L'Association des maires départementalistes de La Réunion, présidée par Olivier Rivière, a publié un communiqué en réaction aux propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting à Saint-Denis, en métropole. Le leader de La France insoumise y avait réaffirmé son soutien à « l'autonomie étendue » de la Corse, à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie et au « droit complet à l'autonomie » pour les territoires ultramarins qui le souhaiteraient.
Le ton est donné dès le titre : « La République ne se négocie pas, elle se défend ! » Les élus signataires estiment que ces déclarations révèlent « le vrai visage de son projet politique : celui de la division, de la fragmentation et de l'abandon des territoires ultramarins ».
L'association reproche au leader de La France insoumise d'« ouvrir clairement la voie à l'autonomie, y compris pour les départements d'outre-mer comme La Réunion » et de « piétiner les valeurs fondamentales de la République » tout en « méprisant l'attachement profond des Réunionnais à la France ».
Les maires départementalistes rappellent que « les référendums en Nouvelle-Calédonie ont parlé » et que « les sondages à La Réunion parlent » eux aussi. Ils affirment que « les ultramarins veulent rester français » et entendent construire leur avenir « dans le cadre de la République, avec ses principes d'égalité, de solidarité et de fraternité ». L'association se présente comme « les garants de l'unité nationale sur notre île » et « les défenseurs du lien indéfectible qui unit La Réunion à la France ».
Le communiqué réaffirme trois priorités : « respecter la volonté démocratique » des Réunionnais, « défendre l'unité de la République » et « garantir la stabilité de la Nation ». Il se conclut par un appel signé Olivier Rivière : « Nous appelons solennellement l'État, le gouvernement et tous les républicains de bonne volonté à se mobiliser contre ces dérives séparatistes. La République ne se négocie pas, elle se défend. Et nous, nous la défendrons avec force et conviction. »
Cette prise de position fait suite à celle du Rassemblement national, qui avait lui aussi réagi aux déclarations du leader de La France insoumise sur le statut des territoires ultramarins.


7 commentaires
Comme dit Tom de l'Étang, l'incertitude crée de l'anxiété, et je le vois aussi dans mon activité. Mais je crois qu'on peut transformer cette énergie collective en quelque chose de constructif. Ce qui m'interpelle dans tout ça, c'est que derrière le débat institutionnel, il y a une vraie question d'identité et d'appartenance, et ça, ça mérite d'être entendu avec bienveillance, même quand on n'est pas d'accord sur les solutions.
@Margaux, c'est normal que vous compreniez mieux en vivant ici. Ce débat-là, ma fille, il est vieux comme moi. Et moi j'ai vu passer bien des gens depuis la métropole qui venaient nous expliquer ce que nous voulions. Les Réunionnais, ils savent très bien ce qu'ils veulent, c'est juste que tout le monde fait semblant de ne pas entendre.
Ce qui me frappe dans ces débats, c'est que les gens qui proposent des grands changements institutionnels ne parlent jamais des conséquences concrètes pour les salariés. Un changement de statut, ça veut dire quoi pour le droit du travail, pour les conventions collectives, pour les primes de vie chère ? Dans une PME comme la nôtre, l'incertitude réglementaire ça bloque les recrutements. Les gérants n'embauchent pas quand ils ne savent pas sur quel cadre légal ils vont travailler demain.
Moi j'ai passé ma vie sur l'eau, et une chose que la mer m'a apprise c'est que quand le courant tire trop fort d'un côté, i fo savoir où on veut aller avant de larguer les amarres. Ces histoires d'autonomie, ça revient comme les saisons, mais le péi-la a toujours su où il se trouve. Les vieux du Sud le disent depuis longtemps, et les jeunes aussi le savent.
Les mêmes débats depuis cinquante ans, et à chaque fois les Réunionnais répondent la même chose.
Honnêtement, depuis qu'on s'est installés ici, on entend souvent parler de ce sujet autour de nous, l'autonomie, le statut de l'île. Je comprends mieux maintenant pourquoi ça touche autant les gens. En métropole on n'a pas vraiment conscience de cet attachement très fort à rester dans le cadre de la République. C'est quelque chose qu'on apprend à mesurer une fois qu'on est là.
Sujet un peu éloigné de mes lectures habituelles ici, mais je remarque que ces débats sur l'avenir institutionnel créent une vraie anxiété chez beaucoup de mes patients indépendants. L'incertitude politique, c'est un facteur de stress sous-estimé pour ceux qui ont pris des risques pour monter leur activité. Quand on sait pas de quoi demain est fait administrativement, ça pèse sur les décisions d'investissement, et derrière, sur la santé.