Une explosion s'est produite ce vendredi matin vers 8h30 dans une distillerie de Petit-Bourg, en Guadeloupe, tuant un salarié d'une cinquantaine d'années et blessant grièvement quatre autres personnes. Le parquet de Pointe-à-Pitre a ouvert une enquête pour homicide involontaire et blessures involontaires dans le cadre du travail.
La déflagration a pris naissance au niveau d'une chaudière, dans un établissement situé à une quarantaine de kilomètres de Basse-Terre. Deux des quatre blessés ont un pronostic vital engagé, selon la vice-procureure de Pointe-à-Pitre. Tous ont été transportés au Centre hospitalier universitaire de Guadeloupe. D'après Guadeloupe La 1ère, ils souffrent de brûlures graves et de fractures ; l'un d'eux, victime d'un arrêt cardio-respiratoire, a pu être réanimé.
L'explosion n'a pas provoqué d'incendie majeur. Un départ de feu limité à de la bagasse s'est déclaré, mais a été rapidement maîtrisé. En revanche, la déflagration a projeté des blocs de béton sur des habitations voisines, sans faire de blessés graves.
Une cellule de crise a été activée pour coordonner la prise en charge des victimes et le suivi de la situation.


9 commentaires
Pauvre famille, ça fait mal à lire. Et dire que des gens partent travailler le matin sans savoir que c'est leur dernier jour, lé pa fasil.
@Fifi430, vous avez raison sur le cadre procédural, et j'ajouterais que les obligations de contrôle technique des équipements sous pression comme les chaudières relèvent d'une réglementation assez précise, avec des organismes habilités à procéder aux vérifications périodiques. La question qui se posera inévitablement est de savoir si les visites réglementaires étaient à jour et si les préconisations éventuelles avaient été suivies d'effet. Ce sont ces éléments-là que l'enquête devra établir, avant même d'envisager une quelconque mise en cause.
Un mort, quatre blessés graves, c'est une catastrophe pour ces familles et pour toute la filière canne des Antilles. On parle souvent de la bagasse comme d'un sous-produit valorisable, on en parle moins des risques que ça représente quand les équipements vieillissent mal. Ici à La Réunion on a les mêmes réalités dans les usines sucrières, i fo vraiment pas attendre un drame pareil pour vérifier l'état des chaudières.
@Olivier, c'est intéressant ce que tu soulèves sur les chaudières similaires à La Réunion. Est-ce qu'il existe des audits de sécurité obligatoires pour ce type d'équipement dans les distilleries et sucreries chez nous ? Je me demande si c'est encadré par des normes spécifiques au secteur ou si c'est le droit commun du travail qui s'applique, parce qu'en cours on n'a pas vraiment abordé les risques industriels liés à la filière canne.
@Sandrine, je me posais la même question sur le lien avec un média réunionnais, mais je comprends qu'on parle d'une distillerie, donc de filière canne à sucre, et ça nous concerne nous aussi ici. On a des chaudières du même type dans plusieurs unités de transformation au péi. Après un accident pareil, j'espère que les coopératives et les industriels vont revoir leurs protocoles de maintenance sans attendre qu'on leur force la main. Chez nous, la saison de coupe approche et ces installations tournent à plein régime, lé pa fasil d'imaginer ça arriver sur nos sites.
Toutes mes pensées vont aux familles touchées par ce drame. Ce genre d'événement nous rappelle que derrière chaque entreprise, il y a des êtres humains qui méritent de rentrer chez eux le soir.
L'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire et blessures involontaires dans le cadre du travail est la procédure correcte, mais il faut préciser que la responsabilité pénale de l'employeur, voire du donneur d'ordre, pourra être engagée si un manquement aux obligations de sécurité est établi. Les articles L4121-1 et suivants du Code du travail imposent à l'employeur une obligation de sécurité de résultat. Ce type de dossier débouche souvent aussi sur une mise en cause civile, en parallèle de l'enquête pénale, pour l'indemnisation des victimes et de leurs proches.
Je ne comprends pas trop pourquoi cet article est publié dans la catégorie business d'un média réunionnais sur l'entrepreneuriat, l'accident s'est produit en Guadeloupe. Sincèrement, je présente mes condoléances à la famille, mais le lien éditorial avec La Réunion ou avec l'entrepreneuriat local me semble difficile à saisir.
Mes pensées vont à la famille du salarié décédé et aux blessés. C'est terrible, un accident comme ça ça rappelle que la sécurité au travail c'est pas un détail, c'est la priorité numéro un.