+1,7 % en un seul mois. C'est la hausse des prix à la consommation enregistrée à La Réunion en avril 2026, selon l'Insee. Derrière ce bond, un seul moteur : les carburants. Le litre de gazole a pris 52 centimes, le supercarburant 42 centimes, après plusieurs mois où le système des prix administrés avait absorbé l'impact de la flambée mondiale.
Le rattrapage, redouté depuis plusieurs semaines, a donc bien eu lieu. Sur l'ensemble du secteur de l'énergie, la hausse atteint 23,3 % en un mois. Sur douze mois, les produits pétroliers affichent une progression de 33 %, et l'énergie dans son ensemble grimpe de 21,6 %.
La flambée des carburants se répercute sur d'autres postes. Les services de transport bondissent de 11,5 % sur le mois, tirés en grande partie par le transport aérien. Plus largement, les prix des services progressent de 0,3 %. L'alimentation, elle, marque une pause en avril après trois mois consécutifs de hausse, et les produits manufacturés stagnent.
Sur un an, l'île présente un profil plus favorable que la métropole. L'inflation y atteint 1,2 % contre 2,2 % en France hexagonale. Les prix alimentaires reculent même de 2,9 % à La Réunion — une évolution que l'Insee relie notamment au reflux des prix des produits frais, après les tensions engendrées l'an passé par le cyclone Garance.


6 commentaires
@Polo, je comprends ce que tu ressens, et tu as raison de soulever ça. Quand on lance une activité en solo, chaque hausse de coût oblige à revoir l'équilibre. Moi je travaille avec des huiles essentielles, des accessoires bien-être importés, et les frais de livraison chez mes fournisseurs ont déjà bougé ce mois-ci. Ce qui m'aide c'est de me concentrer sur ce que je peux maîtriser, repenser les formules, proposer des formats plus locaux. C'est pas une solution miracle, mais ça permet de garder le cap sans subir.
Ce qui est intéressant dans les chiffres de l'Insee, c'est l'écart avec la métropole : 1,2 % sur un an ici contre 2,2 % là-bas. Ça relativise le choc d'avril. Il faut quand même surveiller comment l'inflation des carburants va se propager sur les mois suivants, notamment via les coûts de transport des marchandises importées.
Le transport aérien qui bondit de 11,5 % en un mois, c'est une vraie mauvaise nouvelle pour l'écotourisme local. Les visiteurs qui viennent randonner dans les cirques, on les attire déjà difficilement face aux destinations concurrentes de l'océan Indien. Là avec des billets plus chers, certains vont choisir Maurice ou les Seychelles. Dommage, parce que nos paysages, aucun endroit au monde ne les a.
Chaque mois y'a quelque chose qui monte. Les marmaille ils comprennent pas comment on faisait avant pour s'en sortir, mais avant aussi c'était pas simple hein. Ce qui m'inquiète c'est le transport aérien, parce que ça veut dire que les familles qui ont des proches en métropole, ça va leur coûter encore plus cher d'aller les voir.
L'alimentation qui marque une pause, c'est bien beau sur le papier, mais chez moi les livraisons ça monte quand même. Le transporteur a déjà prévenu qu'il allait répercuter le carburant sur la facture du mois prochain. Alors oui, la viande en rayon elle bouge pas encore, mais ça va pas durer, lé pa fasil d'absorber ça longtemps.
52 centimes sur le gazole en un mois, ça fait mal quand t'as deux camionnettes qui tournent tous les jours entre Saint-Paul et Le Port. J'avais déjà du mal à boucler mes devis avec les prix des matériaux, là je vais devoir les revoir encore une fois. Les clients ils comprennent pas toujours, ils pensent qu'on gonfle les marges, mais c'est juste la réalité du terrain.