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Contrats aidés à La Réunion : 330 manifestants devant la préfecture

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Contrats aidés à La Réunion : 330 manifestants devant la préfecture

"Les plus fragiles vont être fragilisés" : maires, députés, agents… à Saint-Denis, l’union sacrée contre la coupe des contrats aidés - Crédit Zinfos974 - Social


Trois cent trente manifestants devant la préfecture de Saint-Denis, ce mercredi 20 mai. Maires, députés, sénateurs, agents communaux et salariés en contrats PEC (Parcours emploi compétences) ont défilé ensemble pour exiger le maintien immédiat des contrats aidés à la hauteur des besoins réels de l'île. Une motion commune a été déposée en préfecture en fin de rassemblement.

Rarement autant d'écharpes tricolores ne s'étaient retrouvées réunies devant la grille préfectorale. Huguette Bello, Ericka Bareigts, Olivier Hoarau, Patrice Selly, Emmanuel Séraphin, Camille Clain, Céline Sitouze, Patrick Lebreton… les élus venus des quatre coins de l'île étaient nombreux. Les députés Jean-Hugues Ratenon, Perceval Gaillard, Emeline K/Bidi et la sénatrice Corbière figuraient également parmi les présents. Sur la question des contrats aidés, les clivages politiques habituels ont cédé devant l'urgence sociale.

Le tableau que dressent les maires est le même d'une commune à l'autre. À Salazie, Sidoleine Papaya évoque un besoin de 80 emplois et une commune qui ne pourra plus « accompagner les familles d'enfants porteurs de handicap » faute de moyens. À l'Entre-Deux, Camille Clain rappelle que 60 % des 250 agents communaux sont sous contrat PEC — des salariés qui entretiennent les sentiers touristiques autant qu'ils encadrent les élèves. « On a un besoin réel en main-d'œuvre », insiste-t-elle, tout en reconnaissant la fragilité structurelle du dispositif. À Saint-Denis, 500 agents sur 2 500 sont concernés, dont une ATSEM par classe selon la maire Ericka Bareigts.

Dans la foule, les salariés en contrat aidé portaient une parole plus personnelle. Audrey, ATSEM en petite section, résumait la situation en quelques mots : « Les plus fragiles vont être fragilisés. » Lucie Lefèvre, venue de Saint-Joseph, rappelait que ces contrats constituent souvent le seul point d'entrée dans l'emploi. Younous Sadar, au micro, a déclenché plusieurs applaudissements en posant la question directement : « Est-ce que La Réunion entière est prête pour vivre dans la saleté ? »

La mobilisation a aussi servi de tribune à d'autres griefs. Plusieurs intervenants ont évoqué plus de 40 000 demandes de logement en attente, les risques pour le tissu associatif, un impact indirect sur le BTP, et la situation des enseignants réunionnais maintenus hors de leur territoire d'origine. Emmanuel Séraphin a pointé le calendrier : « La coupe a été annoncée après le vote des budgets des collectivités. » Huguette Bello, présidente de Région, a mis en regard les 33 millions alloués aux PEC et les 330 milliards annoncés pour l'effort de guerre, jugeant les arbitrages gouvernementaux « incompréhensibles ».

Peu avant 11 heures, une délégation d'une vingtaine d'élus a franchi les portes de la préfecture. Le préfet était absent. La motion a néanmoins été remise officiellement. Le texte réclame le maintien des PEC au niveau de l'année précédente, la préservation de la Ligne budgétaire unique (LBU) pour le logement social, et une politique de justice sociale « adaptée aux réalités de La Réunion ». Huguette Bello demande désormais qu'une délégation soit reçue par le Premier ministre.

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6 commentaires

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M
Mamie Câline 20/05/2026 à 10:18

Comme dit Zilo, voir autant d'élus ensemble c'est quand même quelque chose. Ici à Cilaos on dépend beaucoup de ces agents communaux pour l'entretien des sentiers, sans eux les randonneurs ne viendraient plus et mon petit gîte ne tournerait plus. Les familles des hauts ont déjà bien du mal à s'en sortir, i fo pas qu'on nous enlève encore ce peu qu'on a.

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Lastron-Leïla 20/05/2026 à 09:12

Ce que dit Audrey l'ATSEM me touche vraiment, "les plus fragiles vont être fragilisés", c'est résumé en une phrase et ça mériterait d'être relayé bien au-delà de La Réunion. Ce genre de mobilisation interpartis, c'est tchoumbo pour montrer au gouvernement que le péi parle d'une seule voix. Dommage que ça reste invisible dans les médias nationaux.

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Pti-Louis 20/05/2026 à 08:53

On dépose une motion, le préfet est pas là, on demande à voir le Premier ministre. Ça fait des années que ça tourne comme ça.

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Zilo 20/05/2026 à 08:45

330 manifestants c'est pas énorme mais voir autant d'élus de bords différents au même endroit, franchement c'est un signal fort. Par contre le préfet absent le jour J, c'est un classique. La motion remise à une grille, ça change pas grand chose sans interlocuteur direct en face.

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Zoubi 20/05/2026 à 08:35

Chez une de mes clientes ce matin, son fils travaille en PEC à la mairie de Saint-André, elle m'a dit qu'il sait pas s'il va être renouvelé. Les domoun autour de moi y parlent de rien d'autre en ce moment.

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Olivier 20/05/2026 à 08:23

Ce que vivent les communes avec les PEC, c'est exactement ce qu'on connaît à la coopérative quand on perd un saisonnier en pleine récolte de canne. Y'a des équilibres fragiles qu'on met des années à construire et qu'une décision budgétaire prise à Paris peut effacer en quelques semaines. La comparaison avec les 330 milliards pour l'effort de guerre, posée par Bello, elle est crue mais elle dit quelque chose de vrai sur la façon dont on pèse nos besoins ici.