À quelques heures de la demi-finale de l'équipe de France, les douanes de La Réunion ont mis la main sur plus de 500 maillots de football contrefaits. Les articles, découverts dans des colis acheminés par voie postale et par fret express, étaient destinés à être vendus sur le marché local.
Parmi les saisies : des reproductions illicites des maillots des Bleus, de la sélection mexicaine et du Paris Saint-Germain. Les agents ont ouvert plusieurs cartons au cutter pour mettre au jour ces marchandises frauduleuses.
Les grandes compétitions sportives constituent, selon les douanes, des périodes particulièrement favorables à ce type de trafic. La demande en articles dérivés y est forte, et des réseaux criminels en profitent pour écouler des produits à bas prix — souvent de qualité médiocre — sur les marchés physiques comme sur les plateformes de vente en ligne, en violation des droits de propriété intellectuelle.
Au préjudice subi par les équipementiers, les clubs et les fédérations s'ajoute un risque pour les consommateurs : les autorités pointent l'absence de contrôle sur les matériaux utilisés. La contrefaçon finance par ailleurs des organisations criminelles internationales.
Cette opération fait suite à une saisie réalisée en métropole, où près de 2 300 faux maillots de la Coupe du monde avaient été interceptés dans un flux de colis en provenance de Chine. Les douanes appellent les consommateurs à se tourner vers les circuits de distribution officiels.


10 commentaires
Nous dans le cirque on voit pas trop ces histoires de maillots, mais la contrefaçon on connaît aussi à notre façon. Des fois on trouve sur les marchés des chouchous qui viennent d'ailleurs, étiquetés comme si c'était de Salazie. Les familles d'ici elles travaillent sous la pluie toute l'année pour ça.
@Marie, je comprends ta frustration, et t'as raison de la nommer. Ceux qui font les choses honnêtement méritent d'être soutenus. Moi quand je construis ma marque, chaque choix de fournisseur je le fais avec intention, parce qu'une marque c'est aussi ce qu'elle véhicule comme valeurs. Acheter du faux c'est peut-être économiser à court terme, mais on alimente quelque chose qui nous nuit à tous sur le fond.
@Patrick974, ouais mais attention hein, c'est pas parce que le prix officiel est trop haut qu'on doit acheter n'importe quoi. Moi au food truck je pourrais commander mes emballages sur des sites louches pour économiser, mais je le fais pas. À un moment faut assumer ce qu'on met dans les mains de ses clients, que ce soit un maillot ou un rougail saucisses.
@KékéSurf, t'as raison sur les produits chimiques, et c'est exactement ce qui me dérange. Ces maillots arrivent de Chine sans aucun contrôle, les teintures, les fibres synthétiques, tout ça finit quelque part, dans les machines à laver, dans les eaux usées, et au bout de la chaîne, dans le lagon. On se bat pour que les gens ne mettent pas de crème solaire toxique sur nos récifs, mais des colis entiers de produits non conformes entrent sans qu'on sache ce qu'il y a dedans. La contrefaçon c'est pas qu'un problème de marque, c'est aussi un problème de pollution qu'on ne voit pas.
@Marie, vous soulevez un vrai point sur la concurrence déloyale. Mais posons-nous la question autrement : si ces 500 maillots trouvent preneur ici, c'est bien parce qu'il y a une demande que le marché officiel ne satisfait pas à un prix accessible. Un maillot des Bleus en boutique agréée dépasse facilement les 90 euros, ce qui reste hors de portée pour beaucoup de familles réunionnaises. La réponse ne peut pas être uniquement répressive, il faudrait aussi interroger pourquoi les équipementiers maintiennent des marges aussi élevées sur des produits fabriqués à coût marginal.
Nous à la coop, on nous rabâche tout le temps les circuits officiels, la traçabilité, respecter les normes. On met du temps et de l'argent pour faire les choses proprement. Et là des colis arrivent de Chine avec n'importe quoi dedans, sans contrôle, vendus deux fois moins cher. C'est le même problème qu'avec les fruits importés qui cassent nos prix. Tant que l'acheteur cherche juste le moins cher, le travail honnête il part perdant.
500 maillots saisis, 2300 en métropole... et ce sont juste ceux qu'on a trouvés.
Vendre du faux, c'est vieux comme le monde. Mais le problème c'est que derrière ces colis, i fo pas oublier qu'il y a des réseaux qui touchent à bien d'autres trafics. La mer, elle a vu passer toutes sortes de marchandises que les douanes ont pas toujours trouvées. Au moins là, ils ont ouvert les cartons au bon moment.
Bien fait ! On essaie de monter des boîtes sérieuses ici, de payer nos charges, et y'a des gens qui importent du faux pour casser les prix. C'est pas juste pour ceux qui jouent le jeu.
Ça se passe pas qu'en ligne, on voit des gars vendre ça sur les marchés du coin aussi. Le plus chaud c'est qu'on sait pas du tout ce que ces maillots contiennent comme produits chimiques, tu mets ça sur ton gosse pour aller jouer au foot et personne a vérifié quoi que ce soit.