À Moscou, le Premier ministre malgache Mamitiana Rajaonarison a annoncé la signature prochaine d'un accord portant sur la création d'une zone économique commune avec la Russie, ainsi que le développement d'infrastructures de stockage d'hydrocarbures à Madagascar. Ces annonces ont été faites en marge de la Conférence internationale sur la sécurité, où le chef du gouvernement représentait Antananarivo.
Sur le volet énergétique, les discussions avec Moscou portent sur le renforcement des capacités de stockage de produits pétroliers à Madagascar. L'Office malgache des hydrocarbures a récemment évoqué la constitution de stocks stratégiques pour limiter l'exposition du pays aux ruptures d'approvisionnement liées aux tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Le rapprochement avec la Russie répond à cette même logique.
La coopération dépasse le seul cadre économique. Rajaonarison a rencontré Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité russe. Les discussions ont abordé des programmes de formation militaire pour les forces armées malgaches, mais aussi des partenariats dans l'enseignement supérieur, la recherche scientifique et l'agriculture.
Ce rapprochement s'est accéléré depuis l'arrivée au pouvoir du président de la transition Michaël Randrianirina en octobre 2025. Une visite officielle à Moscou avait déjà eu lieu en février dernier. Énergie, infrastructures, ressources minières : plusieurs secteurs sont désormais au cœur des négociations bilatérales.


6 commentaires
Le terme "zone économique commune" mérite qu'on s'y attarde, parce que ça recouvre des réalités très différentes selon le cadre juridique choisi. On est probablement sur quelque chose qui ressemble à une zone de libre-échange bilatérale ou une zone franche dédiée, pas une union douanière au sens strict. La nuance compte, parce que les obligations et les protections pour les investisseurs ne sont pas les mêmes. Ce qui m'intéresse surtout, c'est de savoir si un traité de protection des investissements a été signé en parallèle, ou si les entreprises qui s'implantent là-bas le font sans filet juridique réel.
Comme dit Pti-Louis, c'est vrai que ça semble loin de nous... mais côté tourisme je me demande si ce genre d'accord peut changer quelque chose pour les liaisons avec Madagascar. On a des clients au gîte qui viennent de La Réunion et qui passent souvent par Mada pour des séjours combinés. Si l'instabilité géopolitique s'installe là-bas, ça peut refroidir les voyageurs, non ? En métropole on n'aurait peut-être pas fait le lien aussi vite, mais ici on réalise que la région c'est un tout.
Ce qui est intéressant c'est la vitesse du rapprochement depuis octobre 2025, une visite en février et déjà des accords en vue. En communication on appelle ça un pivot stratégique assumé. Et ça va faire réagir Paris et Bruxelles, c'est sûr. Ça mérite qu'on suive ce dossier de près, surtout côté ressources minières.
C'est des grands mots, des zones économiques, des accords militaires... Moi à Cilaos je regarde ça à la télé et j'essaie de comprendre ce que ça va changer pour les petites gens. La Russie est loin, Madagascar aussi. Mais je sais que quand les prix du pétrole bougent, même ici dans les hauts on le sent sur notre bouteille de gaz. Alors peut-être que c'est pas si étranger à notre quotidien que ça y paraît.
La Russie, Madagascar, tout ça lé bien loin. Les gens qui décident signent des papiers à Moscou, et les pêcheurs eux continuent à chercher le carburant pour sortir en mer.
Je vois pas trop le rapport avec nous ici, mais sur l'hydrocarbure je comprends l'idée. Quand le prix du gasoil flambe, c'est direct sur ma facture de transport depuis l'abattoir. Madagascar essaie de sécuriser ses stocks, logique. Nous on attend toujours que quelqu'un pense à sécuriser les filières locales plutôt que de remplir les rayons avec de la viande importée à pas cher.