Le Syndicat Général des Travailleurs des Ports de Mayotte (SGTPM-CGT Mayotte) a lancé jeudi 11 juin 2026 un ultimatum aux élus mahorais : sans prise de position publique sur la gouvernance du port de Longoni avant le 1er septembre 2026, le syndicat déclenchera une mobilisation pouvant aller jusqu'au blocage des activités portuaires, en coordination avec la Fédération Nationale des Ports et Docks CGT.
Cette date butoir est celle fixée par le tribunal administratif de Bordeaux, qui doit mettre fin à une gestion jugée « contraire à l'intérêt général ». Deux scénarios sont envisagés pour l'avenir du port : sa transformation en Grand Port Maritime, sur le modèle des grands ports métropolitains, ou l'attribution du statut d'Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).
Le syndicat, qui représente les salariés des entreprises MCG, Manuport, CMAT, Pilotage, Boluda, Sigma et Somagaz, dit constater « avec stupéfaction le silence, l'inaction ou les prises de position insuffisantes de nombreux responsables politiques du territoire ». Une attitude que l'organisation juge susceptible d'être interprétée « comme un abandon de responsabilité face à un enjeu majeur ».
Le SGTPM-CGT Mayotte souhaite que le port « demeure une infrastructure mahoraise, au service du territoire et de son développement » et appelle les élus à se prononcer publiquement sur l'avenir de la gouvernance portuaire, en faveur du statut EPIC, avant le 1er septembre 2026.
La tension est d'autant plus vive que, lors de la dernière assemblée plénière, le rapport consacré à la gouvernance portuaire avait été retiré de l'ordre du jour.


5 commentaires
Un ultimatum au 1er septembre, c'est dans moins de trois mois. Alé, les élus vont pas pouvoir faire semblant de ne pas voir.
Je suis un peu surpris que l'article ne précise pas quelle est la gestion actuelle qui serait "contraire à l'intérêt général" selon le tribunal. C'est quand même le coeur du problème, non ? Entre l'EPIC et le Grand Port Maritime y'a des différences de gouvernance et de financement assez importantes, ça aurait mérité au moins une ligne d'explication.
Ce qui me frappe c'est ce passage sur le rapport retiré de l'ordre du jour lors de la plénière. On retire un sujet aussi crucial de l'agenda et on s'étonne ensuite que les syndicats haussent le ton ? L'EPIC ou le Grand Port Maritime c'est un choix structurant pour des décennies, les domoun méritent que leurs élus en débattent publiquement, pas que ça disparaisse dans un tiroir. Lé pa fasil de faire confiance aux institutions quand elles procèdent comme ça.
Un blocage portuaire à Mayotte ça voudrait dire quoi concrètement, plus de marchandises qui rentrent pendant combien de temps ? Parce que c'est une île, hein, c'est pas comme bloquer une autoroute en métropole où y'a d'autres routes.
C'est loin de chez nous tout ça, Mayotte c'est pas La Réunion, mais on comprend bien que quand un port est mal géré c'est toute une île qui en pâtit. Ici dans le cirque on le sait, quand les routes sont coupées et qu'on peut plus faire passer nos légumes en bas, c'est toute la famille qui trinque. Les élus qui gardent le silence face à ça, ça décourage vraiment.