer mon équipe » sans me prévenir, je le mets dehors aussi, peu importe ses intentions. C'est une question de respect du lieu et de celui qui en est responsable.
Ce qui est intéressant ici, c'est moins l'incident lui-même que la question de droit soulevée. Un conseiller communautaire a-t-il un droit d'accès aux locaux et agents de l'EPCI auquel il appartient, et si oui dans quelles conditions ? La réponse conditionne qui a réellement tort dans cette affaire. Virapoullé invoque ses droits d'élu, l'exécutif parle de provocation, mais sans cadre juridique clair personne ne tranche vraiment. Ce serait utile que la rédaction creuse ce point précis plutôt que de s'en tenir à la polémique de surface.
Un "commando de croissants", j'ai rarement vu ça.
J'ai eu un passager ce matin qui travaille par là-bas, il m'a dit que tout le monde en parlait dans les couloirs. Y'en a qui trouvaient ça marrant, d'autres qui étaient gênés d'être au milieu. Moi j'dis, quand on arrive avec des viennoiseries chez les gens sans vraiment être invité, i fo pas s'étonner qu'on vous demande de repartir avec.
Venir avec des viennoiseries pour rencontrer des agents dans une intercommunalité adverse, c'est soit un move de com' très mal calibré, soit un coup calculé pour faire exactement ce qui s'est passé. Dans les deux cas, la vidéo ou le récit va tourner, et là c'est Virapoullé qui maîtrise le narrative. Bédier aurait peut-être mieux fait de le laisser distribuer ses croissants en silence.