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Michel Vergoz alerte sur les coupes dans les contrats aidés à La Réunion

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Michel Vergoz alerte sur les coupes dans les contrats aidés à La Réunion

Contrats aidés : Michel Vergoz voit La Réunion dans un cyclone social tropical intense géostationnaire - Crédit Zinfos974 - Politique


De 10 000 contrats aidés en 2025 à 4 000 en 2026 : le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, dénonce des coupes « brutales » décidées par l'État sans concertation avec les collectivités, et appelle à une mobilisation générale pour éviter ce qu'il nomme un « cyclone social tropical intense géostationnaire » sur l'île.

Dans un communiqué intitulé « Les contrats aidés, pour un projet partagé », l'élu rappelle que les réductions se sont enchaînées en deux vagues — entre mars et avril 2025, puis en mai 2026 — après le vote des budgets primitifs des communes. Ces budgets sont ainsi devenus, selon lui, « de fait, insincères ». La baisse du taux de prise en charge et le raccourcissement de la durée des contrats ont encore alourdi la facture pour les municipalités.

Michel Vergoz balaie les arguments de l'État, qu'il s'agisse du faible taux d'insertion dans le privé marchand ou des accusations de clientélisme visant certains élus. Il rappelle que les politiques d'insertion menées depuis des décennies ont fait la preuve de leurs limites dans un territoire structurellement fragilisé : taux de pauvreté à 36 %, chômage près de trois fois supérieur à celui de l'Hexagone, coût de la vie élevé. La décentralisation du RMI en 2004, la création du RSA en 2009, la recentralisation de ce dispositif à La Réunion en 2020 : autant de réformes que l'élu range parmi les échecs. « Le privé ne peut créer des emplois sans demande », tranche-t-il.

Le maire de Sainte-Rose plaide pour un « front commun » réunissant l'État, l'Europe, la Région, le Département, les intercommunalités et les communes. L'objectif : préserver des emplois aidés dans les secteurs qu'il juge prioritaires — action sociale de proximité, entretien des ravines, lutte antivectorielle contre le chikungunya ou la leptospirose, et préservation de la biodiversité réunionnaise, dont le label UNESCO.

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9 commentaires

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P
Pti-Louis 19/05/2026 à 10:47

On a vu pareil avec la pêche. Des aides, des réformes, des promesses, et au final la mer elle change pas, mais les gens qui décident, eux, ils tournent.

M
Margaux 19/05/2026 à 10:14

Je découvre ces histoires de contrats aidés depuis qu'on s'est installés ici, et honnêtement on n'avait pas du tout ce système-là dans les mêmes proportions en Bretagne. Ce qui me frappe c'est que dans nos échanges avec d'autres gérants de gîtes, beaucoup comptent sur des personnes en contrat aidé pour l'entretien ou des petits chantiers autour des propriétés. Est-ce que quelqu'un sait si le secteur touristique rural est concerné par les secteurs prioritaires que mentionne M. Vergoz, ou c'est uniquement les services municipaux ?

A
Anaëlle 19/05/2026 à 09:34

Je comprends pas bien un truc, si les communes ont déjà voté leur budget en comptant sur ces contrats, est-ce qu'il existe un recours légal pour contester cette décision de l'État ? J'aimerais bien qu'on explique comment ça fonctionne vraiment entre l'État et les collectivités locales sur ce genre de financement.

Z
Zilo 19/05/2026 à 09:12

Honnêtement ce genre de décision prise sans aucune data terrain ça m'étonne pas, c'est le problème classique quand les gens qui décident sont à 10 000 km du problème. 4 000 contrats au lieu de 10 000, t'as même pas besoin de faire tourner un algo pour voir que ça va crasher.

M
Marie-Hélène 19/05/2026 à 08:46

@Marie, tu soulèves quelque chose d'important. Ces contrats jouent un rôle que les économistes appellent parfois un "sas d'insertion", et l'article le dit aussi indirectement. Ce qui me préoccupe, c'est l'absence de concertation avant le vote des budgets primitifs. Une collectivité qui ne peut plus tenir ses engagements comptables en cours d'année, ça fragilise aussi les associations qui dépendent de ces mises à disposition. Dans le tissu associatif de Bras-Panon comme ailleurs, on compte sur cette stabilité pour programmer nos actions sur l'année.

Y
Yannick P 19/05/2026 à 08:14

Ce qui me frappe c'est que tout le monde parle d'insertion mais personne parle du tissu économique réel du péi. Ici le privé marchand c'est principalement du commerce, du BTP et du port. Le port de la Réunion c'est pas Rotterdam, on a des volumes qui restent limités malgré les rotations vers Maurice, Madagascar ou l'Inde. On peut pas demander au privé d'absorber 6 000 personnes de plus quand la demande intérieure est ce qu'elle est. Vergoz a raison sur ce point, même si son discours reste très politique.

L
Lulu 19/05/2026 à 07:41

Franchement c'est pas nouveau qu'on se prend des décisions depuis Paris sans qu'on nous demande notre avis. Mais là couper comme ça en plein milieu d'année alors que les communes ont déjà voté leur budget, c'est quand même fort. Mes fournisseurs, mes clients, mes voisins sur le front de mer, tout le monde galère déjà avec le coût de la vie. On rajoute 6 000 personnes sans contrat par-dessus et ça va faire quoi dans les rues ?

Z
Zoubi 19/05/2026 à 07:28

Cette semaine j'avais une cliente qui m'a dit que sa fille était en contrat aidé à la mairie, elle savait même pas que ça allait être réduit comme ça. Les domoun apprennent les mauvaises nouvelles dans le salon, c'est souvent là que ça se passe.

M
Marie 19/05/2026 à 07:17

Dans les services à la personne, on sait très bien ce que ça représente ces contrats. C'est souvent la première marche vers l'emploi pour des gens qui n'ont rien d'autre. Passer de 10 000 à 4 000, c'est des familles entières qui vont se retrouver sans ressources du jour au lendemain, et des structures comme la mienne qui vont devoir refuser des bénéficiaires faute de personnel. Le front commun que demande Vergoz, moi j'y crois, mais il faut agir vite.