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La 21e Fête du Chouchou à Hell-Bourg vise une reconnaissance Unesco

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La 21e Fête du Chouchou à Hell-Bourg vise une reconnaissance Unesco

Fête du Chouchou : Salazie célèbre sa 21e édition et vise une reconnaissance de l’Unesco - Crédit Zinfos974 - Société


Du 24 au 26 juillet, Hell-Bourg accueillera la 21e Fête du Chouchou, trois jours de festivités gratuites sur le champ de foire. En parallèle, la commune de Salazie prépare le dépôt d'un dossier pour faire reconnaître le tressage de la paille de chouchou au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, prévu pour le mois d'août.

Le thème retenu cette année, « De la treille à la marmite, mille et une façons de cuisiner le chouchou », a été présenté jeudi lors de la conférence de presse officielle. Le rendez-vous attire en moyenne plus de 25 000 visiteurs par an. Quelque 70 exposants, producteurs et artisans sont annoncés, et plus de dix tonnes de chouchous pourraient être écoulées sur les trois jours.

Au programme : les concours traditionnels de trieurs et de casseurs de brèdes chouchou, un concours culinaire ouvert au grand public, l'élection de Miss Salazie et de Miss Mamie Chouchou, un radio-crochet avec un voyage à Maurice à gagner, ainsi que des concerts. Wizdom, Kaf Malbar, Dominique Barret, Micheline Picot, François Dals et Maiko figurent parmi les artistes annoncés. Nouveauté de cette édition : deux restaurateurs relèveront le défi d'imaginer un cocktail à base de chouchou. Le concours culinaire professionnel, qui ne réunissait jusqu'ici que quatre ou cinq participants, devrait cette fois en rassembler entre dix et douze.

La dimension patrimoniale prend une place croissante. Le dossier de candidature à l'Unesco sera porté conjointement par l'association AJL, présidée par Patrick Manoro, la mairie et la Région. La démarche s'appuie sur le programme « Design des mondes insulaires », mené avec la DAC OI et des acteurs associatifs locaux. L'objectif couvre l'ensemble de la chaîne, de la préparation de la fibre au tressage. La maire Sidoleine Papaya a rappelé que la paille de chouchou est une fibre « naturelle particulièrement fine, légère et blanche ». La commune a par ailleurs sollicité le Département pour une étude visant à structurer l'ensemble de la filière, de la production agricole à l'artisanat. Le tressage de la paille de chouchou rejoindrait ainsi la broderie de Cilaos, inscrite à l'Inventaire national du patrimoine culturel immatériel depuis décembre 2025.

La fierté affichée tranche avec les inquiétudes des producteurs. Sylviane Grondin, présidente du comité Fêtes et Traditions, a livré un témoignage personnel : « Auparavant, personnellement, j'étais complexée quand je quittais le collège pour aller sur la côte, parce qu'on nous disait :

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9 commentaires

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T
Tom de l'Étang 17/07/2026 à 17:39

Ce que j'aimerais qu'on regarde de plus près, c'est la santé des artisanes qui tressent la paille de chouchou au quotidien. J'ai eu en consultation plusieurs patientes avec des tendinites chroniques aux avant-bras, travaux répétitifs à la main, jamais reconnues professionnellement. Si la filière se structure et que la démarche Unesco aboutit, j'espère qu'on intègre aussi un volet prévention pour ces femmes, parce que la valorisation du savoir-faire ne doit pas se faire au détriment de leur corps.

J
Jean-Claude B. 17/07/2026 à 16:14

J'ai monté deux clientes à Hell-Bourg samedi dernier, elles revenaient de la fête, et dans la voiture elles m'ont dit qu'elles avaient adoré mais qu'elles avaient pas trouvé où manger assis tranquille, tout était plein. Pti-Louis a raison, faudrait que la commune pense à orienter les gens vers les gîtes et les tables d'hôtes avant qu'ils arrivent, pas après. Moi dans mon taxi je dis toujours aux touristes d'appeler en avance parce que là-haut les places partent vite, et 25 000 personnes sur trois jours c'est pas rien pour un village de cette taille.

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Pti-Louis 17/07/2026 à 15:55

25 000 personnes qui montent à Hell-Bourg, c'est bien. Reste à voir si les gîtes et les tables d'hôtes du coin en profitent vraiment, ou si tout le monde repart le soir même sur la côte.

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Sébastien V. 17/07/2026 à 15:26

La sollicitation du Département pour structurer la filière est une bonne chose, mais on sait comment ces études commandées par les collectivités peuvent traîner. Entre le lancement du marché public, le choix du prestataire, la remise du rapport et la mise en oeuvre des préconisations, on parle souvent de deux à trois ans minimum. J'espère que la dynamique portée par la Fête du Chouchou ne retombera pas dans l'intervalle, parce que les artisanes, elles, elles travaillent maintenant.

B
Bichik 17/07/2026 à 14:30

Ce témoignage de Sylviane Grondin sur la honte d'enfance, ça me rappelle des choses qu'on n'ose pas toujours dire à voix haute. Il a fallu du temps pour que Salazie cesse d'être regardée de haut par la côte. La démarche Unesco, au fond, c'est peut-être surtout ça : qu'on n'ait plus à se justifier d'où on vient.

V
Vavangue 17/07/2026 à 13:20

Ce qui me touche dans cette démarche, c'est qu'on parle enfin de la chaîne complète, de la fibre à l'objet fini, comme on devrait le faire pour tous nos produits du péi. Moi avec mon miel, j'essaie d'expliquer à chaque marché que derrière un pot y'a des fleurs, des saisons, des ruches à surveiller la nuit après le travail. Le tressage de la paille de chouchou c'est pareil, c'est des heures de geste transmis. Ce que j'attends maintenant, c'est que la structuration de la filière dont parle la commune se fasse vraiment avec les producteurs autour de la table, pas juste les institutions.

H
Hugo Saline les bains 17/07/2026 à 12:11

25 000 visiteurs sur trois jours pour un événement gratuit, c'est vraiment solide. En Bretagne y'a des festivals de produits locaux qui s'appuient sur ce type de labellisation patrimoniale pour structurer toute une filière agro-artisanale, et ça finit par peser économiquement de façon très concrète. La démarche de demander une étude au Département pour structurer la filière de bout en bout, c'est exactement le bon réflexe. Curieux de voir si la Région mettra les moyens derrière l'aspect agricole, pas seulement sur la vitrine culturelle.

M
Mickaëla 17/07/2026 à 12:09

Quelle belle énergie autour de ce projet ! Faire reconnaître un savoir-faire ancestral à l'échelle mondiale, c'est aussi redonner de la fierté à ceux qui le transmettent, et ça, lé bon pour toute une communauté. J'espère que les artisanes de Salazie seront vraiment au coeur du dossier Unesco, pas juste en vitrine.

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Thierry Lebon 17/07/2026 à 12:03

Un article bien documenté sur cette belle initiative. Une petite précision tout de même : la broderie de Cilaos est inscrite à l'Inventaire national du patrimoine culturel immatériel, mais cela reste distinct d'une inscription Unesco, qui suit une procédure beaucoup plus longue et exigeante au niveau international. Le dossier de la paille de chouchou devra vraisemblablement passer d'abord par cet inventaire national avant de prétendre à la liste de l'Unesco. Ce n'est pas une critique de la démarche, qui est tout à fait louable, mais les délais pourraient surprendre les plus enthousiastes.