La campagne sucrière 2026 débutera le mercredi 8 juillet dans les bassins Nord et Est, puis le 13 juillet dans le Sud. Ce calendrier a été arrêté à l'issue d'une réunion entre les parties prenantes.
Les centres de Cannes-Longue et de Cannes-Fonçonnet ouvriront dès cette date. Pierre-Emmanuel Thonon, président de la Commission mixte d'usine de Bois-Rouge, indique que les essais menés ces derniers jours à l'usine ont confirmé l'échéance, quelques réglages techniques restant toutefois à finaliser.
Le feu vert des organisations agricoles était conditionné à un engagement de Tereos sur la transparence financière. L'UPNA et la CGPER réclamaient la communication du détail des dettes individuelles avant tout démarrage. L'industriel s'est engagé à adresser dès lundi un SMS à chaque planteur précisant le montant de son solde, suivi d'une communication plus détaillée dans les jours suivants. Cet engagement a levé les dernières réserves. « Tout le monde était d'accord », assure Pierre-Emmanuel Thonon.
Contrairement au Sud, où la fixation de la date a suscité des tensions, le consensus a prévalu sans difficulté dans le Nord et l'Est.
Sur le plan agronomique, les premières estimations de récolte sont encourageantes. Les planteurs tablent sur environ 728 000 tonnes de cannes ; Tereos retient 700 000 tonnes, le CTCS 688 000 tonnes. Ces volumes laissent anticiper une campagne plus soutenue que l'an dernier. La situation financière de nombreux exploitants reste cependant fragilisée par les conséquences du cyclone Garance, certains devant poursuivre le remboursement des avances contractées après les pertes subies en 2025.


10 commentaires
@Lulu, contente que ta saison reparte avec les travailleurs de la canne, c'est vrai que ça fait tourner tout le monde. Mais moi sur le marché de Sainte-Suzanne je vois aussi les planteurs qui rentrent de campagne crevés, endettés après Garance, et qui repartent quand même labourer. Y'a une différence entre la canne industrielle et ce qu'on fait nous en maraîchage bio, les logiques ne sont pas les mêmes, mais la fatigue de la terre et des gens, elle, elle se ressemble.
Ce qui me frappe c'est la gouvernance de la filière ici. En Bretagne ou en Pays de la Loire, ce genre de négociation préalable entre industriels et agriculteurs passe souvent par des commissions interprofessionnelles très formalisées, avec des comptes rendus publics dès le lendemain. L'engagement par SMS sur les soldes individuels c'est pragmatique, ça marche, mais ça montre aussi que la transparence financière reste encore à construire sur le long terme. La filière canne a des forces incroyables, les volumes estimés le prouvent, mais la structuration des relations Tereos-planteurs mériterait peut-être d'évoluer vers quelque chose de plus institutionnalisé.
Moi j'ai arrêté de compter les campagnes. Toujours les mêmes histoires de dettes, de réunions, de SMS envoyés à la dernière minute. La mer elle attend personne, la canne non plus. Les planteurs ils savent, eux.
Moi les années de bonne campagne sucrière je le vois direct sur mon food truck, les travailleurs de la canne passent le soir, ils prennent un carry poulet, un jus de fruits, ils repartent contents. Quand la saison est bien lancée comme là, ça roule pour tout le monde dans le coin. Espérons que les dettes de Garance vont pas trop peser sur les familles, parce que les planteurs c'est aussi des clients, des familles qui ont des bouches à nourrir et des fins de mois serrées.
Moi je vais vous dire, la campagne sucrière ça se ressent directement dans ma boutique. Quand les coupeurs de cannes et les planteurs reprennent, y'a un peu plus de monde qui rentre, les achats repartent doucement. Mais avec les dettes de Garance que beaucoup portent encore, j'attends de voir si ça va vraiment relancer la machine cette année, ou si les gens vont serrer la ceinture pour rembourser plutôt que dépenser.
@Jean-Marc, les avances post-cyclone c'est exactement le même scénario qu'on vit côté fret après chaque gros temps. On préfinance, on attend le retour de campagne, et si la tonne de sucre suit pas, ça coince. 700 000 tonnes estimées par Tereos, c'est correct, mais faut voir ce que ça donne en tonnage exporté à la fin. La vraie question c'est le prix et qui achète.
Ce qui me touche dans cet article c'est l'image des planteurs qui repartent travailler leurs champs malgré les dettes de Garance encore sur le dos. Y'a une résilience là-dedans qui ressemble à la canne elle-même, courbée par le vent mais jamais arrachée. J'espère que la saison leur rendra un peu de couleur.
La campagne sucrière lé pa fasil à lancer certaines années, et pourtant elle revient, fidèle au calendrier. C'est rassurant.
728 000 tonnes de cannes c'est costaud. Bon pour l'éco locale, mais j'espère que les champs qui longent le littoral Nord vont pas trop arroser les ravines cette saison. Après Garance on a déjà vu ce que ça donne sur le récif.
Ce qui m'intéresse là-dedans c'est la question des dettes. Les planteurs qui ont pris des avances après Garance, ils sont dans la même galère que beaucoup de mes clients artisans après les intempéries. On attend, on avance la tréso, et au final on se retrouve à courir derrière des remboursements pendant que le travail reprend normalement. Le SMS de Tereos c'est bien, mais un SMS ça remplace pas un vrai état de compte clair en bonne et due forme.