Le dispositif réunionnais S.E.N.S. figure parmi les nommés du Festival international de la Silver Économie 2026, organisé à Cannes. Lancé en 2024 à La Réunion, il est porté par Nathalie Firminy, facilitatrice du deuil et autrice de plusieurs ouvrages sur la perte et le soin.
L'acronyme S.E.N.S. signifie « Soutenir les Endeuillés, Nourrir la Solidarité ensemble ». Le dispositif s'adresse aux personnes fragilisées par une rupture de vie : perte d'un proche, maladie, perte d'autonomie, perte d'emploi ou isolement. Il vise en particulier les personnes de plus de 60 ans et leurs aidants, en dehors de toute approche médicale.
Nathalie Firminy a structuré S.E.N.S. autour de quatre axes : repérer, accompagner, orienter et outiller. Revenue à La Réunion après trente ans passés dans l'Hexagone, elle est notamment l'autrice de Traverser la perte : un chemin vers l'apaisement et de Ma vie de soignante en EHPAD.
Le dispositif comprend aussi un cycle de conférences-débats intitulé « Poukwa nou koz pu d'sa ? », qui aborde des sujets comme le vieillissement, la mort, le deuil ou l'isolement. Une première séance s'est tenue le 26 juillet au Théâtre d'Azur, au Tampon. La prochaine est prévue le samedi 29 août à 19h30 au même endroit, avec des interventions musicales du guitariste réunionnais Jimmy Étangsale. Les réservations sont ouvertes au 06 93 00 54 88.


6 commentaires
Ici à Salazie on sait ce que c'est, perdre quelqu'un et se retrouver seul dans les hauts avec les nuages qui descendent et plus personne à qui causer. Les familles du cirque font face à tout ça sans trop de ressources, et les anciens souffrent en silence. Un dispositif comme ça, i fo que ça arrive jusqu'à nous aussi, pas seulement dans les bas.
Une de mes clientes m'a justement parlé de ça la semaine dernière, elle a perdu son mari et elle savait pas trop vers qui se tourner. Je lui envoie le numéro de réservation de suite.
Ce dispositif rejoint des réflexions que l'on trouve notamment chez Élisabeth Kübler-Ross sur les étapes du deuil, ou plus récemment chez Marie de Hennezel sur le vieillissement et la dignité. Ce qui est intéressant ici, c'est que Nathalie Firminy a adapté ces approches à un contexte réunionnais, avec une sensibilité culturelle que l'on ne peut pas ignorer quand on parle de mort ou de perte dans notre société. La tenue de ces conférences au Théâtre d'Azur au Tampon est un bon choix, la salle permet un vrai échange. J'espère que le compte-rendu sera accessible à ceux qui ne peuvent pas se déplacer.
Le nom du cycle de conférences "Poukwa nou koz pu d'sa" c'est fort, ça fait réfléchir. On parle tout le temps d'innovation numérique, de startups, et y'a des sujets comme le deuil ou l'isolement des vieux qu'on zappe complètement sur les réseaux. Contente que ce péi-là produise ce genre d'initiative.
Ce qui me touche dans ce projet, c'est l'attention portée aux aidants. On voit souvent dans le monde du travail des collaborateurs qui s'effondrent parce qu'ils gèrent en parallèle un parent malade ou vieillissant, et personne n'en parle vraiment. Un dispositif comme S.E.N.S. qui sort de l'approche médicale pour aller vers quelque chose de plus humain, ça manquait clairement ici.
Je ne connaissais pas du tout ce secteur de la Silver Économie avant cet article. Est-ce que quelqu'un sait si Nathalie Firminy a prévu d'ouvrir son dispositif à des partenariats avec des structures de formation ou des étudiants qui voudraient travailler sur ces sujets ? Ça m'intéresse vraiment de comprendre comment un tel projet se structure économiquement.