Six semaines après le lancement de l'opération « Kingia » à Mayotte, le nouveau préfet Frédéric Poisot a dressé un premier bilan lors d'un contrôle routier vendredi dernier. Arrivé en poste le lundi 17 mai, il a détaillé les résultats obtenus sur les trois axes du dispositif : lutte contre la délinquance, démantèlement de l'économie informelle et opérations de décasage.
467 interpellations en six semaines. C'est le chiffre avancé par le préfet, qui indique que « entre 280 et 300 forces de l'ordre » sont déployées chaque jour. Sur les 70 cibles prioritaires identifiées en amont — des individus qualifiés de « fauteurs de troubles dangereux et violents » —, plus d'une centaine ont été interpellées, dépassant selon lui les objectifs fixés au départ.
Sur le volet économie informelle, 103 opérations CODAF (Comités opérationnels départementaux anti-fraude) ont été conduites en six semaines, soit un tiers du total enregistré sur l'ensemble de l'année 2024. Quatre opérations de décasage ont également eu lieu, entraînant la destruction de près de 300 cases.
Le procureur de la République Guillaume Dupont, lui aussi présent lors du contrôle routier, a apporté le volet judiciaire du bilan : 429 gardes à vue, dont 30 % concernant des mineurs ; 160 déferrements ; plus de 70 comparutions immédiates ; 65 mandats de dépôt. « La délinquance des mineurs est un véritable problème sur ce territoire », a-t-il déclaré. Frédéric Poisot, de son côté, a été direct : « les délinquants me trouveront sur leur route ».


6 commentaires
Question sincère : est-ce que ce type d'opération a déjà montré des effets durables ailleurs, dans d'autres territoires ultramarins ? Parce que les chiffres sur six semaines c'est bien, mais ce qui m'intéresse c'est ce qu'il se passe dans six mois.
@Lastron-Leïla, tu soulèves quelque chose d'essentiel. Un tiers des gardes à vue impliquent des jeunes et on parle de bilan positif sans s'interroger sur ce que ces enfants vivent, ce qui les amène là. La sécurité c'est nécessaire, personne le nie, mais reconstruire un environnement sain ça passe aussi par du soutien, de l'écoute, des perspectives. J'espère vraiment que derrière les chiffres il y a des humains qui pensent à ça.
Moi je connais des collègues qui ont des food trucks là-bas et c'est compliqué pour eux depuis des mois, les clients ont peur de sortir, les soirées c'est mort. 103 opérations contre l'économie informelle en six semaines, ça veut dire quoi exactement pour les petits vendeurs ? Parce que des fois i fo faire la différence entre un vrai commerçant informel qui survit et quelqu'un qui magouille vraiment. J'aimerais qu'on creuse ce point-là.
Bon.
Ce qui m'interpelle c'est les 30% de mineurs en garde à vue. C'est pas un chiffre anodin et ça mérite qu'on en parle sérieusement, pas juste comme une stat dans un bilan. La sécurité c'est bien, mais la prévention on en est où ?
467 interpellations, ça c'est du concret. Quand on essaie de développer une activité dans le service à la personne, on a besoin que le terrain soit sécurisé pour nos intervenants. J'espère que ça tient dans la durée.