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France à la tête de la COI : Mayotte ravive les tensions avec les Comores

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France à la tête de la COI : Mayotte ravive les tensions avec les Comores

COI : la présidence française ravive les tensions autour de Mayotte - Crédit Zinfos974 - Politique


Le 8 juin prochain à Moroni, la France prend la présidence tournante de la Commission de l'océan Indien (COI), succédant aux Comores lors du 40e Conseil des ministres de l'organisation. La passation se déroule dans un climat diplomatique tendu, avec en toile de fond la question du statut de Mayotte — département français depuis 2011, mais toujours revendiqué par Moroni.

C'est la ministre déléguée à la Francophonie, Éléonore Caroit, qui conduira la délégation française. Derrière le protocole, le désaccord de fond entre Paris et les Comores reste entier. Depuis plusieurs mois, la France affiche sa volonté d'intégrer davantage Mayotte dans les mécanismes régionaux de coopération. Le président comorien Azali Assoumani y voit une ligne rouge, réaffirmant régulièrement que l'île fait partie du territoire national comorien.

Le sujet avait déjà crispé les relations lors du sommet des chefs d'État de la COI d'avril 2025 à Antananarivo. Emmanuel Macron y avait plaidé pour que Mayotte et La Réunion « occupent toute leur place » dans les programmes de l'organisation. Moroni avait aussitôt dénoncé ces propos, y lisant une remise en cause du droit international. Deux lectures s'affrontent : Paris invoque le principe d'autodétermination et les votes répétés des Mahorais depuis les années 1970 ; les Comores s'appuient sur l'intangibilité des frontières héritées de la décolonisation, position soutenue par l'Union africaine et plusieurs résolutions onusiennes.

La Russie observe. Selon Africa Intelligence, Moscou chercherait à exploiter les différends territoriaux de l'océan Indien pour y asseoir son influence. Le Kremlin a soutenu la revendication malgache sur les îles Éparses, et l'ouverture annoncée d'une représentation diplomatique russe aux Comores alimente les spéculations sur un rapprochement entre Moroni et Moscou — et, par extension, sur un éventuel appui russe aux positions comoriennes sur Mayotte.

La présidence française s'ouvre dans un environnement régional où les contentieux territoriaux s'accumulent : Maurice réclame Tromelin, Madagascar les îles Éparses. La COI elle-même traverse une période de transition après le départ anticipé de son secrétaire général malgache, remplacé à titre provisoire par Ibrahim Norbert Richard. Concilier coopération régionale et tensions bilatérales sera, dès le premier jour, la contrainte centrale de cette présidence.

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8 commentaires

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R
Roselyne 29/05/2026 à 13:20

Tout ça se passe loin de Salazie, mais on finit toujours par en sentir les effets d'une façon ou d'une autre. La saison des pluies a déjà compliqué nos récoltes de chouchous cette année, et si en plus les tensions dans la région bloquent les échanges avec les îles voisines, les familles des hauts elles s'en sortent encore moins bien. On a besoin de calme pour travailler, pas d'ankor des histoires de frontières que les politiques règlent jamais vraiment.

M
Maéva 29/05/2026 à 12:25

@Karambole, tu touches à quelque chose de concret. Moi c'est le cosmétique local, pas l'agri, mais la logistique régionale c'est pareil : dès que les relations se tendent, les délais explosent et les partenariats potentiels se bloquent. J'avais commencé à prospecter des distributeurs à Mayotte et à Maurice l'an dernier, et franchement le contexte politique te ferme des portes avant même qu'on parle produit. Une présidence française à la COI, si elle est bien gérée, ça pourrait au contraire ouvrir des corridors commerciaux intéressants pour les petits e-commerces comme le mien. Mais faut que ce soit du concret, pas juste du protocole.

P
Patrick974 29/05/2026 à 11:21

@Fifi430, tu soulèves un point juridique important, et il faut aller un peu plus loin. Derrière le débat sur la valeur contraignante des résolutions onusiennes, il y a une réalité économique que personne ne mentionne : Mayotte représente un territoire avec des besoins d'investissement considérables, et son intégration dans les mécanismes de la COI ouvre potentiellement des financements régionaux. La France a tout intérêt à formaliser cette inclusion, pas seulement pour des raisons politiques. La vraie question est de savoir si Moroni calcule le coût réel de cette crispation permanente sur ses propres perspectives de développement et de coopération.

T
TataYoyo 29/05/2026 à 10:36

@Lulu, tu as raison ma chérie, les gens d'en bas se comprennent toujours mieux que les politiques d'en haut. J'ai passé trente ans à soigner des Comoriens, des Mahorais, des Malgaches à la clinique, et je t'assure que sur un lit d'hôpital personne te demande de quelle île tu viens. Ce qui me fait de la peine, c'est que pendant qu'ils se chamaillent pour des frontières et des sièges de présidence, les familles de Mayotte attendent toujours des soins dignes de ce nom. Les domoun là-bas méritent mieux que d'être un argument dans des discours.

L
Lastron-Leïla 29/05/2026 à 09:55

Article intéressant mais j'aurais aimé plus de détails sur le rôle concret de la COI au quotidien. Beaucoup de gens du péi-la savent même pas ce que cette organisation fait vraiment pour eux. C'est quoi les programmes régionaux dont parle Macron exactement ?

L
Lulu 29/05/2026 à 09:39

Moscou qui lorgne sur l'océan Indien, ça me laisse pas indifférente. J'ai des clients comoriens qui viennent au food truck tous les samedis, des gens bien, et je vois pas pourquoi les politiques devraient tout compliquer entre nous. Les histoires de frontières c'est pour les grands, nous on essaie juste de vivre ensemble dans ce coin du monde.

K
Karambole 29/05/2026 à 09:24

Franchement ce genre de tensions diplomatiques, ça finit toujours par retomber sur les échanges agricoles dans la région. On essaie déjà de vendre nos produits bio hors de l'île, et chaque fois que le climat politique se crispe avec les voisins, les circuits de coopération régionale se bloquent. Le péi a tout intérêt à ce que la COI fonctionne bien, lé pa fasil de développer des filières quand les partenariats sont en suspens.

F
Fifi430 29/05/2026 à 09:02

Un point mérite d'être précisé : la position des Comores repose effectivement sur la résolution 3385 de l'Assemblée générale de l'ONU adoptée en 1975, mais cette résolution n'est pas contraignante en droit international. Elle relève du droit souple. Paris le sait très bien, et c'est précisément pourquoi la France continue de s'appuyer sur les consultations populaires mahoraises répétées depuis 1974. Le débat juridique est loin d'être tranché, contrairement à ce que laissent entendre les deux camps.