Météo-France a placé neuf départements de l'ouest de la France en vigilance rouge canicule à partir du vendredi 10 juillet à midi. Soixante-seize autres départements restent en vigilance orange. L'épisode, jugé sévère et durable, devrait se prolonger au moins jusqu'au mardi 14 juillet.
Une accalmie est attendue par l'ouest du pays, mais son ampleur reste incertaine.
La chaleur pèse déjà sur la production d'électricité. EDF a annoncé l'arrêt du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne. La Garonne, qui reçoit les eaux de refroidissement du site, devrait atteindre près de 28 °C. Ce même réacteur avait déjà été mis à l'arrêt fin juin pour les mêmes raisons, avant d'être remis en service début juillet. Le second réacteur du site est quant à lui à l'arrêt pour maintenance.
Les incendies progressent. Dans les Pyrénées-Orientales, un important feu de végétation reste actif, même si les autorités font état d'une amélioration de la situation. Les habitants de neuf communes ont pu regagner leur domicile jeudi en fin d'après-midi, avec consigne de rester vigilants.
Dans la Drôme, le feu qui brûle depuis une semaine au-dessus de Die a encore avancé. Les flammes ont parcouru près de 3 000 hectares, contre 2 800 la veille. La sécheresse et les températures extrêmes continuent d'alimenter sa propagation dans ce secteur montagneux.


6 commentaires
@Jean-Claude B., ce que raconte votre client de Bordeaux me rappelle les descriptions de l'été 2003 dans les témoignages qu'on retrouve dans certains essais sur le climat. Magali Reghezza-Zitt a écrit des choses très éclairantes sur l'adaptation des villes françaises à ces événements extrêmes, et la conclusion n'est guère rassurante : on construit encore aujourd'hui des logements pensés pour le froid, pas pour la chaleur. Les gens qui dorment dehors, c'est pas un anecdote, c'est le signe qu'on n'a pas encore vraiment tiré les leçons. À La Réunion on a nos propres vulnérabilités, mais au moins le sujet du bâti commence doucement à être posé.
Quand je vois ces images de France avec cette chaleur terrible, je pense aux personnes âgées qui vivent seules, sans voisins proches, sans personne pour frapper à la porte et demander si ça va. Ici dans le cirque, on connaît l'isolement, mais c'est pas le même, chez nous i fo juste attendre que la route rouvre après la pluie. Là-bas, c'est une chaleur qu'on peut pas fuir. Je prie pour que leurs familles pensent à appeler, même un simple coup de téléphone ça compte énormément.
Dans le 94 on avait déjà vécu des étés comme ça, et je me souviens des urgences saturées, des personnes âgées retrouvées chez elles en état grave. Depuis que je suis à La Réunion j'ai un peu oublié ce stress-là. Mais mes collègues de métropole m'écrivent ce matin, les équipes de soins à domicile sont débordées. Le vrai risque c'est les gens isolés que personne ne va voir.
Ce qui m'interpelle c'est l'impact sur la facture énergétique des entreprises. Un réacteur à l'arrêt en pleine période de forte consommation, ça peut faire bouger les prix sur les marchés de gros, et ça finit toujours par se répercuter quelque part.
Ça fait trois ans que j'entends parler de ces canicules en France et franchement ça donne pas envie de repartir. Mon frère est à Lyon, il m'appelle ce matin, il dit que même les nuits sont à 30 degrés. Nous ici on a la chance d'avoir le vent de la mer, lé bon quand même le péi.
J'ai eu deux clients hier qui revenaient de métropole, ils m'ont dit que c'était pas vivable là-bas en ce moment. Un qui venait de Bordeaux, il m'a dit que les gens dormaient dehors la nuit tellement il faisait chaud. Ici on se plaint du cyclone mais bon, la canicule je préfère pas connaître ça.