Jean Gaël Anda Sita, conseiller municipal et communautaire, a publié une tribune consacrée aux incendies qui ravagent actuellement des forêts en France métropolitaine. Il y interpelle les pouvoirs publics sur leurs choix budgétaires des dernières années et sur la mobilisation des acteurs de terrain.
L'élu cite un décret signé le 21 février 2024 par Gabriel Attal, alors Premier ministre, qui a supprimé 52,8 millions d'euros de crédits alloués à la Sécurité civile. Cette décision, selon lui, a privé la France de deux Canadairs supplémentaires, compliquant d'autant la lutte contre les feux de forêt.
Anda Sita rend hommage dans ce texte aux agriculteurs, élus locaux, forestiers et chasseurs qui ont épaulé les pompiers sur le terrain. Il rappelle que ces femmes et ces hommes connaissent leurs forêts et leurs biotopes mieux que quiconque, et que leur engagement a été total, concret, immédiat.
L'élu pointe également ce qu'il décrit comme un déficit de prévention et un fossé entre les décisions prises « dans des bureaux climatisés » et les réalités du terrain. Il cite parmi les angles morts des politiques publiques actuelles l'absence de garantie de revenu agricole et le manque d'accompagnement de la transition agroécologique.
La tribune s'achève sur un appel à établir les responsabilités et à traduire le courage des gens de terrain en actes concrets, plutôt qu'en discours.


7 commentaires
Je coiffe une dame tous les vendredis qui me parle souvent de son fils pompier volontaire en métropole, et quand je lui ai montré cet article ce matin elle a fait une tête... ça fait bizarre de voir des chiffres comme ça et de penser que derrière y'a des gens qui risquent leur vie avec moins de moyens qu'avant.
Ce que décrit cet élu sur la connaissance du terrain, ça résonne vraiment. Quand j'emmène des randonneurs dans les hauts, ce sont les agriculteurs et les forestiers du coin qui me renseignent sur les zones fragiles, sur ce qui a changé depuis dix ans, sur là où la végétation a séché trop vite l'été. Cette mémoire du paysage, elle ne s'achète pas et elle ne s'improvise pas dans un bureau. Couper des budgets c'est une chose, mais quand on perd aussi ce lien avec les gens qui habitent vraiment ces espaces, c'est une double perte.
La coupe budgétaire est réelle et sourcée, ça c'est bien. Mais le lien direct entre ces 52 millions et l'absence de Canadairs supplémentaires mériterait d'être étayé : combien coûte un Canadair en entretien annuel, en pilotes formés, en base opérationnelle ? Un avion ça ne s'improvise pas du jour au lendemain même avec le budget. La tribune est percutante mais elle mélange des causes structurelles et des choix conjoncturels sans vraiment les distinguer.
Il y a quelque chose de profondément vrai dans ce qu'il écrit sur le fossé entre les décisions prises loin du terrain et ceux qui vivent dans ces forêts, ces champs, ces biotopes. La même chose existe ici pour nos savoir-faire artisanaux, notre économie créative. Les gens du péi-la connaissent leurs réalités mieux que n'importe quel bureau.
Moi je dis rien sur la politique parce que c'est pas trop mon truc, mais quand je vois que deux Canadairs supplémentaires auraient pu être là et qu'on a décidé de couper ce budget, je comprends plus rien. Les gens sur le terrain ils font ce qu'ils peuvent avec leurs mains et leurs jambes pendant que d'autres signent des décrets dans la fraîcheur. C'est ça qui me met hors de moi.
52 millions coupés sur la Sécurité civile et ensuite on s'étonne que ça brûle partout... lé pa fasil de comprendre ces arbitrages budgétaires franchement. Et la tribune de cet élu elle mériterait d'être vue bien au-delà de La Réunion, quelqu'un devrait la faire circuler.
Ce qui me touche dans cet article, c'est la mention des agriculteurs et des gens de terrain. Ces personnes-là ont répondu présent sans attendre les directives. On a beau couper des budgets, le terrain il se gère avec du monde formé et motivé, pas avec des décrets signés à Paris.