Le gouvernement a annoncé jeudi 28 mai plusieurs mesures d'urgence pour limiter l'impact de la hausse du gazole non routier (GNR) sur les exploitations agricoles. La préfecture de La Réunion a détaillé ces dispositions dans un communiqué, en réponse à la flambée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient.
Deux remboursements sont prévus. Le premier couvre les droits d'accise à hauteur de 3,86 centimes par litre pour le mois d'avril, pour un coût estimé à 14 millions d'euros à l'échelle nationale. Le second porte sur 15 centimes par litre pour le mois de mai, soit 53 millions d'euros supplémentaires. Ce taux sera maintenu jusqu'à fin août 2026.
Un prêt flash carburant vient compléter le dispositif. Accessible via BPI France, il s'adresse aux entreprises individuelles, TPE et PME des secteurs de l'agriculture, de la pêche et du transport, afin de soulager une trésorerie mise à mal par la hausse des charges énergétiques.
Les agriculteurs souhaitant déposer une demande peuvent consulter un guide pratique mis en ligne par la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF), ou se rapprocher de la Chambre d'agriculture pour un accompagnement dans leurs démarches.
La Réunion, comme les autres collectivités ultramarines, reste structurellement plus exposée que la métropole aux variations des marchés pétroliers, en raison des surcoûts liés à l'importation des carburants.


5 commentaires
On parle souvent de l'agriculture en termes de chiffres et de carburant, rarement de ce que ça représente concrètement pour les gens qui entretiennent nos paysages. Quand je randonne avec des touristes dans les hauts, c'est aussi le travail de ces agriculteurs qui façonne ce qu'ils viennent voir. La question énergétique lé pa fasil ici, avec les surcoûts d'importation, et les mesures annoncées restent modestes face à cette réalité structurelle.
Ce qui me frappe c'est que le prêt flash inclut aussi le secteur du transport, ce qui est cohérent puisque la hausse du GNR les touche directement eux aussi. Dans notre entreprise on a des chauffeurs de liaison et on a bien senti la pression sur les charges ce trimestre. Le remboursement de 15 centimes jusqu'en août 2026 c'est une visibilité correcte pour anticiper, au moins.
Mon cousin qui fait de la canne à Lo Tampon m'a appelé hier justement pour me parler de tout ça, il savait même pas que ce guide de la DAAF existait. Faudrait que ça soit mieux communiqué sur le terrain, parce que tout le monde n'a pas le réflexe d'aller chercher l'info en ligne.
La BPI France c'est bien sur le papier, mais concrètement quels sont les taux de ce prêt flash et les conditions d'éligibilité exactes ? L'article ne donne pas ces détails pourtant essentiels. Un agriculteur en difficulté de trésorerie va pas signer à l'aveugle.
Des remboursements sur le GNR, bien. Mais on attend toujours de voir si ça arrive vraiment dans les poches des petits exploitants ou si ça reste coincé dans les dossiers administratifs. Les domoun de la terre travaillent depuis des années avec des marges déjà comprimées, et à chaque crise on leur propose des rustines. Un prêt flash, c'est une dette supplémentaire, pas une solution structurelle.