Donald Trump a annoncé samedi soir qu'un accord était « en grande partie négocié » entre Washington et Téhéran, prévoyant notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, fermé depuis trois mois. Le président américain a publié cette déclaration sur Truth Social, après avoir échangé avec plusieurs dirigeants de la région, dont le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
« Outre de nombreux autres éléments de l'accord, le détroit d'Ormuz sera rouvert », a écrit Trump, sans préciser les conditions ni les garanties prévues entre les parties. Ce passage du Golfe persique, artère vitale pour les exportations pétrolières mondiales, est bloqué depuis trois mois. Sa fermeture a entraîné une flambée des prix du brut à l'échelle internationale.
Selon CBS News, relayé par Le Parisien, la proposition américaine inclurait également le dégel d'avoirs iraniens placés sous embargo. Plusieurs dizaines de milliards de dollars, dispersés à travers le monde, pourraient redevenir accessibles à Téhéran. Ces fonds serviraient notamment à reconstruire des infrastructures endommagées par le conflit — mais la perspective d'un éventuel réarmement iranien soulève déjà des interrogations. L'accès à ces avoirs figurait parmi les conditions posées par Téhéran pour avancer dans les négociations. La question de l'uranium enrichi, elle, ne ferait pas partie des discussions en cours.
Le secrétaire d'État Marco Rubio s'est dit optimiste, affirmant que l'Iran pourrait accepter un accord de paix dès dimanche. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur dans ce dossier, a annoncé vouloir organiser une nouvelle séance de pourparlers entre représentants iraniens et américains. Une première tentative en avril n'avait rien produit.
Pendant ce temps, les violences continuent au Liban. La défense civile libanaise a annoncé dimanche matin la destruction de son centre régional de Nabatiyé, dans le sud du pays, lors d'une frappe israélienne. Aucun blessé n'a été signalé parmi le personnel présent. Le Monde rappelle que plusieurs installations de secouristes ont déjà été visées ces derniers mois, y compris depuis la trêve entre le Hezbollah et Israël entrée en vigueur le 17 avril et récemment prolongée.


9 commentaires
@Olivier, tu soulèves quelque chose d'important. Même si les cours du brut redescendent après une réouverture d'Ormuz, le mouvement ne sera pas immédiat pour les agriculteurs. Les contrats d'approvisionnement en intrants sont souvent indexés sur des prix de référence avec un décalage de plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Ce que les marchés gagnent en quelques heures, les filières locales le récupèrent beaucoup plus lentement à la baisse qu'à la hausse. Et si l'accord reste fragile, comme plusieurs signaux le laissent penser, les spéculateurs ne lâcheront pas facilement leurs positions.
Trump qui annonce un accord diplomatique majeur sur Truth Social avant même que les agences de presse aient les détails, c'est quand même un mode de communication assez fou. Pas de brief officiel, pas de document, juste un post. On dirait que la géopolitique se joue maintenant comme un fil Twitter en temps réel.
On a connu d'autres périodes où les nouvelles du monde arrivaient à La Réunion avec du retard, et pourtant elles finissaient toujours par changer quelque chose dans notre quotidien. Le prix du carburant, c'est le fil qui nous relie encore à tout ça, qu'on le veuille ou non.
Ce matin j'avais une cliente qui me parlait du prix du carburant en venant me chercher, elle faisait le calcul de ce que ça lui coûte rien que pour amener les marmaille à l'école et venir chez moi. Si ça peut redescendre un peu, les gens respireront mieux.
Je lisais ça ce matin avant de partir guider un groupe dans le cirque de Mafate, là où on n'a ni réseau ni bruit du monde. Quand on redescend le soir et qu'on retrouve les infos, on réalise à quel point tout est connecté, le pétrole du Golfe, les prix ici, les décisions prises à des milliers de kilomètres. Ce qui me frappe dans cet article c'est le Liban en bas, presque en note de bas de page, le centre de secouristes détruit à Nabatiyé pendant qu'on parle d'accord. Ces gens-là aussi méritent qu'on s'y arrête.
L'article évoque le dégel d'avoirs iraniens placés sous embargo, ce qui est une formulation un peu rapide. Ces actifs sont de natures très différentes, réserves de change bloquées auprès de banques centrales étrangères, fonds immobilisés sous sanctions OFAC, créances commerciales litigieuses. Le volume de "plusieurs dizaines de milliards" recouvre des situations juridiques très variées dont le déblocage relève de procédures distinctes selon les pays concernés. Ce n'est pas un simple virement.
Trump annonce un accord "en grande partie négocié" mais sans préciser les garanties ni les termes exacts, et Rubio dit que l'Iran pourrait signer dès dimanche. On est sur quels éléments concrets là ? Parce qu'une déclaration sur Truth Social c'est pas un traité. Les sources citées sont CBS et Le Parisien, qui eux-mêmes rapportent des infos non confirmées officiellement par Téhéran.
Trois mois de fermeture d'Ormuz et les prix des intrants agricoles ont flambé ankor une fois, les engrais, le carburant pour les tracteurs, tout a suivi. On absorbe ou on repercute, y'a pas d'autre choix. Une réouverture lé bon pour nous, mais faut voir si l'accord dure ou si c'est juste une annonce de Trump sur ses réseaux pour faire parler.
Le détroit d'Ormuz qui rouvre, ça veut dire le pétrole qui redescend, et direct les prix du gazole chantier qui suivent. Depuis trois mois j'ai mes camions qui me coûtent un bras, mes devis que je dois revoir tous les quinze jours. Si cet accord tient vraiment, ça fait du bien.