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CPME Réunion : gel du Lodeom, loi-programme et délais de paiement

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CPME Réunion : gel du Lodeom, loi-programme et délais de paiement

Lodeom, loi programme, commande publique… La CPME Réunion veut remettre l’économie locale au centre du jeu - Crédit Zinfos974 - Société


La CPME Réunion hausse le ton. Alors que l'État envisage de revoir les dispositifs Lodeom et le régime d'aide fiscale à l'investissement productif (Rafip) — soit près de trois milliards d'euros cumulés —, son nouveau président Pascal Plante réclame un gel immédiat de toute réforme et appelle à l'adoption d'une loi-programme d'orientation économique d'ici 2027.

Élu il y a deux mois à la tête de l'organisation patronale, Pascal Plante ne mâche pas ses mots : « Ce n'est pas le moment de changer les choses. À un an de la présidentielle, une remise en cause sans projet n'a aucun sens. » La mission confiée à Philippe Leyssene, signée par quatre ministres, vise à identifier des pistes de simplification des dispositifs ultramarins. Pour la CPME, engager ce chantier maintenant, sans vision économique d'ensemble, fragiliserait des entreprises déjà sous pression.

L'organisation préfère attendre l'échéance présidentielle de 2027. « Il faut une loi-programme, une loi d'orientation. Il est plus intelligent d'attendre un nouveau président, une nouvelle Assemblée », avance Pascal Plante. Un cadre législatif stable, selon lui, favoriserait l'investissement structurel plutôt qu'un simple soutien ponctuel.

Autre dossier sur la table : les délais de paiement des collectivités. La CPME demande aux acheteurs publics réunionnais de les diviser par deux, dans la continuité des propositions nationales du « Réflexe PME » portées à l'occasion des municipales 2026. Paiement à 30 jours, accès élargi à la commande publique pour les petites structures locales — les revendications sont précises et chiffrées.

En parallèle, une nouvelle étude « Réelle » est en préparation, pilotée par Réunion Développement avec le soutien de la Région et des organisations patronales. La première version, datant de 2017, avait évalué à 4,4 milliards d'euros les « fuites économiques » entre consommation locale et production réunionnaise. Cette fois, le travail doit descendre à l'échelle des microrégions pour identifier les secteurs relocalisables ou à développer. « L'objectif est de rapprocher le travail du domicile », résume Pascal Plante, qui entend faire de cette étude une feuille de route territoriale concrète d'ici fin 2027.

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7 commentaires

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J
JeanFrak 27/05/2026 à 08:41

Le gel du Lodeom, OK, mais attention à ne pas confondre stabilité et immobilisme. Sur le terrain, on voit des projets financés via défiscalisation qui n'ont aucune cohérence urbaine, des boîtes posées n'importe où sans réflexion sur le tissu existant. Une loi-programme, si elle voit le jour, devrait intégrer des critères d'insertion territoriale, pas juste des volumes d'investissement.

L
Lastron-Leïla 27/05/2026 à 08:24

L'étude Réelle à l'échelle des microrégions, ça c'est intéressant. Parce que Saint-Pierre c'est pas Lo Port, et les besoins en emplois locaux sont vraiment différents d'un territoire à l'autre. J'espère que les jeunes créateurs de boîtes seront consultés dans le process, pas seulement les grosses structures patronales.

B
Bichik 27/05/2026 à 07:52

Trois milliards sur la table et on parle encore d'attendre. C'est une constante du péi-la.

P
PtiBatik 27/05/2026 à 07:41

Moin lé un peu sceptique quand même. Une loi-programme d'ici 2027, ça fait rêver, mais dans l'économie créative on attend depuis longtemps qu'on nous compte vraiment dans ces dispositifs. Le batik, la sérigraphie, l'artisanat de création, c'est dans les secteurs relocalisables non ? J'espère qu'ils n'oublieront pas la culture dans leur feuille de route territoriale.

M
Marie-Hélène 27/05/2026 à 07:25

Ce qui m'intéresse dans cet article, c'est la mention de l'étude Réelle et son renouvellement à l'échelle des microrégions. La version de 2017 avait mis en lumière des choses que beaucoup savaient intuitivement mais sans chiffres solides pour appuyer. Descendre à cette échelle de granularité, c'est une démarche sérieuse. On verra si les résultats auront autant d'impact cette fois, ou s'ils dormiront dans un tiroir comme c'est trop souvent le cas pour les études commandées par les institutions.

J
Jean-Claude B. 27/05/2026 à 07:19

J'avais un client ce matin qui bossait dans le BTP, il m'a dit exactement ça : si le Lodeom bouge, son patron peut plus financer les chantiers prévus l'an prochain. Beaucoup de gens i fo pas qu'on leur explique les détails, ils voient juste que les commandes s'arrêtent. C'est comme ça que ça se passe sur le terrain.

N
Naïma94 27/05/2026 à 07:02

Les délais de paiement, ça parle aussi aux libéraux comme moi. Entre les remboursements Sécu qui traînent et les complémentaires qui prennent leur temps, on avance des frais en permanence. Quand j'entends que les collectivités mettent parfois 60 jours à payer leurs prestataires, je me dis que c'est une logique qu'on retrouve partout. Passer à 30 jours c'est pas un luxe, c'est une question de survie pour les petites structures.