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Pauvreté à La Réunion : Morel accuse Bello d'immobilisme

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Pauvreté à La Réunion : Morel accuse Bello d'immobilisme

"Des annonces, et pas assez de résultats" : pourquoi l’opposition régionale charge la majorité d'Huguette Bello - Crédit Zinfos974 - Politique


Plus d'un Réunionnais sur trois vit sous le seuil de pauvreté. Ce chiffre, régulièrement cité dans les études sociales, est celui qu'a brandi le groupe d'opposition Objectif Ré'Union ce mardi 19 mai pour attaquer frontalement la majorité régionale présidée par Huguette Bello.

Dans un communiqué au ton particulièrement sévère, Jean-Jacques Morel, président du groupe, accuse la Région de privilégier « les grands plans », « les conventions » et « les stratégies territoriales » au détriment des résultats concrets. « La Réunion affiche toujours le taux de pauvreté le plus élevé de France », écrit-il, avant d'y voir « le résultat d'une politique régionale trop centrée sur les annonces et pas assez sur les résultats ». Ce que les habitants regardent, ajoute-t-il, « ce sont les emplois créés, les salaires, le coût de la vie, les perspectives offertes à leurs enfants ».

L'élu cible directement les compétences économiques de la collectivité — formation professionnelle, aménagement du territoire — pour en tirer un verdict politique sans nuance : « Quand une collectivité possède les compétences économiques, les budgets de formation et les leviers d'aménagement du territoire, elle ne peut pas se laver les mains d'un taux de pauvreté qui touche plus d'un Réunionnais sur trois. »

La coalition majoritaire, qu'il désigne sous l'étiquette « PLR / LFI / PS », est accusée d'être « immobile, comme une auto en panne » depuis cinq ans. Morel s'en prend aussi à ce qu'il décrit comme une stratégie de dépendance vis-à-vis de l'État : les « manifestations pour réclamer davantage d'argent à un État ruiné » seraient selon lui « la confirmation d'une incapacité totale à faire avancer La Réunion ».

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8 commentaires

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N
Nadine Saint-Louis 19/05/2026 à 16:06

Comme dit PépéBassin, les belles journées passent et on voit rien. Moi j'ai ma boutique à Saint-Louis depuis douze ans, et mes clients qui passent le matin pour acheter leur pain, y'en a de plus en plus qui me disent qu'ils font attention, qu'ils repassent peut-être cet après-midi. Le loyer commercial a pas baissé lui, la concurrence des grandes surfaces non plus. Alors quand on nous parle de stratégies territoriales et de conventions signées en préfecture, franchement je vois pas ce que ça change pour le client qui hésite devant mon rayon.

T
TataYoyo 19/05/2026 à 15:23

@Bichik, tu as raison que c'est pas nouveau, mais moi j'ai travaillé pendant trente ans dans les soins, et ce que je vois aujourd'hui c'est que les jeunes du Tampon, les marmaille de mes voisins, ils finissent leurs études et ils trouvent rien. Avant au moins y'a avait l'espoir que ça allait changer. Là on attend ankor, on entend les discours, et les familles tirent le diable par la queue pareil. Un élu qui interpelle, c'est toujours mieux que le silence.

O
Olivier 19/05/2026 à 14:31

@Anaëlle, bonne question. À la coopérative on a essayé d'accéder à des dispositifs régionaux de formation pour nos saisonniers, et honnêtement le parcours est un labyrinthe. Les bilans existent sûrement quelque part mais ils sont pas accessibles facilement. Ce qui compte pour nous c'est de savoir combien de personnes ont vraiment trouvé un emploi stable après, pas juste le nombre d'heures de stage financées. La canne on la juge à la récolte, pas aux réunions de planification.

M
Marie 19/05/2026 à 14:21

Un Réunionnais sur trois, c'est pas un chiffre abstrait, c'est les familles qui viennent me voir pour trouver une aide à domicile qu'elles ne peuvent pas financer. La formation professionnelle, les leviers d'aménagement, tout ça lé bon sur le papier, mais on attend les résultats concrets au Tampon depuis trop longtemps.

T
Thierry Lebon 19/05/2026 à 13:48

Je voudrais juste apporter une précision sur un point qui me semble important. Les compétences économiques d'une région ne lui donnent pas un levier direct sur les salaires, qui relèvent du droit du travail national et des négociations de branche. Accuser la Région d'être responsable du niveau des salaires, c'est techniquement un raccourci un peu rapide. Cela ne retire rien à la question de l'efficacité de la politique de formation, qui elle, relève bien de la collectivité, et sur laquelle le débat est légitime.

A
Anaëlle 19/05/2026 à 13:43

Je comprends la critique sur les annonces sans résultats, mais est-ce que quelqu'un sait si la Région publie un bilan chiffré de ses dispositifs de formation professionnelle ? Parce que si les leviers existent comme dit Morel, j'aimerais voir ce qui a réellement été financé et combien de personnes en ont bénéficié concrètement.

P
PépéBassin 19/05/2026 à 13:26

Quand la mer est mauvaise, on ne peut pas reprocher au pêcheur de rester à quai, mais on peut lui demander ce qu'il a fait pendant les belles journées. Ça fait longtemps que les belles journées passent ici sans qu'on voie les filets se remplir. Les chiffres sur la pauvreté, moi je les vois dans les yeux des jeunes du village qui partent parce qu'il n'y a rien à saisir. Morel a peut-être raison sur le constat, même si je me méfie des hommes politiques qui découvrent les problèmes juste avant les élections.

B
Bichik 19/05/2026 à 13:13

Ce genre d'accusation, on l'entend depuis des décennies. Le chiffre d'un Réunionnais sur trois dans la pauvreté, il était déjà là avant Bello, avant ceux d'avant aussi.