La grève chez Derichebourg-OI n'a pas trouvé d'issue ce jeudi. Une visioconférence organisée à 11h avec des représentants de l'entreprise basés en métropole a permis de débloquer plusieurs points, mais la question des primes reste entière. Le mouvement repart ce vendredi dès 0h30, avec une nouvelle réunion fixée à 16h.
Le conflit a démarré lundi 13 juillet. Les salariés de Derichebourg-OI, qui assurent notamment la collecte des déchets à Saint-Pierre et Petite-Île, ont cessé le travail dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Les tournées sur Saint-Joseph sont également perturbées. L'intersyndicale UR 974, CFDT et CFTC annonce une participation d'environ 90 % des salariés, et dénonce un manque de dialogue social.
Le nœud du conflit, c'est les primes. Hubert Alastor, agent de maîtrise et délégué syndical CFDT, résume la situation à l'issue de la visioconférence : « On avance sur tous les points. On fait des concessions, ils font des concessions, mais le dernier point, c'est sur les primes. » Les grévistes réclament un geste financier au titre du partage de la valeur, après ce qu'ils décrivent comme trois années sans augmentation. « Ça fait trois ans qu'on n'a pas eu d'augmentation, on a fait des cyclones, etc. C'est pour ça que demain, le mouvement est reconduit », déclare Hubert Alastor.
Sur la nature de ce geste, le délégué syndical se dit sans exigence de forme : « Que ce soit intitulé PPV, prime exceptionnelle, etc., ça ne nous dérange pas, mais au moins qu'on nous propose quelque chose. »
Les perturbations sur les tournées de collecte continuent donc. Depuis le début du mouvement, les habitants des communes concernées sont invités à ne pas sortir leurs poubelles quand les ramassages ne peuvent être assurés. Les représentants syndicaux ont prévenu qu'ils entendaient tenir. « On est fatigués d'entendre dire non », résume Hubert Alastor.


8 commentaires
Un client ce matin me disait que son quartier à Saint-Pierre ça commence à sentir fort, les gens i fo pas sortir les poubelles mais tout le monde le fait quand même parce que ça rentre plus dans la maison. Mwin j'ai rien contre les gars en grève, au contraire, mais j'espère que ça se règle vite parce que là c'est les habitants qui trinquent.
Ce type de blocage sur les primes en fin de NAO, j'ai vu ça à Nantes dans une boîte de logistique urbaine, ça finissait souvent pareil, une direction nationale déconnectée qui lâche le minimum au dernier moment. Ce qui change ici c'est le contexte : trois cyclones, une île, des contraintes qui n'existent pas en métropole. J'aurais espéré que ça pèse davantage dans la négociation.
À la coopérative on a eu le même bras de fer y'a deux ans avec un prestataire. Ce qui m'a appris quelque chose c'est que quand une direction répond depuis la métropole en visio, elle mesure pas la réalité du terrain ici. Trois ans sans geste, des cyclones passés à assurer le boulot quand même, ça ressemble à ce que vivent certains de nos adhérents avec les prix d'achat de la canne. On produit, on encaisse, on attend. À un moment les gens lâchent.
Ce qui mérite réflexion c'est la structure même du conflit. On est dans le cadre des NAO, les représentants syndicaux disent clairement qu'ils ne sont pas exigeants sur la forme, PPV, prime exceptionnelle, peu importe. Alors pourquoi une direction ne peut-elle pas sortir a minima une proposition chiffrée, même symbolique, pour débloquer la situation ? Le coût social et logistique d'une grève à 90% de participation dépasse sûrement ce que représenterait ce geste financier.
Chez moi à Saint-Pierre les poubelles commencent à déborder devant certaines maisons, et avec la chaleur de juillet c'est pas anodin du tout sur le plan sanitaire. J'ai des patients qui ont des enfants en bas âge, des personnes âgées, et les odeurs et les moustiques ça devient vite un vrai problème de santé publique. Je comprends totalement que ces agents tiennent bon pour leurs primes, trois ans c'est long, mais j'espère que ça se règle vite pour tout le monde.
Ici à Saint-Joseph on fait avec, mais trois jours sans collecte en plein juillet c'est loin d'être anodin. Ce que je comprends pas c'est pourquoi ça doit toujours finir comme ça, avec des salariés à bout et une direction qui répond depuis la métropole par écran interposé. Ils auraient pu anticiper ces NAO bien avant l'été. En tout cas je soutiens les agents, trois ans sans rien après des cyclones, lé pa fasil.
Ces hommes-là i fo les respecter, ma foi.
Trois ans sans augmentation pour des gars qui bossent dans les tournées depuis avant l'aube, cyclone ou pas cyclone, ça mérite au moins qu'on leur réponde sérieusement. Dans la logistique on sait ce que c'est, quand la chaîne s'arrête tout le monde trinque. Les communes concernées vont le sentir passer si ça dure encore quelques jours.