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LODEOM à Mayotte : les entreprises dénoncent des écarts avec la Guyane

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LODEOM à Mayotte : les entreprises dénoncent des écarts avec la Guyane

Crédit le journal de mayotte


Des organisations économiques de Mayotte ont publié un communiqué commun pour alerter sur les conditions d'application de la loi pour le développement économique des outre-mer (LODEOM) dans l'île, à compter du 1er juillet 2026.

Le texte identifie une accumulation de facteurs qui pèse sur le coût du travail : fin du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, convergence du salaire minimum et entrée en vigueur de nombreuses conventions collectives. Le tout intervient alors que les entreprises mahoraises consacrent leurs ressources à la reconstruction après le cyclone Chido.

Sur le fond du dispositif, les signataires pointent deux écarts entre Mayotte et la Guyane. Le périmètre des entreprises éligibles au régime de compétitivité renforcée est plus restreint à Mayotte. Le plafond d'exonération, fixé par le décret du 11 février 2026, y est établi à 2 264 euros, contre 5 469 euros en Guyane. « La correction attendue est donc double, le périmètre et le plafond », écrivent-ils.

Les organisations demandent que le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 intègre trois mesures : l'extension à Mayotte du périmètre du régime renforcé, son ouverture à l'ensemble des secteurs pour les entreprises éligibles par leur taille, et l'accélération de la convergence de la réduction générale. « Cette correction présente l'avantage d'être immédiatement mobilisable, au service de l'activité, de l'emploi déclaré et de la reconstruction », font-ils valoir.

Le communiqué est signé par la CCI, la CPME, la CMA, l'UMIH, l'UMM, la Fédération de l'habillement, le Medef, l'U2P, la CAPEB, l'AIM et la FMBTP.

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9 commentaires

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P
PtiBatik 11/06/2026 à 11:31

Sandrine a mis le doigt dessus avec ses chiffres. Pour moi qui travaille le tissu, qui achète mes teintures, qui forme des petites mains locales pour faire vivre un savoir-faire, ce genre d'écart c'est pas une ligne comptable abstraite, c'est la couleur que je vais pas pouvoir acheter le mois prochain. L'artisanat créole mérite mieux que d'être traité comme une variable d'ajustement dans des décrets rédigés loin du péi.

B
Bichik 11/06/2026 à 10:39

Quand on voit toutes ces organisations signer ensemble, ça rappelle des mobilisations qu'on n'a pas vues souvent. L'unité, c'est rare.

H
Hugo Saline les bains 11/06/2026 à 10:08

Ce qui m'interpelle, c'est qu'en Bretagne ou en Pays de la Loire, quand un territoire sort d'une catastrophe naturelle ou d'une crise industrielle lourde, les textes d'accompagnement sont en général calés sur la réalité du terrain avant d'entrer en vigueur. Là on parle d'un territoire encore en reconstruction après Chido, et les paramètres de la LODEOM ne semblent pas avoir été ajustés en conséquence. L'écart avec la Guyane n'est peut-être pas intentionnel, mais il aurait dû sauter aux yeux d'un rédacteur de décret attentif. Je me demande si les organisations signataires ont un interlocuteur identifié à Paris qui suit vraiment ce dossier, ou si tout passe par du lobbying dispersé.

K
KékéSurf 11/06/2026 à 09:38

@Pti-Louis, exactement ce que je ressens. Moi j'ai des moniteurs saisonniers, des extras pour les pics de fréquentation, et chaque fois qu'un nouveau texte tombe on repart de zéro pour comprendre ce qu'on doit payer. Pour les gars de Mayotte qui relèvent la tête après Chido, empiler des charges nouvelles là-dessus c'est vraiment harsh.

M
Maéva 11/06/2026 à 08:21

Ce qui me parle dans cet article c'est la notion de coût du travail cumulé. Quand tu lances une activité e-commerce et que tu essaies de recruter localement pour la logistique ou le service client, chaque point de charge en plus c'est un arbitrage douloureux entre embauche et externalisation. Les organisations à Mayotte ont bien fait de formuler une demande précise sur trois points, c'est beaucoup plus efficace qu'un communiqué vague pour peser sur un projet de loi de financement.

Z
Zilo 11/06/2026 à 08:16

Sérieusement, comment on arrive à des écarts pareils entre deux territoires qui ont le même statut RUP ? J'ai l'impression que chaque département d'outre-mer est traité comme un cas isolé alors qu'on pourrait avoir une vraie base de données comparative et des règles harmonisées. C'est basique comme approche mais visiblement ça n'existe pas.

P
Pti-Louis 11/06/2026 à 08:12

Reconstruit après un cyclone, et en même temps tu dois gérer une convergence de conventions collectives que t'as pas choisie. Y'a des moments où on se demande si ceux qui écrivent les textes ont déjà tenu un commerce de leurs mains.

N
Nadine Saint-Louis 11/06/2026 à 08:06

On parle de Mayotte mais au fond la question elle concerne tous les petits commerces des outre-mer. Nous ici à Saint-Louis, on subit le même genre d'inégalités de traitement, on remplit les mêmes formulaires, on paie les mêmes cotisations, et au final les règles du jeu lé pa fasil pareilles selon où tu te trouves. J'espère qu'ils vont vraiment pousser ce dossier jusqu'au PLFSS 2027 et pas juste laisser ça traîner.

S
Sandrine 11/06/2026 à 08:04

L'écart de plafond est frappant : 2 264 euros contre 5 469 euros en Guyane, ça fait presque 2,4 fois moins. Pour un chef d'entreprise qui essaie de garder la tête hors de l'eau après Chido, cette différence se traduit directement en charges sociales non allégées sur les salaires au-dessus du plancher. Je me demande sur quelle base technique ce plafond a été fixé dans le décret de février, parce qu'aucune justification n'est avancée dans ce qui a été publié.