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Canne à La Réunion : la CGPER dénonce un déficit de 2,3 M€ au CTICS

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Canne à La Réunion : la CGPER dénonce un déficit de 2,3 M€ au CTICS

Filière canne : la CGPER alerte sur une crise de trésorerie qui menace les aides aux planteurs - Crédit Zinfos974 - Société


Près de 7 millions d'euros financés par l'interprofession cannière, et seulement 80 000 euros récupérés à ce jour. C'est le déséquilibre que dénonce la CGPER dans une tribune publiée vendredi, qualifiant la situation de « critique » pour le Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) et le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS).

Le syndicat agricole pointe les retards accumulés sur la plateforme informatique Europac, pilotée par le Département, qui n'aurait été pleinement opérationnelle qu'en mars 2026. Plus de 1 000 dossiers de plantation seraient ainsi en attente depuis 2023. Les équipes du CTICS seraient prêtes à les traiter, mais resteraient bloquées faute des notifications administratives nécessaires pour déclencher les remboursements de l'Agence de services et de paiement (ASP). Le CTICS affiche un déficit de trésorerie proche de 2,3 millions d'euros, et les lignes bancaires de l'interprofession sont saturées, rendant tout nouveau décaissement impossible.

Le Département a bien accordé deux avances successives — un million d'euros dans un premier temps, puis 1,5 million supplémentaire — mais la CGPER juge ces soutiens insuffisants pour régler le problème de fond. Le CPCS devra rembourser ces 2,5 millions d'euros dans un an, alors que les versements de l'ASP se font toujours attendre. Un « effet de ciseau » financier, selon le syndicat, qu'aggravent des blocages persistants autour de la convention liant le CPCS et le CTICS, empêchant la clôture des comptes 2025 du centre technique.

À l'approche d'un renouvellement de la gouvernance du CPCS, la CGPER adresse trois demandes au Département : renforcer les effectifs chargés du traitement des dossiers, prendre en charge les coûts financiers générés par les retards administratifs, et adapter le calendrier de remboursement des avances au rythme réel des versements de l'ASP. Le syndicat rappelle que les planteurs ont déjà engagé les investissements liés au renouvellement de leurs parcelles, et demande à l'État, au Département et aux partenaires de la filière d'en tenir compte dans leurs délais administratifs.

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4 commentaires

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A
Alex 30/05/2026 à 15:17

La tribune de la CGPER pointe Europac et le Département, mais j'aimerais comprendre pourquoi une plateforme censée être opérationnelle depuis quand exactement n'est prête qu'en mars 2026. Qui a signé les marchés, avec quels délais contractuels, et y a-t-il des pénalités de retard prévues ? Parce que si la réponse est non, on va juste répéter la même chose dans cinq ans avec un autre outil.

H
Hugo Saline les bains 30/05/2026 à 15:11

Ce qu'ils décrivent comme un 'effet de ciseau', c'est un classique des financements européens décalés par rapport aux engagements des bénéficiaires. J'avais vu ça dans le secteur maritime en Bretagne, des structures qui avançaient des fonds sur leurs lignes de crédit en attendant les remboursements FEAMP, et qui se retrouvaient étranglées. La différence ici c'est que la plateforme Europac semble être le goulot d'étranglement principal, ce qui est quand même un problème de gouvernance évitable. 1000 dossiers en attente depuis 2023, lé pa fasil pour les planteurs qui ont déjà mis la main à la poche.

M
Mémé Marthe 30/05/2026 à 15:07

Le planteur, i plante. L'administration, elle attend. C'est pas nouveau.

M
Margaux 30/05/2026 à 15:00

Je ne connaissais pas vraiment la filière canne avant d'arriver ici, et cet article m'apprend beaucoup. Est-ce que ce genre de retard sur les plateformes informatiques publiques est courant à La Réunion, ou c'est plutôt exceptionnel ? En métropole on entend souvent parler de dossiers bloqués par l'administration mais rarement sur des montants pareils pour des agriculteurs déjà engagés dans leurs investissements.