Dès ce vendredi 22 mai, Mayotte dispose de son premier réseau de transport interurbain. Baptisé M'Safara, il ouvre avec quatre lignes — deux en Grande-Terre, deux en Petite-Terre — après des années d'attente sur une île où les embouteillages et les difficultés de déplacement font partie du quotidien.
En Grande-Terre, les lignes M1 et M3 sont les deux axes du réseau : la première relie le pôle d'échange multimodal (PEM) de Mamoudzou à celui de Dzoumogné, avec 34 voyages en semaine et 26 le samedi ; la seconde couvre le trajet Mamoudzou-Chirongui, avec 27 voyages en semaine et 18 le samedi. En Petite-Terre, les lignes M20 et M21 assurent toutes deux la liaison entre le Quai Ballou et Pamandzi tunnel — la M21 passant par Labattoir —, avec respectivement 82 et 81 voyages par semaine. Selon les trajets, les bus sont de 9, 35 ou 53 places.
Le ticket unitaire est fixé à 2 euros pour un aller simple valable trois heures maximum, barge comprise. L'abonnement mensuel tout public revient à 50 euros. Des tarifs réduits s'appliquent aux jeunes de 11 à 18 ans (25 euros par mois), ainsi qu'aux étudiants et aux seniors de plus de 65 ans (35 euros par mois chacun). Les enfants de moins de 10 ans voyagent gratuitement, accompagnés d'un adulte, dans la limite de cinq par adulte. Pour lancer le réseau, 10 000 tickets gratuits seront distribués du 22 au 31 mai.
Les titres s'achètent dans cinq points de vente répartis sur l'île — aux PEM de Dzoumogné, Mamoudzou, Dzaoudzi, Coconi et Chirongui — et sur le site msafara.yt. Ali Omar, 3e vice-président du Département-Région chargé des transports, a précisé que M'Safara « constitue une solution supplémentaire de mobilité où bus et taxis peuvent et doivent coexister ensemble ». De nouvelles lignes doivent entrer en service d'ici fin août.


9 commentaires
Ils ont pensé à vendre les tickets en ligne sur msafara.yt, c'est bien, mais est-ce qu'il y a une appli mobile prévue ? Parce que les jeunes qui vont utiliser ce réseau ils passent par leur téléphone, pas par un site web. Le digital c'est kosa fait la différence entre un service qu'on utilise et un service qu'on oublie.
Ce que j'aime dans ce projet c'est le tarif réduit pour les jeunes et les seniors, parce que c'est souvent eux qui galèrent le plus pour se déplacer. Chez nous au Tampon on a connu ça pendant longtemps, et quand un réseau structuré arrive enfin, ça change vraiment la vie des familles au quotidien.
2 euros le ticket avec la barge, c'est honnête, mais moi ce que je regarde c'est si ça change quelque chose pour les livraisons et les fournisseurs. Un réseau de bus c'est bien pour les particuliers, mais tant qu'on n'a pas de solution logistique sérieuse pour les professionnels sur cette île, on continue à subir les coûts de transport sur nos marges. Quand t'achètes de la viande à Mayotte, le prix final c'est jamais juste le produit.
Ce qui me frappe dans cette initiative, c'est la dimension symbolique autant que pratique. Un réseau de transport structuré, c'est aussi une façon de reconnaître que les habitants d'un territoire méritent une infrastructure digne de ce nom. On a beaucoup écrit sur la mobilité comme facteur d'inégalités scolaires et professionnelles, et Mayotte est un territoire où ces inégalités sont particulièrement documentées. Ce que soulève Mickaëla sur l'émancipation est juste. La vraie question sera de voir si les horaires sont compatibles avec les rythmes scolaires, parce que c'est souvent là que les bonnes intentions s'arrêtent.
Est-ce que quelqu'un sait si M'Safara c'est une délégation de service public classique ou s'il y a une société d'économie mixte derrière ? Je pose la question parce que dans mon master on travaille justement sur les modèles de mobilité dans les territoires ultramarins, et le montage juridique et financier m'intéresse vraiment pour comprendre comment ce type de projet décolle concrètement.
50 euros l'abonnement mensuel, alé, ça lé bon comme tarif ! Mes clients qui viennent de loin ils vont pouvoir venir sans stresser pour le parking. J'espère juste qu'il y a un arrêt pas trop loin du front de mer.
C'est une avancée notable pour Mayotte, il faut le reconnaître. Cela dit, le diable se cache toujours dans les détails opérationnels : régularité effective des horaires, maintenance du parc, formation des conducteurs, articulation avec les réseaux de taxis existants. La coexistence annoncée par le vice-président est une intention politique louable, mais elle devra se traduire par un cadre conventionnel clair pour éviter les tensions sur le terrain. On a vu ailleurs ce que ça donnait sans anticipation.
2 euros le ticket avec la barge incluse, franchement c'est pas cher du tout. Quand je pense aux patients que je vois galérer à Petite-Terre sans voiture pour rejoindre un rendez-vous médical en Grande-Terre, ce genre d'initiative ça change vraiment la vie. La vraie question c'est la fréquence le week-end, 18 voyages le samedi sur Mamoudzou-Chirongui c'est vite saturé si ça marche.
C'est beau de voir un territoire avancer vers plus d'accessibilité pour tous. Un réseau de transport c'est aussi un outil d'émancipation, ça permet aux gens de se déplacer, de saisir des opportunités qu'ils n'auraient pas pu atteindre autrement. J'espère que les nouvelles lignes prévues pour août vont vraiment couvrir les zones les plus isolées.