Près d'un million de personnes seraient victimes chaque année en France de faux sites administratifs, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), pour un préjudice estimé à 150 millions d'euros. À La Réunion, la préfecture a lancé une alerte après plusieurs cas recensés ces dernières heures.
Le schéma est toujours le même. L'internaute tape sur Google « renouveler son passeport » ou « demander une carte grise ». Parmi les premiers résultats — parfois étiquetés « annonce » — apparaît un site aux couleurs bleu-blanc-rouge, avec une Marianne discrète et un vocabulaire copié sur celui de l'administration. Tout y ressemble. Sauf que ce n'est pas un site public.
Certaines de ces plateformes ne sont pas strictement illégales : elles proposent un service payant pour effectuer des démarches à la place de l'usager. Mais beaucoup jouent délibérément sur la confusion pour se faire passer pour des portails officiels. Les conséquences sont les mêmes : abonnements cachés, prélèvements automatiques, paiements pour des démarches gratuites, parfois vol de données personnelles.
La préfecture rappelle que les démarches officielles doivent être réalisées exclusivement sur le site de France Titres - ANTS, ou via Service-Public.fr. Les vrais sites de l'État se terminent par « .gouv.fr ». Un nom de domaine en « .gouv.com » ou « .gouv.org » doit alerter immédiatement. Lire les mentions légales et les conditions générales avant tout paiement reste un réflexe de base, trop souvent négligé.
Sur le plan tarifaire, les paiements pour les titres officiels s'effectuent uniquement par timbre fiscal — disponible sur Timbres.impots.gouv.fr, sur Service-Public.fr ou chez un buraliste agréé. Le timbre pour un passeport adulte est fixé à 86 euros, à 42 euros pour un mineur de 15 à 18 ans, et à 17 euros pour un enfant de moins de 15 ans. Tout montant qui s'en écarte doit alerter.
En cas de doute ou d'arnaque avérée, la DGCCRF met à disposition la plateforme SignalConso, accessible en ligne, pour signaler toute pratique abusive.


8 commentaires
@PtiBatik, 89 euros pour un passeport c'est presque le tarif officiel, ces gens-là savent exactement ce qu'ils font. Moi j'ai des clients qui débarquent déjà bien entamés financièrement avant même de commander leur carry, c'est dingue qu'on laisse ces sites exister.
La semaine dernière j'avais un groupe de randonneurs, des touristes métropolitains, et l'un d'eux m'a raconté qu'il avait payé plus de cent euros sur un site pour renouveler son passeport avant de partir. Il avait cru que c'était le site officiel, tout y était, les couleurs, le logo. On parle souvent des arnaques au lagon ou sur les sentiers, mais celle-là elle touche des gens qui veulent juste faire leurs papiers avant de venir nous voir.
@Yannick P, le dédouanement c'est vrai, j'avais un ami au port dans les années 90, même à l'époque y'avait des intermédiaires qui profitaient de la complexité des procédures. Le numérique a juste rendu ça plus invisible.
L'article fait bien la distinction, mais pour être précise : les plateformes qui facturent des démarches administratives en se présentant comme des services officiels tombent rarement dans le flou juridique. Dès lors qu'il y a confusion délibérée avec un organisme public, on peut parler de pratique commerciale trompeuse au sens de l'article L121-2 du Code de la consommation, ce qui est pénalement sanctionnable. La nuance entre 'service d'aide aux démarches' légal et 'site frauduleux' tient souvent à la clarté des mentions précontractuelles, et visiblement beaucoup de ces plateformes ne jouent pas le jeu.
Bon à savoir pour renouveler mon titre de séjour surf professionnel, j'allais taper ça sur Google la semaine prochaine.
Ma tantine s'est fait prélever 89 euros pour son passeport sur un de ces sites, le mois dernier. Le domaine-la i fo vraiment faire gaffe, tout était bleu-blanc-rouge, la Marianne et tout. Ça me met hors de moi que des gens profitent comme ça des domoun qui font juste confiance à ce qu'ils voient.
On voit le même schéma sur les sites de dédouanement, des plateformes privées qui se déguisent en portail des douanes pour facturer des démarches qui coûtent rien. À Maurice ou à la Réunion, les pros du fret le savent, mais les particuliers qui font rentrer un colis se font avoir à tous les coups. Bon article, ça méritait d'être dit.
Le truc clasique c'est que Google Ads laisse ces sites se placer en premier résultat payant avec des labels genre 'Annonce' que personne lit. Le vrai fix serait que le gouvernement rachète les mots-clés administratifs pour couper l'herbe sous le pied à ces arnaques. En attendant, la règle d'or : tout ce qui ne finit pas en.gouv.fr, tu fermes direct.