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Comores : deux morts, la hausse du carburant suspendue après les manifestations

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Comores : deux morts, la hausse du carburant suspendue après les manifestations

Deux morts, plusieurs blessés évacués vers Mayotte : le gouvernement des Comores suspend la hausse du prix des carburants - Crédit Zinfos974 - International


Le gouvernement comorien a suspendu samedi 16 mai la hausse des prix des carburants, après plusieurs jours de grève et de manifestations qui ont fait deux morts et paralysé une grande partie de l'archipel. La décision a été annoncée à l'issue de discussions tenues à Moroni avec les représentants des transporteurs et des commerçants.

Les deux décès sont survenus sur l'île d'Anjouan, lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Des témoins font état de tirs pendant des opérations de maintien de l'ordre destinées à dégager des barrages routiers. Les circonstances exactes n'ont pas encore été officiellement établies. Plusieurs personnes auraient aussi été blessées par balle, et certaines ont dû être évacuées vers Mayotte pour recevoir des soins que l'archipel ne peut pas assurer.

La contestation avait éclaté après l'entrée en vigueur d'un nouveau tarif du carburant, avec des hausses particulièrement marquées sur le gazole et l'essence. Les chauffeurs de taxi et de transport avaient rapidement cessé toute activité, suivis par de nombreux commerçants qui avaient fermé leurs boutiques dans plusieurs villes du pays. Selon AfricTelegraph, cette hausse a été vécue comme la goutte de trop par une partie de la population, déjà fragilisée par une inflation persistante et une érosion du pouvoir d'achat.

« Le gouvernement et le président Azali Assoumani ont entendu les cris du peuple comorien », a déclaré le ministre de l'Énergie, Aboubacar Saïd Anli. Le décret instaurant la hausse a été suspendu pour permettre l'ouverture de nouvelles discussions avec les syndicats et les acteurs économiques.

Ce recul est un revers politique pour le président Azali Assoumani, réélu en 2024 dans un climat déjà tendu. Aux Comores, le prix du carburant conditionne directement le coût des transports, de l'alimentation et de l'électricité — dans un pays qui dépend presque entièrement des importations.

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9 commentaires

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F
Fifi430 18/05/2026 à 08:22

@Thierry, votre analyse est juste sur le fond, mais il faudrait préciser que tout dépend du droit comorien applicable. En droit administratif français, la suspension produit en effet ses effets pour l'avenir uniquement, sauf annulation rétroactive prononcée par le juge. Ici on est dans un retrait volontaire par voie gouvernementale, ce qui est une démarche discrétionnaire distincte d'une annulation contentieuse. Le remboursement serait donc hautement improbable sauf dispositif spécifique prévu dans le nouveau décret à venir.

T
Thierry 18/05/2026 à 08:10

@Anaëlle, bonne question. En droit administratif, la suspension d'un décret ne crée généralement pas de droit au remboursement pour la période d'application. Les prix pratiqués pendant les jours de hausse restent légalement valides — c'est la suspension qui vaut pour l'avenir, pas rétroactivement.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 08:08

Ce qui me frappe c'est la vitesse à laquelle la mobilisation a forcé un recul gouvernemental. Les chauffeurs, les commerçants, la rue, et en quelques jours le décret est suspendu. Sur les réseaux comoriens j'imagine que ça a beaucoup circulé, ce genre de pression collective ça passe énormément par le digital maintenant, même dans des contextes où l'accès internet est limité. Triste que ça ait coûté deux vies quand même.

D
David 18/05/2026 à 07:47

@Kelly, tu as raison et ça me parle vraiment ce que tu dis. Quand le gazole grimpe ici, mes fournisseurs me répercutent tout de suite sur les prix, le poisson, les légumes, les livraisons — et moi je peux pas me permettre d'augmenter ma carte tous les mois si je veux garder mes clients. Les touristes ils comprennent pas toujours pourquoi un ti punch coûte plus cher qu'en métropole, mais voilà la réalité d'une île qui importe quasi tout. Ce qui s'est passé aux Comores c'est une version extrême d'une logique qu'on connaît bien.

S
Sophie 18/05/2026 à 07:44

L'article mentionne que des blessés ont été évacués vers Mayotte pour recevoir des soins, ce détail dit beaucoup sur la réalité du système de santé comorien. Sur le plan juridique, la suspension d'un décret par voie gouvernementale sans passage devant une juridiction administrative, c'est un mécanisme qui existe dans beaucoup de droits d'inspiration française, mais ça ne préjuge en rien de la responsabilité de l'État pour les dommages causés pendant la période d'application. Ce point mériterait d'être suivi.

K
Kelly 18/05/2026 à 07:39

Ce qui me touche dans cet article c'est que les premiers à avoir arrêté le travail c'est les chauffeurs de taxi, des indépendants qui vivent au jour le jour. Chez nous aussi quand le prix du gazole monte, c'est les salariés les moins bien payés qui absorbent le choc en premier, souvent en silence. La différence c'est qu'ici on a pas le même rapport à la grève.

A
Anaëlle 18/05/2026 à 07:35

Je comprends pas bien un truc : quand un gouvernement suspend un décret comme ça, ça veut dire quoi concrètement pour les prix en vigueur pendant les jours de hausse ? Les commerçants sont remboursés d'une façon ou d'une autre ?

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Patrick 18/05/2026 à 07:30

Ce qui se passe aux Comores illustre un phénomène qu'on observe dans beaucoup d'économies insulaires importatrices : quand le carburant augmente, c'est toute la chaîne des prix qui se déplace, de l'assiette jusqu'au loyer. La vraie question, c'est de savoir si cette suspension est une mesure d'apaisement politique temporaire ou si le gouvernement Azali a réellement les marges budgétaires pour absorber le choc autrement. Reculer sous la pression sans plan alternatif, ça revient souvent à repousser le problème de quelques mois.

M
Marie 18/05/2026 à 07:25

Deux morts pour une hausse de carburant, c'est terrible. On mesure pas toujours ici la chance qu'on a même si les prix à La Réunion font mal aussi.