Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour harcèlement moral après une plainte déposée le 25 juin par une agente des services du Premier ministre. L'affaire, révélée par France Inter le lundi 3 août, survient dans un contexte particulièrement lourd : deux suicides et deux tentatives de suicide ont été enregistrés au sein des services de Matignon en l'espace de sept mois.
La fonctionnaire, employée au service de la correspondance du Premier ministre, décrit un retrait progressif de ses missions, une mise à l'écart des réunions, un isolement vis-à-vis de ses collègues, puis une affectation dans un bureau en sous-sol. Son avocate évoque un processus d'exclusion de plus d'un an, qui aurait conduit à une tentative de suicide en avril. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).
La chronologie des drames est précise. Une première tentative de suicide a eu lieu sur le lieu de travail à l'automne 2025. En mars 2026, deux agents de services distincts se sont donné la mort à quelques jours d'intervalle : l'un travaillait au Secrétariat général pour l'investissement, l'autre au Secrétariat général du gouvernement. Les deux évoluaient, selon les informations recueillies, dans un contexte de souffrance au travail déjà identifié.
Un représentant du personnel a par ailleurs adressé un signalement à la justice au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale, visant des faits susceptibles de relever du harcèlement moral et de la mise en danger de la vie d'autrui.
Trois enquêtes administratives internes ont été engagées en parallèle. Deux portent sur les circonstances des suicides de mars 2026, la troisième sur les accusations de harcèlement formulées par la plaignante. Une mission consacrée aux risques psychosociaux et aux conditions de travail doit également être lancée pour évaluer le fonctionnement global des services.
Selon des témoignages recueillis par France Inter, la succession rapide de plusieurs Premiers ministres depuis la crise politique de 2024 aurait contribué à une instabilité de l'administration, avec des réorganisations fréquentes et un climat de travail tendu. Aucun lien de causalité n'est établi à ce stade entre ces changements institutionnels et les drames survenus.


3 commentaires
Trois enquêtes internes ouvertes après les drames, c'est bien, mais ça aurait dû être fait bien avant qu'on en arrive là.
Un bureau en sous-sol comme punition, des réunions auxquelles on t'enlève, plus de missions... lé pa fasil de tenir dans ces conditions. On connaît ce genre d'ambiance toxique dans certaines boîtes ici aussi, même si c'est moins visible. Sept mois, deux morts, deux tentatives. Y'a vraiment quelque chose qui dysfonctionne grave là-dedans.
Deux suicides en mars, à quelques jours d'intervalle. On entend ça et on reste sans voix. La mer elle peut être dure, mais au moins elle te dit franchement que c'est dangereux.