Les Jeunes Agriculteurs de La Réunion ont posé un ultimatum : si les aides attendues ne sont pas versées d'ici mercredi prochain, le syndicat passera à l'action. Deux dispositifs sont dans le viseur — l'aide au transport de la canne à sucre (ATCL), due avant le 31 mai, et les aides du programme POSEI destinées aux filières animale et végétale.
« Les agriculteurs canniers n'ont plus de trésorerie », alerte Bryan Alaguirissamy, porte-voix du syndicat. Sur les exploitations, les fins de mois sont impossibles à boucler et l'attente de ces versements n'est plus tenable.
Le syndicat ne précise pas la nature des actions envisagées, mais le message aux pouvoirs publics et aux organismes concernés est sans ambiguïté : « Des solutions devront alors être trouvées pour soutenir les agriculteurs. » Une formulation volontairement ouverte, qui laisse planer la menace d'une mobilisation.
Cet avertissement arrive dans un contexte tendu. Le secteur agricole réunionnais subit depuis plusieurs mois une accumulation de pressions : hausse des charges, tensions de trésorerie chroniques, incertitudes sur l'avenir de certaines filières. Le versement de ces aides ne réglera pas tout — mais son retard aggrave une situation déjà fragile.


3 commentaires
On parle souvent des restaurateurs et des hôtels quand l'île va pas bien, mais les agriculteurs c'est toute la chaîne qui trinque. Sans les producteurs locaux, moi j'ai des menus vides et des clients qui rentrent déçus. J'espère que cette fois l'ultimatum sera pris au sérieux parce que ça fait trop longtemps qu'on entend les mêmes discours sans que ça bouge vraiment.
Moin j'ai connu l'attente des aides aussi, du côté pêche. Les promesses, les formulaires, et au final rien qui arrive à l'heure. Le péi-la lé comme ça depuis longtemps.
Ce qui m'inquiète, c'est l'état mental de ces agriculteurs qui attendent des versements depuis des mois sans visibilité. J'ai des patients indépendants qui décrivent exactement ça : le compte en banque vide, les charges qui tombent quand même, et l'impression que personne n'entend. À un moment, la trésorerie zéro ce n'est plus juste un problème financier, ça devient un problème de santé. Les signaux d'alerte du syndicat sont importants, mais j'espère que derrière les revendications collectives, les agriculteurs concernés ont aussi quelqu'un à qui parler individuellement.