Plus de 35 millions d'euros hors taxe, une livraison visée au premier trimestre 2027 et des avenants adoptés malgré l'abstention de l'opposition. Le futur centre administratif de Saint-Pierre, chantier emblématique de la ZAC du Mail, continue d'animer les débats en conseil municipal. Les élus se sont réunis mardi pour voter le plan de financement prévisionnel et deux avenants portant sur plusieurs lots du chantier.
Le projet a connu une trajectoire budgétaire agitée. Estimé à 23 millions d'euros HT lors de son lancement en 2018, il a été réévalué à 39 millions d'euros HT en 2024. La Chambre régionale des comptes, dans un rapport publié en juillet dernier, chiffrait le budget global de l'opération à environ 41 millions d'euros TTC. Les retards se sont accumulés pour des raisons diverses : fouilles archéologiques sur le site, découverte d'une dalle amiantée dans l'ancienne MJC, puis dégâts provoqués par de fortes pluies de fin d'année sur le plancher technique et plusieurs réseaux du bâtiment.
C'est ce dernier incident qui a concentré les échanges. « Il y a eu un incident technique lié à une inondation pluviale à l'intérieur, qui a touché ce qu'on appelle le plancher technique », a expliqué le maire David Lorion. « Cela nous a retardés de quelques mois sur la date de livraison du centre. » Le directeur général des services, Samuel Dumoutier, a précisé que « des discussions sont en cours pour tenir des délais acceptables » et que les assurances ont été sollicitées.
Face aux questions de l'opposition sur la dérive des coûts, David Lorion a écarté toute irrégularité : « Il n'y a pas de dérive financière ni de dérive technique. » Les avenants votés représenteraient, selon lui, moins de 10 % du montant total du projet. L'édifice de 5 850 m², financé principalement par la commune avec des apports de la CIVIS, de la Région, du Département et de l'État, est piloté par la SPL Grand Sud en qualité de maître d'ouvrage.
L'objectif affiché reste la rationalisation des services municipaux, aujourd'hui dispersés dans plusieurs bâtiments du centre-ville. « Les nouveaux locaux vont permettre de passer d'un bâti de la Compagnie des Indes du XVIIIe siècle et d'entrer dans le XXIe siècle », a résumé David Lorion.


9 commentaires
@Patrick974, sauf que la comm' ne dit pas non plus comment sont répartis ces fameux avenants entre lots. Moins de 10 % du total, soit, mais 10 % de 39 millions ça fait quand même près de 4 millions d'euros supplémentaires validés en conseil sans vrai détail public. Est-ce que le rapport complet de la Chambre régionale des comptes est consultable en ligne ? Parce que citer un rapport sans en donner l'accès, c'est un peu léger pour un projet financé en grande partie par de l'argent public.
Depuis que je fais mes tournées à Saint-Pierre, je me bats avec le stationnement autour des anciens bâtiments administratifs, une demi-heure de perdue parfois juste pour déposer un document. Si le regroupement des services en 2027 change vraiment ça pour tout le monde, patients compris, ce sera déjà une vraie avancée. Mais j'espère qu'on a pensé à l'accessibilité, parce que je vois ce que ça coûte en énergie à mes patients qui ont du mal à se déplacer et qui doivent encore jongler entre plusieurs adresses.
@Patrick974, la hausse de 70 % elle fait mal à voir sur le papier, je suis d'accord. Mais faut aussi mettre en face l'inflation du BTP depuis 2018, les fouilles imprévues, la dalle amiantée, personne pouvait anticiper ça. Ça ne veut pas dire qu'il faut tout accepter sans question, mais résumer ça à une dérive c'est un peu court.
Ce qui m'intéresse c'est de savoir dans quelles conditions travaillent les ouvriers sur ce chantier. On parle de l'amiante découverte, des dégâts des eaux, mais les gars qui bossent dedans, qui en parle ? Les retards et les avenants c'est une chose, mais j'espère qu'il y a eu des arrêts de chantier dans les règles quand il le fallait. Parce que 35 millions d'euros ça fait beaucoup de belles phrases en conseil municipal, et pas toujours beaucoup de protection pour ceux qui portent les casques.
J'aurais aimé savoir ce qu'on a trouvé exactement lors des fouilles archéologiques, on n'en parle qu'en passant. Pour un bâtiment qui doit symboliser l'entrée dans le XXIe siècle, on aurait pu prendre le temps de documenter et de valoriser ce qui était en dessous. Et la dalle amiantée dans l'ancienne MJC, ça interpelle aussi sur l'état général du bâti public qu'on laisse vieillir sans vrai suivi. La rationalisation c'est bien, mais on gère les urgences au lieu d'anticiper.
35 millions, l'amiante, les inondations, les retards... lé pa fasil de mener un chantier pareil jusqu'au bout. Mais tant mieux si ça rationalise les services, c'est du concret pour les habitants.
Ce qui me touche dans ce projet, c'est l'idée de regrouper des services éparpillés pour que les gens n'aient plus à courir d'un bâtiment à l'autre. C'est exactement ce genre de transformation qui change la vie du quotidien. Vivement 2027 !
Un projet passé de 23 millions en 2018 à plus de 39 millions en 2024, soit une hausse de près de 70 % en six ans, ça mérite quand même qu'on s'y arrête un peu. Le maire dit qu'il n'y a pas de dérive, et les avenants représentent moins de 10 % du total, soit. Mais qui a validé la première estimation ? Une projection aussi éloignée de la réalité pose des questions sur la qualité du chiffrage initial, pas forcément sur la gestion du chantier en lui-même. La Chambre régionale des comptes a visiblement eu les mêmes interrogations, et son rapport mérite d'être lu en entier.
La mention des fouilles archéologiques me rappelle qu'on a souvent des surprises sous nos pieds ici. J'emmène parfois des randonneurs sur des sites où l'histoire affleure littéralement à la surface. Ce centre administratif, une fois livré, va quand même effacer un bâti du XVIIIe siècle que j'aurais bien aimé voir davantage valorisé avant démolition. On parle du patrimoine mais on construit du neuf, c'est toujours le même débat dans notre péi.