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Station d'épuration de Saint-Leu : le TO conteste la mise en demeure préfectorale

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Station d'épuration de Saint-Leu : le TO conteste la mise en demeure préfectorale

L’État tord le bras du TO pour accélérer la mise aux normes de la station de traitement des eaux usées de Saint-Leu - Crédit Zinfos974 - Société


Saturée à 151 % de sa capacité hydraulique et à 113 % de sa capacité organique, la station de traitement des eaux usées de Saint-Leu est dans le collimateur de l'État. Le 27 octobre dernier, la préfecture a mis en demeure le Territoire de l'Ouest (TO) de mettre l'installation aux normes d'ici décembre 2030, sous peine d'une astreinte pouvant atteindre 100 000 euros par an.

L'équipement, conçu pour 13 500 équivalents-habitants, traite en réalité des volumes correspondant à plus de 26 000 équivalents-habitants. Les services de l'État ont jugé la situation non conforme dès 2023 et 2024. La station dessert les communes de Saint-Leu et des Avirons. Livrée en 2011 et déjà réputée sous-dimensionnée à sa mise en service, elle a pourtant fait l'objet de travaux successifs au fil des années, sans que le problème de fond ne soit réglé.

Plutôt que de s'exécuter, le TO a choisi la voie contentieuse. L'intercommunalité a engagé deux procédures devant le tribunal administratif de La Réunion : un recours en excès de pouvoir, dont l'instruction est en cours, et une requête en référé visant la suspension de l'arrêté préfectoral. Cette seconde procédure était examinée mardi 19 mai par le juge des référés, qui doit rendre son ordonnance la semaine prochaine.

À l'audience, l'avocat du TO, Me Abdoul Karim Amode, a dénoncé une mise en demeure aux « termes peu intelligibles », « sans effets utiles » et aux délais qu'il qualifie d'« irréalistes ». Il a également invoqué une irrégularité de procédure : l'absence de communication préalable, par la préfecture, d'un rapport sur les manquements constatés. La préfecture rétorque que les services du TO avaient non seulement été consultés sur le calendrier d'extension, mais auraient validé le plan d'ensemble avant la publication de l'arrêté. Elle rappelle aussi qu'un arrêté de 2019 mentionnait déjà la nécessité d'atteindre une capacité de 33 000 équivalents-habitants à l'horizon 2030, et que le TO s'était lui-même engagé dès 2023 à augmenter les capacités de traitement.

Le projet d'extension est évalué à 23 millions d'euros. Le nouveau maire de Saint-Leu, Karim Juhoor, et les élus du TO espèrent qu'une décision favorable du juge administratif leur permettrait de desserrer l'étau — et d'éviter des pénalités financières potentiellement lourdes. La préfecture, de son côté, campe sur une position sans ambiguïté : « l'intérêt public est bien que la STEU soit mise en conformité et puisse traiter les eaux usées qu'elle reçoit ».

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6 commentaires

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T
Tonton Bébert 20/05/2026 à 12:26

@Marie-Hélène, tu mets le doigt dessus. Et quand le problème est connu dès le départ, c'est pas un oubli, c'est un choix. Quelqu'un a validé ces plans, quelqu'un a signé les bons de livraison, quelqu'un a dit que c'était conforme. Aujourd'hui on conteste une mise en demeure au tribunal pendant que les eaux usées débordent les capacités, et c'est les travailleurs chargés d'exploiter cette station qui se retrouvent à gérer une situation impossible. J'ai connu ça au Port, des installations vieillissantes qu'on rafistolait au lieu de les refaire, et à chaque fois c'est les gars en bas qui trinquent, jamais ceux qui ont pris les décisions en haut.

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Nadine Saint-Louis 20/05/2026 à 11:52

Moi ce que je retiens c'est que l'arrêté de 2019 parlait déjà de 33 000 équivalents-habitants à atteindre d'ici 2030, et six ans plus tard on conteste encore la mise en demeure. Dans mon commerce quand y'a un problème avec une livraison ou une mise aux normes, on n'a pas le luxe d'aller au tribunal, on règle. Apparemment pour les collectivités les délais c'est différent.

K
Kelly 20/05/2026 à 11:48

Question sincère à l'auteur de l'article : est-ce que le TO a communiqué un calendrier de travaux réaliste auprès des habitants des deux communes, ou tout se joue uniquement devant le juge pour l'instant ?

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TataYoyo 20/05/2026 à 11:29

Moin lé pas avocate ni ingénieure, mais une station livrée déjà trop petite en 2011 et on est en 2025, ça fait quand même beaucoup d'années sans solution. Les domoun de Saint-Leu et des Avirons méritent mieux que des recours au tribunal. J'espère que les élus gardent en tête que derrière les chiffres y'a la mer, les enfants qui se baignent, la santé de tout le monde.

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JeanFrak 20/05/2026 à 11:18

23 millions d'euros pour rattraper une erreur de dimensionnement commise à la conception, c'est le prix classique des équipements publics pensés au plus court. En architecture ou en génie civil, sous-dimensionner délibérément pour compresser l'enveloppe initiale, c'est un choix qui se paye toujours avec intérêts plus tard. Et pendant ce temps le littoral de Saint-Leu subit.

M
Marie-Hélène 20/05/2026 à 11:03

Ce qui me frappe dans cet article, c'est que la station était déjà réputée sous-dimensionnée à sa mise en service en 2011. On parle d'un équipement public majeur livré avec un défaut de conception connu, et la collectivité a attendu plus de dix ans avant que l'État soit contraint d'intervenir formellement. La procédure contentieuse engagée par le TO n'est peut-être pas sans fondement juridique, mais elle ne résout en rien le problème de fond : des eaux usées traitées dans des conditions non conformes, au détriment de l'environnement littoral de Saint-Leu et des Avirons. On aimerait comprendre à quel stade en sont concrètement les études préalables à l'extension, indépendamment des procédures devant le tribunal administratif.